Ma copine indienne

Le Kerala est une région à part de l’Inde. Plus de femmes que d’hommes, moins d’enfants par foyer, une espérance de vie supérieure, une scolarisation généralisée, moins de problème de castes et une cohabitation pacifique entre les religions et enfin, un territoire couvert à 30% de forêts.

La nature y est abondante, luxuriante, 1300 espèces d’oiseaux et parmi eux, ma copine indienne, l’aigrette. Je ne pouvais m’empêcher de lui emboîter le pas, quand elle apparaissait par enchantement entre deux arbres, ou sortait la tête d’un massif de feuillages, elle qui ne chante pas, et qui, avec élégance, narguait le chat et les chiens.

Son petit corps mobile et gracile me piquait au jeu, j’aimais la regarder, sans qu’elle ne me voit. Je me demandais jusqu’à quelle distance puis-je me rapprocher d’elle ? Quand j’étais très près, je me transformais en arbre, grâce à la posture du même nom du Gi Gonq, et par mimétisme, j’observais mes ergots terreux, crasseux, et j’attendais qu’elle s’éloigne un peu. Nous faisions un petit bout de promenade ensemble, en conservant la distance qui entretient le mystère et l’attirance. Et puis, parce qu’il fallait être raisonnable et retourner à sa solitude première, l’une, ma copine l’aigrette, bifurquait du côté de backwaters, pour mieux prendre son envol et retrouver la mer et sa nourriture iodée, et l’autre, moi, continuait d’épouser la terre, et de s’ancrer en ouvrant ses ailes poilues vers le ciel.

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