Plutôt baroque ou haut rock ?

8DD2EAD6-1BAE-4B94-974D-994524F4147ESans musique, j’éprouve le sentiment et la sensation physique du manque, de ne pas être pleinement en vie. La musique m’a parlé avant même que les mots trouvent le chemin de ma tête et de mon ventre. Elle me prend aux tripes, me bouscule et m’invite à sortir de ma grammaire humaine. Elle me semble venir du monde du divin, ce pays indéfini, sans frontière, absent de la mappemonde, pourtant réel et libre, cet ailleurs indescriptible que je retrouve surtout chez Bach Mozart et Ravel. Tous 3 sont de savants orchestrateurs, des inventeurs du dialogue instrumental (dont la voix en particulier chez Mozart), et aussi des enfants joueurs et un peu fous, défiant les modes et les influences. En ce moment, je les sens on ne peut plus présents, de vrais compagnons de route qui me donnent à espérer car ainsi est ma raison de vivre.

En ouvrant le dictionnaire, je lis et découvre que l’adjectif « baroque » signifie en 1er lieu « irrégularité bizarre », puis suite au moment artistique du même nom qui s’est développé du 16 au 18ème siècle, il s’enrichit d’un autre sens « la liberté des formes et la profusion des ornements ». J’aime particulièrement la musique baroque, mais aussi l’architecture baroque mais à moindre dose car le côté crème chantilly finit par m’écœurer. Mais surtout je me réjouis aussi que les mots de notre belle langue lui donne un relief que je ne lui connaissais pas. 

Aujourd’hui et depuis hier, je me nourris de Scarlatti (j’ai l’objectif d’écouter l’intégralité des 555 sonates pour clavecin par Scott Ross, un génie fou lui aussi, mort jeune du sida) mais surtout de JS Bach inclassable. J’ai re-écouté les 6 concertos Brandebourgeois, composé alors qu’il était à Cöthen vers 1717 dans la même période que les 2 concertos pour violon BWV 1041 et 1042 et que le double BWV 1043 qui comporte cet air sublime de la Sicilienne (2ème mvt). Je crois qu’un concert avec Hilary Hahn est disponible en replay sur Arte interprétant ces 2 concertos pour violon.

Sur ma chaîne HiFi j’écoute maintenant Jean Rondeau, le jeune claveciniste dans son interprétation de Rameau enregistrée au théâtre des Bouffes du Nord. Le disque s’appelle «Vertigo », il me retient le souffle alors que nous sommes suspendus à ce virus qui nous confine tous dans nos chambres, et une fois la dernière note envolée, je me murmure comment vivre sans musique ?

 

 

 

 

 

 

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