Le train train ou l’entrain 

Au train train, que je laisse en gare, je préfère l’entrain qui me tire du train train. Le mouvement véhiculé par l’entrain me pousse sur des rails inexplorées voire à construire de nouvelles voies. Parfois, je connais les règles et le mode d’emploi, je les comprends et je les respecte, c’est grâce à cette dépendance que je gagne ma liberté. C’est l’exemple de mon travail qui asseoie ma structure générale et l’allège des questions de premières nécessités. D’autres fois, lorsque je sens que j’éprouve le besoin d’exercer pleinement mon indépendance et ma soif de liberté, j’y vais la fleur au fusil, et mon train arrière ou avant prend souvent un petit coup de jet. Ma soif de marche vers l’inconnu c’est ma nourriture terrestre, ma lumière intérieure, mon rayon de soleil, sans cette substance je perds ma raison d’être. Oui, je revendique mon identité de singe, de petit animal  qui a besoin de cacahuètes sinon il se dessèche pour se rapprocher plus de l’oeuvre d’un taxidermiste que d’un être vivant. 

L’éveil à ces autres vies nécessaires décolle la pulpe qui se décompose au fond de mes chaussettes ou se colle sur mes synapses et l’entrain, c’est mon moteur électrique qui me permet d’atteindre cet état et de me nourrir pleinement. Il est renouvelable et renouvelé en permanence, il s’auto-alimente. Un sourire, un merci, une petite tappe dans le dos, une fleur sur le mur, peinte ou naturelle, tout me ravit et me tire de ma structure générale. Je sens des petites pousses en moi qui bourgeonnent même l’hiver ou sous une pluie torrentielle, car toute information extérieure, véhiculant la vie, génère en moi une sensation de profonde liberté qui me porte vers cette chose ou cet être vivant. Quand je vis cet éveil, cette attirance, rien ne s’agite, tout est tranquille. Je respire pleinement et je m’en rends compte. Je ressens tout de manière précise et précieuse, avec une pleine conscience et confiance, et je sais alors ce qu’est d’être vivant et de le vivre pleinement à chaque instant, en regardant en écoutant en touchant en goûtant en suivant le mouvement car l’entrain appelle l’entrain. 

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Gelot cecile dit :

    Très beau. Bravo😘

    J'aime

    1. Merci à toi Cécile 😊😘

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s