Une fourmi rouge se dédouble avant de choisir la transparence

Une fourmi rouge vient taquiner mon cahier d’écriture sur le ponton. Elle semble ailée tellement son corps gracile voyage, d’un bord à l’autre, en un éclair. Montée sur une pile électrique, elle ne cesse de s’éloigner puis de revenir. Ses antennes géolocalisent ma peau enduite d’huile de sésame. Elle se colle à la voûte d’un de mes pieds, puis, elle repart sur des herbes grillées, à côté de mes feuilles reliées. Elle joue à cache cache, avec les interstices des planches de bois. Et, ensuite, elle revient de ce côté, tout en roulant ses yeux à billes noires. Je croyais qu’elle s’était « envolée », mais non, elle s’est dédoublée. L’une s’amuse à contourner mes pages, l’autre se tient tranquille, prête à sauter dans le grand bain, sur le bord du ponton, les antennes près de l’eau. Sous l’effet de la distance, le corps de la fourmi fluviale semble flotter dans l’air tout en s’offrant à mon regard. Avant de s’en aller et de disparaître de ma vue, elle remue son petit corps comme pour me dire, à sa façon, « au revoir ». Je ne vois alors plus que transparence et son reflet sur l’onde de l’eau en mouvement.

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