Ma chouette : une drôle de fée clochette

Dans la mythologie grecque, Athena, symbolisée par une chouette, porte un casque guerrier, prête au rapport belliqueux pour protéger la ville d’Athènes. Depuis dimanche dernier, ma chouette protectrice, en carton bouilli, n’a pas changé de peau mais de chapeau, elle revêt désormais une petite cloche pour sonner le tocsin lorsque c’est l’heure. « Oui, mais de quelle heure s’agit-il ? » De l’heure de se lever, de l’heure de se coucher, non ! De l’heure de s’éveiller, de dire, d’expliquer, de se révolter avec courage et de poser des limites à l’incivilité, à l’irrespect, à la bêtise humaine, et d’agir, oui ! D’ailleurs, ma chouette qui voulait des yeux pour regarder le monde et les Hommes, a baissé pavillon, son oeil gauche se ferme progressivement. Elle m’a dit « je préfère perdre la vue plutôt que d’être confrontée à cette réalité qui n’est pas la vérité humaine que j’imaginais à travers nos conversations nocturnes ». Et elle a ajouté « Antigone, tu as bien fait de m’opérer car je sais maintenant. Il m’a fallu voir pour comprendre ».

Ma chouette, par ses propos et sa présence, me rappelle que rien ne cloche pour nombre de mes congénères, pour eux, jamais d’introspection, tout va bien puisqu’ils ont ce qu’ils veulent. Ainsi, « comment va le monde et ce vers quoi il tend, vers quelle civilisation future » serait une question métaphysique qui n’intéresse que quelques uns, l’apanage d’êtres pensant qui naviguent dans l’océan de l’inutile. Sans ma fée clochette, je ne crois pas que « le terre serait bleu comme une orange » et je sais que la vie perdrait son sens, celui de tourner comme un triangle, jamais stable, mais avec toujours un pied pour ne pas perdre l’équilibre.

« La terre est bleue comme une orange
Jamais une erreur les mots ne mentent pas
Ils ne vous donnent plus à chanter
Au tour des baisers de s’entendre
Les fous et les amours
Elle sa bouche d’alliance
Tous les secrets tous les sourires
Et quels vêtements d’indulgence
À la croire toute nue.

Les guêpes fleurissent vert
L’aube se passe autour du cou
Un collier de fenêtres
Des ailes couvrent les feuilles
Tu as toutes les joies solaires
Tout le soleil sur la terre
Sur les chemins de ta beauté. »

Paul ÉLUARD L’Amour la poésie 1929

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