Dans un cimetière dormant (le club des 11)

Dans un cimetière dormant, je cherche le bois qui me rend belle, à moins que ce ne soit la belle, qui fait feu de tout bois, qui me rendra de marbre ! Tiens, elle a tiré sur ma barbe et je ne me suis pas transformée en baobab. 

Barbatruc, ma belle au bois dormant a lu puis bu mes rêves, je me retrouve sur le bitume à moins que ce ne soit sur le lino d’Asselineau qui jure que la vie politique est ailleurs, loin des lois et des décrets et de la jurisprudence. « Oh dear prudence », je n’ai pas de fée à mes côtés, abracada sans bras ni pirouette, j’ouvre les yeux puis les referme aussitôt.

J’avance entre les concessions du cimetière dormant laissées à l’abandon et je m’adonne à rêver, à Macroniser, tout en marchant, telle Macbeth, jusqu’à envisager le régicide du père Mimolette. Je ne sais si je vis un cauchemar ou une hallucination. Le temps d’une étincelle, un songe me plonge dans un autre monde où tous les tours sont permis.

Je me détends, je m’étends, je deviens étale, semblable à une feuille marmoréenne, une aile, en apesanteur, alignée sur un flot immense de souvenirs composés de vent et de vivants.

J’avance sans être totalement en marche et en même temps je ne vois pas quelle autre cheminade emprunter. Je benoitise, je quitte la salle vide du passé, le point saignant, le pen sans encre, le fiel grognon du melenchon. Je navigue comme Arthaud, pas avec celle aux cheveux courts et aux idées qui ne le sont pas moins, non je navigue avec Florence, au long cours de l’éternité quand d’un coup je prends un coup dans le fion ! Bâbord tribord je peux presque tout mais pas poutou qui incarne l’enfer sans humour ni second degré. Le théâtre est grotesque. Cher Guignol, reviens, fais-moi rire ou a minima sourire ! La place est déserte, vide, Guignol s’est évaporé …

Errante, je suis hantée par la renaissance de la République, une agora, un lieu d’apprentissage de la liberté, sans frontières, le seul endroit vital qui fait oublier l’inconsistance de fausses promesses et de médiocres acteurs. Et pendant que l’école de la démocratie agonise, Antigone ironise, mais elle veille aussi sur le cimetière dormant, et ses ruines gréco-romaines desquelles le Phœnix peut encore renaître de ses cendres !

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