Rêves et riz solitaire

Le mauvais riz de mon adolescence, chez les « bonnes » sœurs, pendant la période du carême, ne provenait pas du plateau du Yunnan, et encore moins du monde des rêves, mais s’apparentait, sans que je ne le sache à l’époque, à une étape initiatique, préalable à ma future appétence pour les aventures gustatives, sublimées par le partage. 

Ce riz-là, celui de Ste Marie de Blois, collait au bol, et c’était difficile d’en venir à bout. L’odeur nauséabonde du riz trop cuit et des cuisines, la mise en bouche repoussée par nos fourchettes en aluminium, déformées (par l’empreinte du diable) et conductrices d’une électricité répulsive indélicate pour le palais, ainsi que l’exercice mécanique de mâcher qui nous retournait l’estomac, tout concourrait à nous dégoûter, et à nous faire rêver à un riz imaginaire, un basmati qui aurait rencontré des épices du Kerala sous les doigts de l’alchimiste Olivier Roellinger. 

Ce riz de Loire, qui aurait poussé rue du Bourg Neuf, je n’en ai jamais mangé de plus mauvais. J’allais oublier un autre met classiquement desservi par la restauration collective, les pâtes ! Ah ! rien à voir avec celles de la Fabbrica (cf le restaurant italien tout près de l’Etoile Paris 8) que ces nouilles élastiques qui semblaient sortir d’un robinet géant et baignaient continûment dans la flotte ou plutôt dans « le RU » de l’université Paris IX. 

Rétrospectivement, j’en souris et je me dis que c’est une chance car ces souvenirs de déplaisir gustatif ont nourri « ma rêverie de gourmet solitaire ».Tout comme Taniguchi, auteur de manga génial, qui l’a si bien décrit, errer avec un grain de riz en ligne de mire ou dans la tête, c’est tout d’abord nourrir son propre imaginaire avant de passer à l’acte, entouré de celles et ceux qui vous font être vous et heureux.

 À Paname, ou ailleurs, j’aime découvrir des échoppes, des endroits habités par des êtres qui respirent l’humanité et qui partagent leur passion pour la cuisine la pâtisserie ou le chocolat. Et avoir faim, c’est signe de bonne santé, physique et morale.

Le bon le beau et le mémorable se sont donné rdv dans de nombreuses adresses sur Paris, en voici un florilège cher(e)s âmes sœurs et frères de Blois et de ses environs étendus …qui n’en avez pas fini avec la curiosité et les plaisirs de la table.

Le Baratin, Le comptoir du relais, Les avant-comptoirs, Les climats, l’Agape et chez maman, ainsi que chez ma 2ème maman !

La pâtisserie viennoise, Jacques Genin, Pain de Sucre, Conticini la pâtisserie des rêves, Patrick Roger, et chez Pascal (et Tristan :)))

Rocco, La Fabbrica, Danico, Le Harry’s Bar …et chez feu coquette en Villetrunois !

et d’autres endroits à venir en solitaire ou avec des riz golaud d’amis !

PS : chapeau bas pour ma belle-sœur professeur au Lycée hôtelier de Blois qui assure plus que des cachous. Je me souviens de ses choux croquant et crémeux, de ses glands, de ses Paris-Brest, des mini religieuses et éclairs qu’elle avait préparés pour une boum quand j’étais en première. Pierre Hermé ne serait pas hermétique.

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