Mimikaki l’étrange volupté auriculaire : ouvrez grandes vos oreilles, attention ça décolle !

Les Japonais ne sont pas tout à fait comme nous et, en même temps, j’aimerais être un peu comme eux. Un des moyens de s’en rapprocher est de les lire et de s’imprégner de leur culture. Je viens de refermer un manga de toute beauté sorti de l’imagination de Yarõ Abe mais pas que, car il relate une pratique ancestrale qui remonterait à l’ère d’Edo. Le livre, édité par le Lézard Noir, s’intitule « Mimikaki l’étrange volupté auriculaire ». Le mimikaki (*) est un baton en bambou ou en métal doté d’un embout courbe qui permet de nettoyer les oreilles en profondeur. Sauf qu’au Japon, cet acte était originellement pratiqué par les geishas, qui ont passé le relai aux spécialistes qui savent manier le mimikaki et trouver celui dont la courbure siéra à votre conduit d’oreille.

Ce petit livre délicieux narre les bienfaits que « Shizue », dans son salon à Nakamachi, procure à ses clients majoritairement masculins de tous âges. Patienter une semaine jusqu’à un mois leur est insupportable. Il suffit qu’ils posent leur tête sur ses genoux pour les voir se libérer et s’abandonner progressivement jusqu’à connaître l’extase. Des femmes s’y rendent aussi et réalisent ce qu’elles n’ont jamais connu avec leurs partenaires.

Ce livre est un vibrant hommage au plaisir et à ce qu’il recèle d’universel dans son caractère à la fois pudique et tordu au pays du soleil levant.

Tiens, c’est bizarre, j’ai toujours aimé me nettoyer l’oreille avec un coton tige… mais je ne saurai dire si j’ai ressenti un plaisir comparable aux effets saisissants du mimikaki ! La contrepartie de l’excès d’usage du coton-tige fut pour moi de vivre régulièrement cette angoisse de sentir se détacher l’embout de coton et d’être incapable de le récupérer, m’obligeant à aller consulter un ORL, car mon énergie mal calculée m’incitait à me gratter et l’exéma finissait par me rendre sourde sans oublier l’embout esseulé dans mon conduit d’oreille qui risquait de s’infecter. D’ailleurs, il y a trois ans, j’ai demandé à mon généraliste de m’extraire un de ces embouts que j’avais poussé un peu trop loin par excès de joie suite à une nuit d’hôtel mémorable passée à Belle Île avec mes amis Bretons, deux ans auparavant… Depuis, j’évite les cotons tiges surtout dans les hôtels, j’utilise mes doigts !

Sachez, enfin, que ce petit stick japonais répond à une de leurs particularités génétiques. Leur cérumen serait plus sec et floconneux. A l’origine c’est le gène ABCC11 porteur de l’architecture de nos odeurs corporelles qui en serait l’auteur…

(*) : mimi pour oreille et kaki pour nettoyage

5 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Cėcile Gelot dit :

    Mimi arrête d’utiliser tes doigts ou les coton-tiges. Il existe des bâtonnets dont le bout est en cire (ds les magasins bio) et on trouve aussi des bâtonnets en métal dont le bout fait une boucle. Alors Mimi nettoies tes escourdes ou tes étiquettes ou tes kaki …… correctement 😂😂😂Bisous du soir Cécile Envoyé de mon iPad

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    1. Oui Cécile je ferai comme tu dis. Enfin, je vais essayer …

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  2. Emilie dit :

    un intrus cotonneux en son oreille
    Ne pertube pas le sommeil
    Mais permet assurément de filtrer
    Nombre de bétises et d’insanités

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  3. Emilie dit :

    un intrus cotonneux en son oreille
    Ne pertube pas le sommeil
    Mais permet assurément de filtrer
    Nombre de bétises et d’insanités

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    1. Oui très juste et beau. Tout est dit Mon Captain.

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