Sous le crachin et les crachas, Antigone éternue…allergique au pollen des platanes

Mardi, une journée sous la grisaille, le crachin est de sortie à Shanghai et accompagne les crachas. Je m’y mets aussi et j’avoue que je ne suis qu’une apprentie, je n’ose me mesurer à mes room-mates, qui, lorsqu’elles se lavent les dents, crachent fort et efficace. Les parois du lavabo sont robustes et mes tympans aussi ! Dans la rue, il n’y en a pas tant que ça. Comme elles et eux, j’éternue à pleins poumons, je lâche tout, car le pollen des platanes est envahissant et Antigone doit être un peu allergique. Ici, les bonnes manières, c’est laisser son corps s’exprimer et se relâcher, être soi, en toutes circonstances ! Roter aussi, olé !

Ce matin, j’ai dit au revoir à Christelle, la chinoise architecte paysagiste venue pour un soin d’orthodontie et nous nous sommes souhaité amour et prospérité. C’est elle qui m’a demandé mon prénom, et qui m’a dit ne pas être sûre de poursuivre dans sa branche. En Chine, trouver sa voie professionnelle préoccupe également la jeunesse. La mondialisation, pensais-Je, c’est plus une communauté d’esprit sur le sens de la vie, cette quête de l’essentiel difficile à atteindre, que la domination des marques et de la consommation.

Un peu plus tard, réflexe ou destin, mes pieds m’ont reconduit vers la vielle ville de Nanshi. J’ai visité le jardin de Yu un symbole et une référence tant au niveau du paysage que des pavillons dans le pur style Chinois sauf que c’était bondé de touristes venus du continent et que l’environnement était too much pour moi. J’ai tenté de m’immerger dans la vieille ville visible, celle que je n’ai pas trouvée ni vue hier. L’autre, celle que les autorités cachent et sont en train de raser et de reconstruire, j’y retournerai quand il fera beau.

Ensuite, je suis allée du côté de l’ex concession française, et je suis tombée sur un petit restaurant sur rue qui ne faisait que des raviolis vapeur, un bonheur de verdure et de porc tout en légèreté. Elles étaient trois à les fabriquer. Une faisait la pâte, l’autre la farce et la troisième les cuisait dans un grand faitout sur le bitume à l’extérieur. Un superviseur encaissait et plaçait les habitués. Je me suis assise au milieu de quinze personnes. Et nous mangions religieusement nos raviolis, pendant que certains fumaient, rêveurs. J’ai mis un peu trop de sauce pimentée et pourtant je retrouvais les saveurs. 12 yuans autrement dit 2€, plus de vingt raviolis, j’ai déjeuné comme une reine. Ici tout le monde paie avec son smartphone en activant une application de lecture de flashs codes, plus de monnaie fiduciaire ni de CB, dans les bouis bouis, pour prendre un vélo à la borne, partout !

J’étais en forme, après cette pause repas, éternuant, crachin crachas, entourée de Chinois. Je me suis laissée polléniser les poumons, bras dessus bras dessous avec des platanes, en extase, partout. Et tout à coup, je me retrouve nez à nez devant une vitrine de théières et de thés. Je me suis arrêtée et j’ai dégusté en bonne compagnie un thé vert, tout frais, en provenance de la Yellow Mountain. L’eau a chauffé dans une théière en fonte japonaise, à 90 degrés, 80 auraient suffi s’il avait fait chaud dehors. Quant au nombre de feuilles, compter 3 grammes par personne, si vous le souhaitez léger. La maître de thé a versé de l’eau chaude à l’intérieur d’un verre haut et a orienté les longues feuilles, les racines vers le fond du verre, et les têtes vers le haut. Nous avons goûté sept infusions du même thé, dans un tout petit bol, large comme un dé, ce fut un moment inouï. Les deux maîtres de thé plus les fondatrices de la maison et moi, étions assisses à la même table, muettes comme des carpes. L’une des maîtres de thé m’a dit que le thé blanc était considéré comme un thé lorsqu’il était jeune pendant un an puis comme un médicament et après sept ans comme un trésor. Alors, j’ai ramené des boîtes de thé blanc de Fuxing. Cette maison de thé était décoré avec une grande délicatesse et ses hôtes m’ont autorisé à prendre des photos…Malheureusement, j’y ai laissé ma carte en papier, celle du Routard, qui ne me quittait pas. J’en ai une autre, du centre touristique d’ici, mais bon, je m’étais attachée à cette carte… L’occasion de retourner boire un thé dans cet endroit dont j’ai la carte de visite écrite en chinois exclusivement ! Tant mieux, je demanderai ma route sachant qu’à Shanghai tous les chemins mènent au thé qu’il crachine ou qu’il fasse soleil !

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