L’air urbain entre les mains

À Paris, j’avance palmée. L’air urbain passe à travers mes doigts et les petites ouvertures du bus dont la clim semble évanouie. Le soleil décline, l’être humain se cache à l’ombre de son éventail ou des murs qui le séparent du murmure du monde. Lorsque l’engin de transport collectif de la RATP accélère, la chaleur ne décélère pas. Le désert humain a pris le siège de la Capitale. Aucune oasis n’ose venir perturber le bitume, la brume se dégage à l’horizon, tel un bédouin je me laisse guider par mon chameau gris sur pneus. Je m’enivre de mots et de pensées, celles que je rumine comme un petit animal déshydraté aux aguets. J’ai vu j’ai lu je digère. Le temps des vacances à Paris me rapproche d’une expérience en plein Sahara. J’ai revêtu un cheich et je me protège de l’excès d’UV. Les platanes se lyophilisent et je comprends que l’espace vert souffre. Je compte les grains de sable, et je regarde le ciel. Mon bus colle au sol et je décolle. Je sens ma joie de vivre rejoindre les joies de la vie, ma respiration s’acclimate, mon esprit divague. C’est le moment de goûter l’eau claire de la Seine, de boire la tasse, un thé couleur mi-figue mi-raisin, une boisson non référencée dans les magasins. Sur une terrasse, je m’allonge et je plonge en goûtant les saveurs d’un livre savoureux, rafraîchissant, humain, à la confluence de plusieurs vies, entre espoir et voie de la raison.

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