Incognito hi hi ou oh oh

Parce que la nuit tous les chats sont gris, je deviens souris, et je miaule, en silence, en remuant mes moustaches. Croisant le regard d’une inconnue en kimono, je lisse mes poils, et les enroule autour de ses bigoudis, avant de fermer les yeux, les joues fardées par l’agitation de mon sang vendômois. Je l’entends fouler le sol, et se rapprocher de moi avant de m’envelopper, corps et âme, à l’intérieur d’une étoffe, or et pourpre, sertie de soie noire. Sans sortir de mon songe, emprunte d’une humeur ombrageuse, je me dirige vers un espace, situé dans l’ailleurs, un moment de vertige, qui se compose d’une force fantomatique. En croyant fuir le réel, je me sens encore plus attirée par cet être d’os et de chair, dont je sais si peu, car son visage tait son essence. Je déborde puis, je bloque la réaction en chaîne, car je ne veux pas d’un raz de marée qui me mettrait les quatre fers en l’air. Je m’appuie sur ma structure inférieure, mes double pattes, pour rester posée sur terre, et en même temps je mets de l’huile sur mon petit moteur à explosion qui m’aide à battre des ailes. J’apprivoise mes vibrations et évacue mon trop plein d’énergie. Je ne sais faire face à la beauté, elle me met à nue, comme une souris, ou un petit rat de l’opéra. Je me hisse sur mes pointes, sans tutu, et je ferme le rideau, car privé de ma vue, l’incognito reste un mystère, une respiration nécessaire qui me fait me sentir vivante.

 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s