Donne-moi du blé et j’enlève le haut !

Dans un champ, une parcelle de blés, en Villetrunois, je nage, vêtue d’un bermuda orange, le nez au vent, la tête en bas. Vers l’ouest, ma brasse me conduit, sans palme, ni tuba. J’ai enlevé le haut, pour sentir la caresse des épis d’âge tendre, épouser ma peau. À cette saison, l’air frais agite les tiges vertes de la céréale, qui, en se balançant, exhalent une odeur printanière toute crémeuse. Je circule, comme un animal, je me déplace sans laisser d’autre trace que ma bonne humeur. Je hume le moment et l’espace, avec ce qui me sert de prise au vent et puis, d’une main, j’envoie des baisers dans l’espace. Mes yeux brillent, et perlent de rosée, je pratique la nage indienne. Tout à coup, je me retrouve nez à nez avec des coquelicots, frêles, éphémères. Ils s’enroulent autour de mon buste, je me transforme en herbe géante et nous nous mettons à danser un slow rock. Par entrainement, les nuages gris et orageux se mettent, eux aussi, à swinguer sur 6 temps. Étrangement illuminée ou « lumineuse », je me sens riche, le blé m’entoure et me soulève. J’éteindrais bien mon éclairage interne,  le temps de me faufiler dans mon jardin, celui que d’aucuns, presque tous, ne peuvent apercevoir.

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