Le re-Bund

Première journée, suivez Abe (une blague pour les adeptes de jeux vidéos des années 2000), ou plutôt Antigone, des images et des odeurs plein la tête et des kilomètres dans les pattes.

Ce matin, vers 8h30, au commencement de la journée, l’air de cette immense ville portuaire m’a paru frais et agréable, pas si pollué qu’on le dit. Les deux roues motorisés sont quasi tous électriques et les petites voitures des équipes de nettoyage aussi. La ville est très propre. Tout comme au Japon, dans les rues et les jardins, les mégots et les papiers sont ramassés avec des pinces. Les jardins sont en fleurs et bien arrosés. J’ai senti le jasmin et d’autres parfums, et que dire des cuisines des échoppes qui jalonnent les ruelles, je n’arrête pas de déguster…

J’étais partie avec l’idée de me promener dans le quartier du Bund, le long des quais de la rivière Huangpu, qui ressemble au petit doigt du Yang Tsé-Kiang et qui doit son essor commercial à la ville de Shanghai.

Sur la berge, rive gauche, j’ai pu admirer les façades de demeures bourgeoises de style années 30, très inspirées par Chicago, Liverpool ou Marseille. Les années folles ici ont vu le développement des concessions étrangères, des banques internationales et du commerce dont le trafic d’opium. On y menait une vie débridée.

Et de l’autre côté de la rivière, j’ai été happée par la skyline du Pudong, la City ou La Défense locale, qui s’est développée en 10 ans avec des tours de plus de 600 m. Avant cette période les 520 km2 de ce quartier de Shanghai étaient couverts de terres agricoles.

Au milieu, entre l’ouest, le Bund et l’est, le Pudong, coule le Huangpu sur lequel circulent des barges, immenses. C’est féérique une ville portuaire ! Je suis en voyage et sur place je voyage encore…

J’y reviendrai car j’avais en tête, de passer une mèche de cheveux dans le jardin de la place du peuple, le parc Renmin. J’ai donc marché en sens inverse. Dans ce grand square j’ai vu des vieux faire du Tai-chi, ainsi que des tonnes de gens avec un parapluie devant eux à terre, et une feuille A4 scotchée dessus. Apparemment ce sont des parents qui cherchent à marier leur fils ou leur fille car le mariage n’a pas le vent en poupe en ce moment. C’est une sorte de cv qui est publié et discuté. Ça attire beaucoup de monde. J’ai également entendu des musiques traditionnelles et observé des joueurs de mah-jong.

Comme j’avais un creux, j’ai déjeuné dans un truc improbable avec des chinois. J’ai dit bonjour « ni hão » en mettant l’accent tonique au bon endroit, et j’ai commandé une soupe avec de la coriandre du poivre et d’autres épices sans oublier le bouillon et la viande finement hachée, c’était divin. Puis j’ai goûté leurs raviolis vapeur grillés, une merveille. Ok, j’avoue que je suis perfectible dans la tenue des baguettes, sauf que le raviolis était retors… Et même si j’étais un peu observée comme une bête curieuse par mes acolytes, qu’est-ce que c’était bon !

Cet après-midi, j’avais encore la forme alors j’ai visité le musée d’art contemporain et le musée d’art, tous deux sont situés dans le parc de la place du peuple à quelques kilomètres l’un de l’autre. J’ai adoré le musée d’art contemporain. Si les Chinois sont peu créatifs, l’expo temporaire d’un certain Seth autour de l’enfance et de ce qui nous trotte dans la tête à cet âge était digne des plus beaux contes. Une balançoire ayant troué un mur en brique ou un arc en ciel sur un tour de porte ouvrant sur des milliers de dessins d’enfants ayant représenté ce qu’ils avaient dans leur imaginaire…et puis au dernier étage une autre expo sur la dentelle de Calais à travers des tenues de grands couturiers. Dans le musée d’art tout court, des céramiques, des calligraphies, des peintures et des sculptures de l’époque des Tang, à tomber. Je vais m’en inspirer pour dessiner…

Et puis, je me suis posée, oui oui…j’ai pris un thé Oolong bien chaud, très terreux et subtil à la fois, qui aurait pu durer all night long et plus tard un jus de pommes frais sans sucre ajouté, fait devant moi. Et là, j’ai mon dîner qui m’attend sur la table, une sorte d’omelette glanée dans la rue…je salive d’avance.

Bon, je suis HS. Pourtant j’ai envie de repartir c’est tellement surprenant cet entrelacs de gratte-ciels et de petites maisons, d’enseignes internationales et de bouis-bouis.

Au Bund, je n’ai pas rencontré James ni ses girls ni n’ai vu le résultat du grand bond en avant de Mao. C’est plutôt la démesure architecturale qui est déposée là, j’y serai bientôt et vous raconterai vu d’en bas…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s