A Takamatsu, avec Emmanuelle Riva et Chris Marker  

Takamatsu, c’est le port principal de l’île de Shikoku, l’île la moins densément peuplée du pays, qui en compte quasi 7.000 (>100 m2), mais dont 430 seulement sont habitées. C’est un endroit qui me plaît parce que. 

Il y fait plus frais que là où je suis allée jusqu’ici, la mer de Seto influe certainement sur le climat et la montagne aussi. 

Et, puis j’y ai fait de belles rencontres, vous allez comprendre. 

Enfin, les restaurants sont encore plus pléthoriques qu’ailleurs et si ce midi c’était bon, notamment le fumé de la soupe miso et la figue au sirop, ce soir, c’était aussi dingue que le festin d’il y a deux jours mais pour d’autres raisons ! 

La figue et l’addition de ce midi :

Après le déjeuner, j’arrive deux heures trop tôt à la Guest House pour le check-in donc je me balade. Ça dure deux secondes car dans la même rue, je tombe, par pur hasard, pas si sûr, sur une librairie café salle de cinéma. Je leur explique ce besoin d’attente prolongée, je commande un café et ils m’offrent un gâteau. Ils ont une machine à café Chemex comme moi et une bouilloire, la même qu’à la maison ! Elle me dit, qu’avec son mari, ils ont ouvert cette librairie, il y a 6 mois, et qu’ils vivaient précédemment à Nagoya. Elle était prof d’anglais, lui a en a eu marre de son boulot en entreprise et il voulait revenir sur la terre de son enfance… Elle me montre des livres sur l’alphabet japonais (hiragana, le plus simple et le takakana plus complexe) et sur les kanji (ils en utilisent 2.000 dans la langue courante, ce sont leurs idéogrammes hérités du chinois). Ces livres pour enfants, qu’elle a sélectionnés, sont graphiques et ludiques, je les regarde et les mets de côté. Puis, je sors mon museau pour aller fureter dans les rayons et je tombe sur un livre de photos appelé « Hiroshima 1958. »

Et, là, c’est la claque, le choc, les photos en noir et blanc sont prenantes et composées de portraits et de paysages sur le mode documentaire, et surtout, à la fin du livre, la surprise m’emporte, il s’agit de photos du tournage du film de d’Alain Restais « Hiroshima mon amour « et de lettres d’Emmanuelle Riva, de Marguerite Duras, entre autres et ces lettres sont en français. Je jubile. Les libraires sont ravis, moi aussi. Je leur parle du film qu’ils connaissent, de Resnais et de son ami Chris Marker, l’ami aussi de Simone (Signoret) sur laquelle il a signé un très beau documentaire. Outre le fait qu’ils avaient fréquenté le même lycée à Neuilly, leur amour pour les chats était un autre trait commun. 

Et Marker adorait le Japon, je crois qu’il a été le premier à me donner envie de venir vivre ce mystère d’une culture à part et paradoxale. J’ai vu « sans soleil » à l’Accatone, à Paris, je devais avoir 21 ans, et je ne m’en suis jamais remise comme de « la Jetée » dans lequel apparaissait Jacques, mon ami médecin, et celui de Chris, dans son propre rôle. 

Je règle les 3 livres et je prends des photos avec leur accord, leur dis au revoir et à bientôt et je rejoins le Guest House. 

Et, tout le reste de la journée, j’ai bougé, je me suis perdue dans les passages couverts des années 70/80. Les magasins sont de belle tenue, répartis entre artisanat, brocante et restauration. Depuis les hauts parleurs, la musique sortait à faible volume et j’ai été heureuse d’entendre  « a horse with no name » d’America et « as time goes by » il ne manquait plus qu’Ingrid Bergman et Humphrey Bogart. Bien sûr, j’ai pris des photos, d’ailleurs le tag sur la photo mise en avant de cet article est un hommage à Marker qui aimait le street art et les nouvelles technologies. 

Dans ce dédale de passages, je me perds ainsi que le GPS, peu importe ou plutôt j’aime me perdre, et puis, j’ai découvert les premiers vrais primeurs, avec leurs étales de légumes et de fruits. Les pommes et la pastèque coûtent assez chers, car ce sont des denrées rares. 

Et, est arrivée l’heure du dîner, qui m’a portée loin, je suis allée chez Okufuro, « la cuisine de maman » traduction du japonais en français, grâce au conseil de l’un des employés de la Guest House. 

Tout d’abord, à peine entrée, je me suis retrouvée devant un comptoir pour 12 clients et à côté j’ai vu 4 tables de 6 personnes. Aussi, j’ai noté que la nourriture était présentée sur le comptoir pour une partie et j’étais sûre que la cuisine serait exceptionnelle. 

Ensuite, mon voisin, au comptoir, était un commercial de chez Suntory Jim Beam. Je l’ai su car je lui ai demandé ce qu’il buvait, il m’a répondu un « highball », c’est un whisky Perrier en quelque sorte. Et comme j’avais vu Suntory sur son verre, je lui ai demandé ce qu’il pensait de Nikka et c’est là qu’il m’a dit qu’il travaillait pour Suntory J. Beam 4eme groupe mondial dans le whisky… On a parlé whisky et je crois qu’il était scié et la patronne aussi, quand je leur ai parlé de chichibu, yoichi, miyagikio et de Macallan qui relève aussi du Groupe SJB. 

J’ai dîné un thon cru à la sauce Ponzu c’était grandiose et des petits légumes crus inconnus et de l’octopus. Waouh c’était génial. La patronne m’avait à la bonne. 

La bouilloire à thé la plus énorme que je n’ai jamais vue. Ils étaient 6 à s’activer derrière le comptoir entre service et cuisine. Pour tenir il y a celles et ceux qui carburent au thé et les autres qui préfèrent le saké… 

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