Écrire le mouvement

Louis Lumière a inventé le cinématographe en France, à Lyon, et réalisé lui-même, ou avec des assistants, plus de 1400 films entre 1895 et 1905, des films en plan fixe de 50 secondes aux angles arrondis.

Courez voir le film « Lumière » de Thierry Frémaux. C’est un bijou, une merveille, un enchantement, un hymne à l’écriture en mouvement. La poésie y est omniprésente et quelle lumière sans jeu de mots !  Tous les thèmes sont regardés, oscultés, mis en lumière et en perspective,  en commençant par des scènes de travail (sorties d’usine, chargement de cargo, rameurs sur un baleinier…) et de vie quotidienne (lavandières, repas en famille, enfants qui jouent), en passant par les loisirs (les baignades, l’ascension d’une montagne, des vacances dans une propriété dan le sud), ou bien l’avènement des temps modernes (l’arrivée du train vapeur dans la gare de la Ciotat, un départ de paquebot…) et puis on se laisse porter par son regard sociologique de la Ville en France  (Paris et ses voitures à cheval sur les Champs Elysées, l’exposition universelle, la Tour Eiffel, le Palais du Trocadéro …) ou encore des plans séquence à l’étranger celui d’Istanbul, remarquable, le travelling du Grand Canal, une vue sous la brume de Westminster bridge sans oublier l’empreinte de la colonisation au Vietnam et les fumeurs d’opium. Enfin, il a su filmer, capter, le pouvoir comique des Hommes il suffit de regarder l’affiche du film (photo de l’article) « l’arroseur arrosé ». Fillon aurait pu jouer dans ses films :)))

Cette écriture du mouvement est admirablement bien commentée par Thierry Fremaux directeur artistique du festival de Cannes. La Musique est signée Camille St Saens, de nombreuses pièces pour orchestre qui collent parfaitement à l’époque.

C’est un moment de grâce de cinéma, un régal qui honore notre mémoire collective ! Un documentaire pour tous, une fenêtre sur le monde qui nous permet de comprendre et de voir ce qu’est un excellent cadrage et comment jouer avec les perspectives et les mouvements des acteurs en utilisant une caméra fixe ! Le tout est renforcé par un excellent travail de restauration.

Après « les yeux louches » cadeau de ma fée, j’ai retrouvé mes yeux d’enfants grâce à ce film projeté dans un bel endroit, le Louxor, un cinéma classé des années 20, rénové il y a peu. Et si vous montez les étages, vous accéderez à une terrasse et à une vue imprenable sur Paris, le Sacré cœur et la ligne aérienne du métro.

C’est l’heure d’éteindre la lumière mais le film continue de tourner…

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