Matin d’un samedi bleu

Sur du papier japonais oranger, je pose mes doigts avec cette impression d’être observée par des yeux perçants et accusateurs d’un douanier aux allures de robot sans sourire, un matin d’un samedi bleu, dans un aéroport américain de la côte ouest. Depuis ma voute plantaire jusqu’à l’extrêmité sud de mes cheveux je me sens oppressée, mes empreintes digitales semblent déposées pour l’éternité, je ne me résigne pas à les abandonner à ces inconnus inquisiteurs asservis à un fou aux allures d’un Ken décati. Je ne veux pas décoller ma peau et mon cerveau, sans embarquer avec moi ce morceau de papier japonais, collecteur de preuves qui ne regardent que moi. Prise d’une envie de faire fi des règles des US, je cours, avec mes doigts au bout de mes bras. Loin devant, au bout du tarmac, j’entends les sons et les cris des animaux marins en provenance de Patagonie, les mêmes qui, quelques mois plus tôt, rêvassaient sur le dos à Trescalan, tout près de Piriac.

Demander la main à quelqu’un, la prendre, la voler, non, quelle duperie pour ne pas dire quelle « trumperie », je préfère traîner mes guêtres du côté de mes amis manchots, qui n’ont pas de questions existentielles de ce côté là… et entamer une danse, sans mettre en avant notre identité, seulement un bout de papier japonais, en guise de chapeau ou de cache nez.

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