Dans mon étagère 

Ce soir, mes yeux errent sur une chaîne de TV, j’observe aussi avec mes oreilles des politiques et des journalistes qui s’invectivent à propos de la position de la France et de l’Occident vis-à-vis de la guerre en Syrie, qui ne font pas la même analyse sur les forces en présence, et les solutions à étudier sachant que tous s’accordent sur la nécessité d’arrêter ce massacre. 

Ma tête se perd dans de vagues divagations et la marée me ramène sur terre, dans mon corps plein d’attaches, les pieds pas très tranquilles.

Mon esprit erre à son tour dans mon étagère, occasion de faire mon inventaire légal. Que reste-t-il d’humain, quand une ville millénaire est quasi détruite et rayée de la carte ? Qu’est-ce qui peut encore nous soulever lorsqu’on est vaincu ou moribond ?

La folie, celle d’espérer, de croire, de savoir, d’avoir la certitude que l’Homme n’est pas qu’un loup pour lui-même, qu’il est aussi à la recherche d’un autre monde, de fraternité et que cet autre monde est possible, et pas seulement dans mon étagère…

Et après, et après, la nuit peut ouvrir des portes, et éclairer une vision qui nous réconcilie avec l’étranger qui sommeille en nous et donc avec les Autres qui ne sont pas plus étrangers que nous.

Dans mon étagère, l’étrange étranger erre mais cela ne lui paraît pas étrange.

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