Drowning by numbers 

Depuis ce matin, j’arpente les galeries de la Royal Academy of Arts sur Piccadilly Street. Au cours de l’exposition « Matisse et son studio », j’ai saisi l’importance de l’objet, non pour son utilité mais pour son esthétique, de ce qu’il représente comme partie essentielle, préfigurant un tout, plus grand, plus englobant. L’objet en tant que détail « parle », chez Matisse, la chose apparemment sans importance devient le sujet. Matisse aimait ses masques africains de Centre Afrique, ses « chocolate pots » en argent, ses tables en marqueterie et tentures du Maghreb, son vase bleu d’Andalousie ou sa chaise vénitienne en forme de coquillage. Ses choses, elles meublaient sa maison du côté de Vence. Les portraits de sa fille Marguerite sont un prétexte pour rendre grâce aux masques du Congo et du Gabon. 

Puis, je suis allée voir l’exposition Dali Duchamp qui est une délicate illustration de la rencontre et du respect mutuel entre ces deux artistes, l’un surréaliste, l’autre Dada voire sans appartenance. Le premier a appris tout seul, l’autre était un intellectuel qui a vite arrêté de peindre, déçu, ayant perdu toute illusion, pour se consacrer à des ready made et au jeu d’échec. Ils étaient proches car sceptiques et remplis d’humour sur la portée de l’art. Il suffit de regarder la Mona Lisa de Duchamp avec ses moustaches et son sous-titre LHOOQ (elle a chaud au Q). 

Et, parce que la RA ne fait rien à moitié,  j’ai pris les chemins de l’exposition consacrée à Jasper Johns, et ses soixante années de peinture. Si Duchamp était obnubilé par le mouvement, Jones est tiraillé par la recherche de la vérité, la dualité entre la vision et la réflexion ainsi qu’entre le verbe et les émotions. Il est connu pour ses représentations de drapeaux américains, des nombres,  des lettres de l’alphabet. J’ai commenté l’un d’entre eux avec une vieille anglaise de plus de 80 ans. Elle m’a adressé une question et nous sommes restées 10 minutes à parler du blanc, est-ce une couleur, pourquoi ce drapeau blanc symbolise t il la paix, la mort et le silence ? Elle était heureuse moi aussi. 

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