Un oval tout près du ciel ! 

Hier soir, sur Naoshima, il ne restait plus grand monde, la nuit venue, seuls les insulaires circulent, travaillent ou se reposent, et quelques touristes fous d’art choisissent d’y passer un moment nocturne. L’hôtel m’a invitée à boire un blanc pétillant d’Espagne, en cadeau de bienvenue, il n’était que 5 heures. L’hôtesse n’était pas très jeune, la soixantaine, elle était belle, rayonnante et très classe. Nous avons parlé art et fréquentation de l’île. Elle m’a dit que l’affluence ne cessait de croître et que les pics se concentraient en mai, pendant l’été et en octobre, avec plus de 50% d’étrangers en moyenne. Elle habite Uno, le petit port d’à côté, à 5 minutes, celui par lequel je suis repartie ce matin. Elle m’a conseillée d’aller visiter Teshima aussi sublime et dédiée à l’art que Naoshima et Benesse y est pour quelque chose… 

Puis, le vin, je l’ai bu lentement, c’était mon premier verre depuis une vingtaine de jours. Je crois qu’au pays du soleil levant, le vin n’est pas à son meilleur ou alors c’est moi, qui ai soif d’autres saveurs et alliances. Je préfère leur thé au sarrasin, une belle découverte, ou le thé vert grillé, ou encore la bière voire le saké, idéal pour accompagner le repas. À ce propos, le dîner se voulait gastronomique, hier soir, et inspiré de la cuisine française. Je n’ai pas pris de photo, c’était plutôt joli et bon, mais comme pour le vin, je n’étais pas là pour ce type de plats. Le bar était passé à la poêle, il en avait perdu sa finesse. Le bœuf était tendre mais là aussi, je n’étais pas dedans car pas assez japonais, trop convenu ! La crème brûlée était composée d’une boule de caramel croquante à l’intérieur de laquelle je retrouvais des billes de crèmes brûlées et une glace aussi au même parfum. Le dessert m’a plu, un peu explosif, inattendu et bien inspiré. 

Comme j’étais venue pour un délire total, ensuite, je suis allée boire un verre dans un endroit extraordinaire pour m’élever dans la galaxie féerique de Naoshima ! Imaginez, vous êtes mobile sur un flan de montagne, et pour accéder au palier du dessus, un mono-rail vous attend. Il semble dater des années 60, je m’installe, je fais attention à bien fermer la porte et j’appuie sur le bouton avec la flèche qui monte. Je le sais car l’hôtesse me l’a expliqué 5 minutes avant. Il est plus de 23h, l’engin roule lentement, la nature est silencieuse et, au haut loin scintillent les lumières des cargos. Je suis seule à bord et j’exulte. Après 5 minutes d’ascension, j’accède au bar du bâtiment Oval qui n’accueille que 10 personnes et il reste une place. Le mono-rail m’a fait penser à un vieux James Bond, et si j’avais rdv avec un agent secret ! Le ciel est splendide, un oval à ciel ouvert en béton accueille la canopée et mes yeux ébahis pour ne pas dire de merlan frit font des circonvolutions. Au sol, une piscine à débordement, donne envie d’un bain de minuit. Je rentre dans le bar avec l’idée de commander un whisky et ce sera un pure malt de Nikka le « Taketsuru 21 ans »sans glace bien sûr, et dans un verre à pied. C’est ce monsieur qui a importé le processus de fabrication du whisky au Japon et qui l’a étudié en Ecosse jusqu’à épouser une Écossaise. Il y a déjà un siècle, j’en ai des frissons en écrivant cela. J’ai échangé avec le barman et le serveur. Yoichi se prononce sans omettre le i avant le c sinon ils ne vous comprennent pas. Le whisky était juste parfait pour les circonstances, un mélange de fûts de bourbon de sherry et de chênes neufs. 

Un peu gaie, j’ai repris le mono-rail avec deux Japonais l’un de Tokyo, l’autre d’une île à côté. Ils étaient ronds et ne savaient pas faire fonctionner le mono-rail, j’ai joué à l’ingénieur de service. Nous nous sommes dits au revoir après un échange sur la France dans la descente. 

Et comme j’étais en forme, j’ai revisité le musée de nuit, ouvert aux 3 chambres de l’hôtel et c’était un conte merveilleux.

J’ai passé une nuit de rêve, et ce matin, j’ai pris un douche avec vue sur le paysage et c’était le moment de dire au revoir, et de se mettre en route pour retrouver Honshu !

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