Un baiser marin dans les profondeurs de Chichibu

Jeudi 12 janvier 2017 22h30, le vent souffle à plein poumon, la tempête bouscule la moitié nord de la métropole et pour couronner, le tout, sans tirer les rois, mon plafonnier joue à cache cache avec la reine de la nuit. Sous mon toit, la structure tremble, ma cheminée chante « ramona », c’est la fête, le Zim (*) joue de l’harmonica ! Pas besoin de se plonger dans un polar, le climat prend des allures de SF aux confins d’un monde extraordinaire. Tel un animal à écailles, je choisis de rejoindre les profondeurs de l’océan, pour me laisser bercer par les chants envoutants des sirènes, et aller à la rencontre d’êtres vivants mystérieux. Je saute dans le grand bain sans lampe torche, je descends par palier et l’ivresse de la plongée m’infuse une énergie galvanisante.

J’ai rendez-vous avec un monstre marin, rencontré sur « meetic océan », il s’appelle « Octopus » le poulpe. L’intérêt c’est qu’il n’est pas manchot et qu’il saura me prendre dans ses bras. Il s’agite à mon approche, et me parle sans parole avec ses petits yeux. Il me dit en roulant ses billes noires sur fond de noix de coco que je ressemble à l’idée qu’il s’était fait de moi. Je lui avais donné comme indice, mon avatar, une orange, et la tragédie de Sophocle et d’Anouilh pour qu’il puisse disposer du loisir de m’imaginer. Nous nageons, ensemble, bras et tentacule enlacés, la magie opère, car nous ne savons rien de l’autre et que nous ne voulons rien savoir, et nous commençons à naviguer dans le monde du silence. Après un long moment de nage muette, je réalise que je ne rêve pas, et qu’Octopus m’invite à me rapprocher de son visage, de sa bouche et à l’embrasser. Je n’avais jamais échangé un baiser marin si profond avec un invertébré.

Je crois que la tempête s’est calmée, et que ma tisane avait goût de whisky. C’est une nouvelle gamme de Chichibu d’Ichiro Akuto que j’ai acceptée de tester comme cobaye ! Sur l’étiquette « Octopus : the deep ocean flavour », hum, la photo m’inspire, je fonds, je me liquéfie, je crois que j’embrasserai bien un autre verre de ce mystérieux nectar rien que pour mariner toute la nuit dans les profondeurs de mon lit.

(*) Le Zim c’est le surnom de Bob Dylan qui a composé une chanson « To Ramona » dans sa période folk inspirée de Woody Guthrie.

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