Lundi, jour de pluie sur Tokyo : je choisis le chemin de Yanaka 

La Bretagne est venue se rappeler à mon bon souvenir, il a plu à Tokyo ce matin. Encore un coup du Captain ! La température est descendue de 10 degrés, ça fait du bien et les gouttes n’étaient pas minces, c’était de la drache, de la vraie ! Les Tokyoites s’arment de parapluies blancs, noirs ou transparents, des modèles de type Bulgare. Ils ne portent pas d’imperméables. De mon côté, j’ai opté pour mon vêtement de pluie de randonnée rouge fluorescent, c’est discret, dans le métro, un jour de travail où les couleurs sont absentes, car le N&B semble être l’uniforme de rigueur. Peu importe, je suis une touriste et je me mets en route, avec l’accoutrement que je veux, vers les musées du parc de Ueno. Je marche sur une allée arborée et je sens l’humus, la pluie recèle et ensorcelle, ici et partout dans le monde, selon des ressorts communs. Je me suis sentie comme à la maison ! Ah la gadoue la gadoue…

J’ai repéré le musée d’art occidental dont le bâtiment est signé Le Corbusier puis le musée national de Tokyo qui conserve des trésors fabuleux, des témoignages artistiques des différentes périodes de l’histoire du Japon et forcément, le lundi, les musées sont fermés, c’est plus drôle ainsi ! Une affiche c’est déjà un avant-goût à vivre plus tard…

Je réfléchis deux minutes et je me dis allons à Ginza voir le building de Sony, une institution. Et, après une demi-heure de métro, je mets le nez dehors, toujours sous une pluie battante, et donc, comme c’est l’endroit ad hoc, je fais halte dans un grand et beau magasin, du type Le Printemps, où je prends le temps de flâner et de savourer ce moment d’oisiveté. Dans un des stands, je détaille avec les yeux des tissus de kimonos et des ceintures associées, sans oublier la petite cordelette. C’est juste splendide, je me régale. J’observe aussi des bourses en tissu d’une grande délicatesse. Et puis bien sûr, je m’attarde sur les objets en laque et en céramique.

Bon, j’ai besoin d’air, je ressors, la pluie s’est dispersée, je vais à la conquête du Sony Building. Et, autre déconvenue, le bâtiment est en ravalement et fermé pour un certain temps ! C’est la journée de l’improvisation et bien, je me dis, vas vers l’endroit qui n’aura pas déménagé et qui sera ouvert, aujourd’hui, un lieu propice au recueillement et qui s’accommode bien des jours gris ou de pluie.

Je retourne vers le parc d’Ueno, je le traverse et longe des temples et des sculptures.

Et, derrière un mur, je sais que c’est là que se situe le cimetière de Yanaka. J’avance à petits pas, sans appareil photo, du fait de la pluie, mais avec mon téléphone portable qui fera office de. Les sépultures se composent de parallélépipèdes en pierre ou en marbre, elles sont gravées, et à la verticale, des planches en bois portent des inscriptions. Il s’agit d’haïkus ou d’autres textes importants pour la famille ou pour honorer celui ou celle qui est parti ailleurs. Des petits sanctuaires peuvent aussi s’inviter dans certains cas.

Rares sont les tombes fleuries, en revanche toutes accueillent un bonsaï voire plusieurs.

Parfois, le présence d’une sculpture donne à penser que la tombe est aussi là pour faire parler la mémoire d’un personnage illustre.

Retour au temps présent, deux veuves, que j’ai croisées, ont pris un petit seau en bois à l’entrée du cimetière ainsi que ces grandes cuillères présentes également à l’entrée des temples pour se purifier. Elles s’en servent, d’après mes recherches, pour nettoyer les tombes. Elles sont toutes très entretenues, sans une once de brin d’herbe ni de mousse.

Et, puis j’ai tracé la route.

J’avais faim, et, au Japon, ils sont encore plus fada que les Français sur ce sujet. A tous les coins de rue, je suis happée par les odeurs des échoppes et je ne pense qu’à me sustenter. L’une d’entre elles, riquiqui, tenant dans un mouchoir de poche, dans un angle de rues, au croisement d’un métro, de l’université et de mon quartier, Bunkyo Hongo, m’a inspirée. La jeune femme a servi deux adultes qui devaient prendre leur pose méridienne puis une enfant de moins de 10 ans, toute seule et décidée, quand vient mon tour. Rien n’est traduit et la femme ne parle pas un mot d’anglais. Elle me montre un A4 plastifié de 16 photos moches, qui se ressemblent toutes, autant de menus possibles et je lui dis OK pour celui qui suit son doigt soit 590 yens, 5€. Elle me dit « only chicken » et c’est parti. Je rentre à grandes enjambées dans ma chambre et je découvre la bête ! Une merveille, le riz est léger, parfumé au kombu, une algue fumée qui revient souvent dans l’alimentation japonaise comme la soupe miso par exemple.


Dans une flaque d’eau, je joue à Narcisse.

Un commentaire Ajouter un commentaire

  1. Emilie dit :

    La pluie sans parapluie
    C’est comme un fruit
    Il faut en trouver le bienfait
    Un seul est sans effet

    J'aime

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