« Nuit » dans les limbes bleu océan

Ce soir le marchand de sable s’est endormi avec ses chaussettes, il n’assure plus un cachou. Il a pris la direction de la plage, puis le large où il navigue dans les limbes bleu océan. Je l’entends siffler tout en rêvant.

 

 

 

Quand la danse envahit la salle : un virus qui vous fait du bien

Samedi à l’Opéra Garnier, le dernier ballet était signé Tino Sehgal. Il ne portait pas de titre. C’était une création. Le début du spectacle a commencé dans la salle avec une utilisation inattendue des lumières sous la coupole, dans les balcons et les baignoires, comme si nous étions installés, confortablement, dans une boîte de nuit. Alternativement, les espaces s’éclairaient, puis passaient dans la pénombre, et cet effet « spot light » a durée plusieurs minutes, dans le silence et l’étonnement. Puis ce fut le jeu des rideaux de scène, ouverture fermeture, tour à tour, ce qui nous permettait de voir les coulisses, l’envers du décor. Enfin, le fond de la scène au départ métallique s’est vu couvert d’un miroir qui nous renvoyait notre propre image, en pleine lumière, dans un décor de rêve.

Puis, la musique électronique a commencé à battre la cadence, sur un rythme bien « dance », et là, ô surprise, nous avons vu des danseurs immergés dans le public, se mettre en transe. À côté de nous, une jolie blonde, les cheveux longs détachés, se remuait des pieds à la tête. Les spectateurs observaient avec joie, ou envie, voire semblaient gênés sauf dans une des baignoires où le public s’est mis aussi à danser.

C’était un virus comme on en voudrait tous les jours, un de ces virus qui vous fait du bien.

« The season’s canon » de Crystal Pite : l’expérience d’un ballet contemporain IMMENSE dont on ne revient pas…

Un concentré de re-créations sur les Hommes, ce qui les relie entre eux, et à la Nature.

Hier soir avec mon amie la fée, B., nous nous sommes retrouvées. Nous avons évoqué les vacances, et des projets de sorties, entre autres. Nous étions au Harry’s Bar, un cocktail pour l’une, un Inchgower 12 ans pour l’autre, et des macarons de chez Ladurée choisis par B. (rose, cassis, réglisse). Un régal, et bien vite, on s’est mises à rigoler, c’était une évidence, nous serions « paf » à l’Opéra Garnier, et toutes sucrées, car il fallait bien fêter nos retrouvailles. Peut-être avions-nous pressenti que la secousse, sous la coupole de Chagall, serait tellurique ? L’alcool aiderait à supporter ce moment « trop humain », pour être regardé de face, sans vitamines !

Bien placées à l’orchestre, 4 oeuvres de danse contemporaine au programme, les 2 dernières étaient des créations mondiales : « In creases » de Justin Peck (musique Philip Glass), « Blake works I » de William Forsythe (musique James Blake), « The season’s canon » de Crystal Pite (musique Max Richter) et « sans titre » de Tino Sehgal (musique Ari Benjamin Meyers).

Les deux premières oeuvres nous ont confirmé que la soirée serait un enchantement. Ces pièces étaient de facture classique, pour de la danse contemporaine. Rien à dire. Les danseurs étaient parfaits. Puis ce fut l’entracte. Nous avions la banane.

Démarre « The season’s canon » et nous avons changé de dimension. Tout d’abord, la musique. Crystal Pite, la chorégraphe, a choisi l’oeuvre des 4 saisons de Vivaldi revisitée par Max Richer, un compositeur allemand, post minimaliste qui a re-créé 75% de la partition. Courez vous procurer l’album paru chez DG en 2012, c’est osé mais juste génial. Vivaldi, le prêtre roux, s’il avait vécu au 21ème siècle, n’aurait pas renié cette mise à nue de sa partition. Cette version, est à la fois allégée du concentré de notes de Vivaldi, et enrichie d’une palette de couleurs sonores d’aujourd’hui, elle résonne résolument comme un pont entre la Venise du 17ème et notre monde contemporain. Je vous la recommande à dose homéopathique. Pas de meilleur médicament pour l’âme.

La chorégraphe Crystal Pite a été formée et influencée par William Forsythe, et son ballet de Francfort. Elle a dit ceci « pour moi, créer c’est comme regarder à travers une loupe, une opportunité de voir le monde avec davantage de détails et de clarté ; c’est une expérience de l’agrandissement, de l’exhaustivité et de l’abondance. J’utilise la chorégraphie – l’acte de créer quelque chose – pour me confronter au sens même de ce qu’est la création. C’est la construction, le façonnage, l’entrechoquement, le montage, la composition, l’assemblage et l’excavation que je retrouve quand je chorégraphie, l’acte même de fabriquer, qui me relie le plus profondément au monde naturel, à la brutalité et à la beauté qu’il contient. Cette pièce est un geste, une offrande. C’est autant ma manière de faire face à l’immensité et à la complexité du monde naturel qu’une manière de lui exprimer ma gratitude. »

A propos de la musique de Richer elle écrit « La partition contient une tension entre simplicité et complexité, entre des espaces vastes et vertigineux et de minuscules densités. A travers le corps humain, j’essaie de rendre cette musique visible. Et pour moi, les structures et états qui découlent de ce corps évoquent des phénomènes naturels : germinations, migrations, mutations, transformations, et la lutte pour la domination et la survie au sein du monde naturel. »

La scénographie s’appuyait sur des vidéos dépouillées. Les images étaient abstraites, et sobres, des couleurs décolorées et mélangées, pleines de nuances. Nous sommes partis du gris noir, de l’image post apocalyptique du monde pour aller vers une vision solaire, orange, flamboyante de la renaissance du monde.

Le buste des danseurs et des danseuses était nu, ils portaient un pantalon avec des pans de tissus larges, dans les tons de kaki.

Les tableaux du ballet de l’Opéra de Paris décrivaient des masses humaines, reliées, formant des touts qui s’agrégeaient, se mélangeaient et se décomposaient. Régulièrement, ils ondulaient d’un côté vers un autre. Ou ils formaient une ligne droite et de manière synchrone ou asynchrone, leurs bras esquissaient des cercles. La coordination était extraordinaire. Les effets produits par les corps des danseurs étaient tellement forts qu’on était dedans, dans cet ensemble grégaire, au milieu de ces Hommes reliés entre eux. Des êtres tentaient de s’individualiser, puis étaient happés par la masse. Rien n’était mécanique, les pas, les mouvements, de chaque danseur (ils étaient une cinquantaine) nous renvoyaient face 1ère, dans la vie, la création, la nature, l’instant, sa mobilité permanente et son impermanence aussi. La gestuelle était d’une extrême netteté, d’une telle précision que tout en nous semblait bouger et inter-agir.

Cette chorégraphe nous a donné à voir, écouter, imaginer, ressentir, un concentré de créations, sa représentation sur le devenir des Hommes, de la société humaine face à la Nature. C’est un pari fou que de s’y essayer, de prétendre pouvoir aligner sur une scène, un tel spectacle, sur la complexité et la simplicité de la vie terrestre. Je surfe sur une pensée flottante, car ce spectacle nous a trimballé de l’infini grand à l’infiniment petit, et ce fut un moment rare, privilégié. D’ailleurs, le corps a dû mal à digérer ce qui l’a remué, tendu, relâché, emporté, bousculé, émerveillé. C’est comparable à l’effet d’un raz de marée, un bloc géant d’émotions et d’intelligence, qui assomme, ça c’est pour la vision champ large, macro, et à la sensation de perles de pluie fines, légères, mais profondes, à la distillation d’idées et des sens, ça c’est pour la vision microscopique, au scalpel.

J’espère vous avoir donné envie d’aller voir ce ballet. Sur YouTube, vous trouverez des extraits, en attendant qu’il passe près de chez vous. Et surtout, j’ai un rêve, que cette re-création du monde soit projetée dans le ciel, et que tous les Hommes puissent la vivre un jour, sur terre.

 

 

 

Pirate de l’immatériel

Voyages en roues libres

Sous ma cap de pirate, je fuis, je suis, sur mon vélo. Entre les gouttes, je me faufile, et je songe à mon vol en train de se faire, qui n’a pas de consistance, et qui ne vaut pas trois cacahuètes. L’objet du délit, saisir le temps, sans lui demander la note, car la « conta », dans ce cas, ne compte pas, mais le décompte en revanche est bien là, qui résonne, et fait splash, à chaque coup de pédale.

En cet instant, je voyage dans la profondeur immatérielle du temps, qui s’efface et qui est, alternativement, ou de manière synchrone, avant de s’effacer à nouveau et de renaître, jusqu’à s’inscrire par bribes, plus ou moins déformées, dans ma mémoire de pirate.

Je fais des loopings, ou du sur place, le temps goutte, et me submerge. En zig zag, j’avance en crabe, j’en ai oublié mon vélo. Les roues sont libres, le pirate voyage, le pirate est libre, les roues voyagent. Le temps a piraté mon vélo, mon cap est de pirater le temps, pour retrouver mon vélo et sentir les coups de pédale, réels, imprégner, mon corps et ma tête de pirate.

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Allons zi allons zon : zig boum zong zong

Tiens, c’est octobre !

Un mois octogonal en BRE, qui se conjugue avec le début de l’air froid, celui qui passe à travers le toit, et qui s’immisce dans le nid, pour mieux tutoyer mes oreilles jusqu’aux doigts de pieds.

Les mouches de l’été se sont rencardées, au-dessus de ma tête. La musique sort de leurs ailes. Je danse la zig boum zong zong. Avec un doigt dans le grouin je réfléchis mieux aux pas, qu’il ne faut pas, surtout ne pas, inverser. Zig boum zong zong n’a rien à voir avec zong boum zing zing.

Allons zi allons zon !

 

 

Un gramme de légèreté : nourriture cosmique

Un jour, ou l’autre, sans le savoir, nous croquons ou plutôt avalons des insectes. La nuit la bouche ouverte, le jour en pédalant sur nos vélos imaginaires.

Les insectes sont parfois comiques, ils se moquent de nous et de nos dents plus ou moins mordantes, incisives, ou sages !

Ces dessins sont de Rébécca Dautremer comme sur l’article précédent.

Des mots plein la bouche : pirouette ô cacahuète 

Le silence est d’or, le mot de plomb. Ou est-ce l’inverse ?

Je rêve de dessins, les mains sur l’écran ou dans les poches.

C’est le moment de s’y coller, de décoller. Les mots se dessinent, les dessins se forment, tout se confond et s’aligne.

Une flamme s’enroule et déboule, du côté de Tréboule. Pas d’esquive, je prends les mots et la bouche qui les trimballent et j’avale la vie.

Pirouette ô cacahuète

Oh My dear : de quel bois te chauffes-tu ?

Cher cerf, oh My dear,

Le deer relève de la famille des cervidés et celle ou celui qui vous est chère ou cher, your dear(est) vous rend parfois écervelé(e).

Dans les bois, l’heure est au brame, les cerfs combattent pour leur belle, et cela peut virer au drame.

Celui qui aura les plus beaux bois aura peut-être la chance de rencontrer sa belle.

Montre-moi de quel bois tu te chauffes et je te dirai qui tu es ?

My dear deer aime mon canapé, il a mis mon cache nez autour du cou. Son nez est écorché, il a le cœur léger.

Sommeil de la ligne claire

Les mots sont en vacances, le crayon est de sortie. Le marchand de sable a retrouvé sa mine du soir, son papier quadrillé et sa gomme. La tête posée sur le moelleux d’un oreiller, ses rêves suivent la ligne claire du sommeil. Plus un mot, une étoile de mer s’est endormie sur sa bouche …il navigue au fond de la mer Iroise, à moins que ce ne soit dans une baie.

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En nuit avec Antony

Le temps d’une nuit, j’ai éteint tous les bruits de Paris. J’ai soufflé sur les réverbères, et sous la protection de drôles de chouettes, j’ai marché, bras dessus bras dessous, avec mes ami(e)s du monde d’ici, d’en bas et de là-haut. Le temps était suspendu, nous étions muets parce que les mots s’étaient tus aussi. Il n’y avait pas d’ennui, juste la nuit, et l’air silencieux qui ondulait depuis la flûte de Pan. Nous avons dansé, en rythme, enveloppé par le drap de la mer de la tranquillité.

 

 

Concerto pour la main gauche

Ravel

Le concerto pour la main gauche de Ravel était dédié à Paul Wittgenstein (frère de Ludwig (*) qui avait perdu son bras droit pendant la Grande Guerre. Le dédicataire a modifié la partition lors de sa 1ère exécution en public en 1931 car l’oeuvre lui semblait manquer d’élan. Ravel se sentait incompris, trahi. Il n’entendra jamais la version pour orchestre dans le respect de sa partition donnée en 1937 l’année de sa mort.

Une seule version à emporter sur une île déserte, celle de Samson François.

(*) : le philosophe fasciné par la puissance des mathématiques a écrit notamment Tractatus logico-philosophicus qui se compose d’aphorismes sur le langage, ses pièges, et une réponse philosophique qui conduirait au silence.

Il a écrit par exemple : » ce que l’on ne veut pas dire, il faut le taire. » Ou « le monde est tout ce qui arrive. »

 

« 12°5 » : un nouveau jajazine en primeur

L’appel du chenin…(suite)

Si vous aimez les recettes de cuisine et vous vous intéressez à ceux qui les conçoivent et les réalisent avec passion, pour vous, dans leurs restaurants, ainsi qu’à leurs fournisseurs, adeptes de la permaculture ou de l’élevage de chèvres du Rove, je vous invite à découvrir chez votre libraire préféré ou ailleurs, le magazine 180°C ainsi que leur blog http://www.180c.fr/la-gazette/

Demain va paraître « 12°5 » leur second magazine, qui fait honneur aux vignerons qui aiment leur terroir et aux recettes qui pourraient s’accorder avec des vins choisis par les journalistes amateurs de ce breuvage millénaire. Ce soir, l’équipe rédactionnelle et des vignerons d’exception ont fêté la sortie « en primeur », dans la librairie « comme un roman » de la rue de Bretagne, ce jajazine, comme il se doit.

Le chenin est de retour grâce à un reportage sur Patrick Baudouin, un vigneron de Savennières qui a changé de cap à 40 ans. Lisez, dégustez ses vins et vous comprendrez.

Le chenin, c’est une autre route du vin,  quoique je fasse, j’y reviens…

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Le drapé dans l’art grec

It is time to go to bed

De la Victoire de Samothrace au Louvre à l’Aurige de Delphes, la sculpture grecque reste la référence en termes de proportions, de lignes et de mouvements. Tout est là, tout ou presque. Sauf qu’aujourd’hui, il manque souvent la tête, les bras et les organes sexuels.

Minuit, c’est l’heure de regagner le lit, et de se draper en son entier des orteils à la tête, avec tous ses membres. Grec ou pas, faites de beaux rêves, et vive l’Art, qui vous enveloppe comme un drap ! Et au petit matin, l’art du drapé vous ramène au Parthénon, les cheveux en pétard et cette représentation, on ne la retrouve pas dans l’art grec…bizarre !

 

 

Des ondes blondes à « Villetrun gum »

Du blé plein la tête

Le blé est la céréale qui a balayé mes horizons, et coiffé mes yeux, depuis l’enfance. J’étais blonde comme eux, avec des poils raides sur la tête. A perte de vue, ils se tenaient droit, jusqu’à ce qu’une brise soulève leurs crêtes, et les conduise à se balancer à un rythme régulier. A ce moment précis l’étendue jaune paille ressemblait à l’étoffe d’un océan terrestre qui semblait avancer vers un ailleurs.

Sur les chemins qui longeaient les champs, je me faufilais avec mon petit vélo orange, pédalant sans interruption, plus rapidement qu’éole, et je virevoltais dans ce paysage lunaire.

Je me souviens aussi quand on croquait la céréale, et qu’ensuite on la malaxait pour en faire un chewing-gum « home made ».  Et dire que mon frère aîné a travaillé longtemps pour le grand groupe agro alimentaire fabricant de la plus célèbre marque de gum du monde. « Hollywood » c’est super bon mais « Villetrun » gum ça le fait encore plus !

Oui, je me souviens comme ça sentait bon le blé, pendant la moisson. D’ailleurs, les poussières de paille s’infiltraient partout, et on se grattait, on n’en avait pas que dans les yeux et les oreilles, on en avait dans la tête, plein la tête.

 

Equinoxe d’automne

Le soleil à son zénith jeudi 22/09/2016

Entre le solstice d’été et le solstice d’hiver, l’équinoxe d’automne est l’un des deux seuls moments de l’année où le jour et la nuit ont une durée égale. Comme la terre tourne autour du soleil en 365 jours 5 heures 48 minutes 45 secondes, l’équinoxe d’automne ne tombe pas le même jour chaque année, mais mathématiquement il peut se tenir entre le 21 et le 24 dans l’hémisphère nord. Et en 2016, l’équinoxe d’automne viendra nous taquiner jeudi 22 septembre. Le soleil sera alors à son zénith par rapport à l’équateur terrestre et dès le 26, il perdra 3 minutes 33 secondes, et les jours seront de plus en plus courts.

Avant de laisser pousser nos poils, et de (re)devenir animal, entre l’équinoxe d’automne et le solstice d’hiver, sortons notre axe de sa rotation, et inclinons nos moustaches vers le soleil.

Tigres et biches let’s dance ! Je connais un chat italien du côté d’Ischia qui s’en fout. Ma che cosa dice ?

 

Preuve à l’appui (cf. figues au figuré)

Merci au chef P de m’avoir envoyé cette photo qui est la preuve qu’il sait cuisiner et partager sa passion ! ça le fait, j’en croquerai bien une part de cette tarte aux figues (au propre)…Cuisine et photographie les deux mamelles (au figuré) de P, entre autres !

 

« Les climats » : sens dessus dessous

Un endroit rare dans Paris, rue de Lille

Si vous n’y êtes pas allés, alors faites y un tour, ne serait-ce qu’au bar, pour déguster un Bourgogne ou deux accompagnés de canapés…C’est un restaurant qui fait honneur à la grande cuisine et aux vins de Bourgogne. Pas ou peu de champagne, mais du crémant de qualité.

Carole dirige l’endroit, Denis n’est pas loin, et le sommelier c’est un phénomène. Je me souviendrai toujours de la manière dont il nous a parlé de Francine Picard, et son Chassage Montrachet c’était une expérience de dingue. Vous ne vous en remettrez pas.

La cave à vins est intégrée côté bar, « visible » derrière une paroi de verres.

Le lieu date de la période Art Nouveau. Il a été rénové tout en ayant conservé le bon côté de son jus. Et, surtout, il est suffisamment aéré et haut sous plafond pour laisser nos sens s’évader sens dessus dessous.

Pourquoi « Antigone gone » comme nom de blog de l’Aneth nette nette pas tout à fait ?

1/ Le côté « sérieux » de l’explication

Parce qu’au-delà du mythe et de sa représentation par Sophocle dans la tragédie grecque que nous avons lue et jouée à 14 ans à Dodone, dans le texte, il existe une version d’Henry Bauchau qui relève de la poésie pure en prose.

Extrait : « Tu n’as jamais été sur la mer, Antigone, et pourtant tu es un vrai marin. Sans voiles, sans gouvernail, voici des années que tu navigues, sans chavirer, … » Oedipe

2/ Le côté iconoclaste

Because, aussi, jeu de mots. »Gone » a un rapport avec le chemin qu’Antigone va faire d’Athènes à Thèbes pour venger son père naturel, Oedipe, puis pour se battre contre la folie de son beau père, Créon, et de ses frères Polynice et Etéocle qui veulent le pouvoir et finissent par s’entretuer, et enfin pour oser enfreindre la loi en ensevelissant Polynice sans l’accord de son beau-père jusqu’à être condamnée et à en mourir…mais aussi « gone » a un lien avec le fait qu’Antigone est considérée comme folle par sa famille, ses amis, et son entourage. Donc « gone » c’est bien prendre la route, tout en étant barré, au figuré.

Donc, voilà ze explanation.

Un autre Ocean – « Blond »

Tout simplement hypnotique

Son 1er album « Channel Orange » est sorti il y a 3 ans, je me souviens du raz de marée, ma tartine s’est décomposée dans un thé noir, au cours de la matinale de France Inter, en plein mois de juillet. Vincent Josse avait égrené quelques pépites de ce concept album de Frank Ocean. Inclassable en termes d’influences (soul, pop, R&B) et engagé côté écriture (critique sociale, et exposition de ses attirances bisexuelles, pas forcément facile quand on est black à LA).

Depuis plus d’un an, on annonçait son retour, c’est chose faite avec la sortie de « Blond » fin août. Il en a réservé l’exclusivité à Apple Music en attendant de trouver une société qui pourrait distribuer son cd. »Blond » sans e (parce que Frank Ocean joue sur les ambiguïtés à plus d’un titre). Dylan n’est pas loin…Souvenez-vous de son album « Blonde on blonde », et regardez la photo de pochette de F.Ocean versus ce cliché de Bob Dylan par Jerry Schatzberg. Sinon, les 2 auteurs compositeurs interprètes sont bien dingues et géniaux tous les 2 !

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Ont contribué à l’album « Bond » : James Blake, Jonny Greenwood, Pharrell Williams, Andre 3000, Kendrick Lamar…

 

Allez sur You Tube et écoutez notamment « Pink + white »

https://soundcloud.com/8el0fjwfwoco/pink-white

Figues au figuré (« un gâtois » d’amour…Peau d’âne suite !)

C’est l’été pour quelques jours encore. Au pays des bigoudènes, les figues se plaisent comme les palmiers, mais elles se font attendre, c’est que pour résister aux frimas de l’océan, elles se nourrissent d’iode, et de sel. Elles sont bien plus charnues que les méditerranéennes (et meilleures me chuchotent mes amis bretons).

Une tarte aux figues, j’en ai goûté une, il y a 2 semaines, concoctée par le chef P. également photographe en chef. J’ai un souvenir goûteux de l’association figues, noisettes torréfiées et crème d’amandes. Les figues n’étaient pas bretonnes…mais angevines d’adoption.

Voici la recette de P. issue du site l’Académie du Goût. Composez un appareil de crème d’amande (125g de beurre, 125g de sucre en poudre, 125g de poudre d’amande et 125g d’oeufs), disposez celui-ci sur une pâte sucrée, pré-cuite à 200° pendant 15 min. Disposez les figues en les coupant en 4. Après 20 minutes de cuisson à 180°, rajoutez les noisettes torréfiées et du sucre glace.

Preuve à l’appui !

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Avec en accompagnement, un whisky Taïwanais, un Kavalan, affiné en fut de Porto, la tarte vous fera passer du présent au figuré !

 

L’air de la fée dans Peau d’Ane

« La situation mérite atten…ssi…ion… »

Souvenez-vous des voix qui doublaient les airs chantés des films de Jacques Demy. Pour Catherine Deneuve c’était celle d’Anne Germain. Elle est morte, information communiquée ce matin sur France Q, sauf que nos amis ont passé l’air de la fée jouée et chantée par Delphine Seyrig !

Peau d’Ane c’est mythique, c’est très conseillé de le revoir régulièrement ou a minima contentez-vous de cet extrait.

Une fée j’en connais une, elle habite rue Caulaincourt et mérite aussi atten…ssi….on :)))

BBB : Bach, Bill et la Bretagne (et la mouette)

Ce soir, la composition « peace piece » de Bill Evans enveloppe l’air, libère les notes et invite à faire des petits pas, comme Basho sur sa sente étroite du bout du monde. Son phrasé couvre, sans faire de bruit, celui des moteurs ronronnant du périph.

De Bill à la Bretagne, le chemin est escarpé, il passe par le Canada, les grands espaces, et la maison de Glenn Gould. La partita n°3 accélère le pas. Il ne fait pas encore froid, bien au contraire.

Et hop, l’oeil s’échappe de la fenêtre de l’hôtel Vauban sur le port du Palais, à Belle Ile, pour sillonner la côte, Douarnenez, la pointe du Raz et sa baie des trépassés, et prolongations jusqu’à Locquirec avant de retrouver la douceur de vivre d’un petit port de Loire Atlantique, tout près du Captain et des siens.

Avec dans la tête, le souvenir de lecture d’un très joli conte, « histoire d’une mouette et du chat qui lui a appris à voler » dans lequel Sepulveda écrit « seul vole celui qui ose le faire ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’essence du quinte : Magic Philippe

New Order : Le 21 ème siècle sera spiritueux ou ne sera pas

Philippe et Franck nous ont concocté, pour la 2ème année consécutive, le salon des spiritueux français « France Quintessence » à Paris, au pavillon Ledoyen. C’était dimanche pour les particuliers et hier pour les pros. Il faisait lourd, pas vraiment la bonne météo pour déguster. Pas besoin de se motiver, l’envie était grande, parce que nous savions que ce serait une série de découvertes sensorielles et humaines, hors du commun. Du Magic RPM (rare parce que monstrueux) !

75 exposants, 2 bars à cocktails, des animations organisées par des pros. Et pour notre trio d’amateurs (S., E. et moi), 5 étapes de dégustation (seulement) !

1/ Conte & Filles – cognac

Deux soeurs ont repris l’affaire familiale. Nous avons découvert un VSOP et un XO. Elles s’occupent de tout, sont très impliquées, et soucieuses d’avoir un retour sur leurs 1ères production. Je dis tout de suite que je n’y connais rien en cognac. Leur VSOP m’a semblé équilibré, bien fait, le fût était présent juste ce qu’il faut. Le XO était plus sur l’énergie, la fraîcheur. Une bonne mise en jambe à notre arrivée.

2/ Fanny Fougerat – cognac

Fanny, je n’ai pas échangé avec elle mais une de mes camarades de dégustation, entre autres, la connaissait bien. Nous n’avons pas tout testé, son 4 ans est juste différent de tous les Cognac que j’ai goûtés jusqu’ici. On est sur le fruit, rien de tannique, juste les grains de raisins, il va falloir que j’y aille… et je rendrai visite aux Filles Conte aussi.

3/ Dupont – calvados

C’était juste « facile » car nos palais étaient préparés, et puis, nous avons préféré goûté les vieux millésimes pour rester debout ! Le 1977, non dilué, c’était de la pomme confite, de la rondeur, super bon, rare, nous en avons été défaites. Le 45 ans était plus vif.

4/ Manguin – alcools de fruits

Nous avons été raisonnables, nous n’avons pas tout investigué ! Nous nous sommes « contentées » de quelques gouttes de ligueur de poires affinée en fût de whisky, de celle aux 3 olives noires légèrement truffées et d’une autre aux citrons bergamote. Tout est intéressant mais nous avons avoué notre penchant pour la citron bergamote, qui est fabriquée à partir des fruits en leur entier. Tout y est, l’amertume, l’acidité et la suavité. Idéal pour les cocktails. Une recette est à venir…et vive la « résistance »dans une acception que seul Philippe peut comprendre !

5/ La distillerie de Paris – l’univers des possibles

Nicolas Julhès nous a parlé avec brio de leur volonté de faire bouger les lignes, de sortir du cahier des charges classique et de partager leurs expériences. J’avoue mon faible pour leur gin et ses saveurs en genièvre marquées comme jamais.

 

Chapeau bas et un grand MERCI chers Misters Philippe et Franck, et Alléno (oh your steak of pastèque c’est juste ENORME…) !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kings of convenience + Erlend Oye : music « cool » from Norway

Les Simon & Garfunkel de Bergen découverts grâce à la revue Magic RPM et vus dans une salle de concert parisienne tristement célèbre. Ils y avaient chanté avec Feist, un moment inoubliable, 2 guitares et 3 voix. Ils vont sortir leur 4ème album bientôt.

L’un des deux mène une carrière solo qui oscille entre électro et kitsch music. Il a vécu en Sicile à Syracuse, « la prima estate » vaut son pesant de « pasta » ! Et « bad guy now » c’est plus que cool. Et si l’été s’éternisait …Petit déhanché et l’heure est à l’ivresse musicale…

 

Category : uncategorized?

Comment de-blogger et prendre son pied ?

Le pire pour un blog c’est de ne pas figurer dans une catégorie, un blog sur tout et sur rien. C’est un peu comme quand on vous dit t’es pas bobo, t’es pas babos, t’es pas mariée, t’as pas de binôme, t’as pas d’enfants, en gros t’es pas casable !

Pourtant en vrai, c’est plus que chouette d’être « outside », ainsi tout est possible, car sans étiquette, la vie peut être protéiforme, à re-inventer, difficile mais belle, jamais la même, un terrain de rencontres, un moyen d’être libre et de prendre son pied.

 

Bunny (oh give me your peaty)!

De l’eau pour vivre malté

Nicky, Anglais d’origine polonaise, m’a initiée à l’uisge beatha, il y a plus de 20 ans. Et puis, la rue d’Anjou est devenue mon chemin de traverse, celui qui m’aide à rester verticale. Après les soirées de dégustation de LDMW, dans les grandes années du club, le tangage du métro pouvait m’inviter à combattre mon mauvais pied marin. De bâbord à tribord, je luttais pour rester debout, car les effluves d’orge maltée me tenaient difficilement en suspension !

Ce breuvage apporte des bienfaits, non seulement il est vasodilatateur mais il est aussi pluriel, herbacé, fruité, tourbé, jamais le même, il évolue, et ne cesse de nous surprendre. Et puis, surtout, il n’a pas son pareil pour délier les langues et faciliter le rapprochement entre les êtres.

Mes conseils : les single malt des négociants plus que les officiels.

Gordon & Mc Phil (G&M) est ze one.

Goûtez son Caol Ila distillé en 2007 et embouteillé en 2016 à 40°. La tourbe est fine, le fumé aérien, Diageo peut aller se rhabiller.

Mais que dire du Bunnahabhain, de chez G&M, distillé en 1999 et embouteillé en 2016, un 52.4% cask 516 Hogshead ? La prune, une gousse de vanille et un léger fumé me soulèvent du siège et me portent au-delà des nuages, pour mieux me rapprocher de ma chouette. Je deviens muette, c’est juste ENORME, FABULEUX, PLUS GRAND QUE L’UNIVERS A L’ENDROIT et A L’ENVERS TOUT ENSEMBLE… Et puis, c’est un cadeau, un présent de 5 absolutley fabulous women.

Dessins et doigté

Crayon sans poil

Dessiner, un peu, tous les jours, c’est aussi vital que marcher, aussi fort qu’ouvrir les yeux, et les oreilles à de nouvelles perceptions. C’est une série d’allers et retours entre le dedans et le dehors, ça aère des trucs, des choses, des machins, c’est une célébration du bourgeonnement qui aboutit à des champs fleuris ou en friches.

Mon crayon est parfois au poil, il dit mieux que mes doigts sur le piano ou les mots. A d’autres moments, ses poils se rebiffent et il ne sait pas dire, il n’accroche pas le papier, ou la mine n’a pas la pointe sûre. Je secoue pourtant le combustible de mon crayon, mais il ne descend pas, le coeur attend sa réaction en chaîne, et ça ne vient pas. Une histoire de trous S, j’appelle A ou W mes fournisseurs d’assemblages. Ils m’invitent à changer de mine ou à réparer mon crayon pour produire une énergie renouvelable, sans fission, sans (ef)fusion…

 

 

La chouette est « Chris »

Filiation cinématographique

Animal au petit bec, tout de plume,

Tu ouvres l’oeil, à 270° s, à la brune.

En quête de mammifères imprudents,

Tu cours les souris et les musareignes,

Et tout cru, les avales, privée de dents.

Sur l’écran de Chris Marker, en filigrane,

Ou dans la mythologie, tu vois sans être vue.

Sans crête, ni aigrette, l’Homme peut-il devenir chouette ?

 

 

 

« Vertigo »

…une forme de Gi Gonq

Pour observer le sommet du ciel, en suivant les index des montagnes, l’idée est de se déposer, d’arrimer ses pieds au sol, du talon aux doigts de pied.

Dans un mouvement d’équilibre, vous penchez votre corps en avant, tout en restant ancré à la roche, le crâne aspiré par l’azur. Puis, tel un balancier vous déplacez votre poids de la droite vers la gauche et inversement, dans un flot continu. Vous relâchez vos bras pour qu’ils accompagnent ce déhanchement, les mains tournées vers le sol. La pression et les noeuds se relâchent, la respiration et les gestes se font de plus en plus amples. Et tout à coup, vous ne contrôlez plus l’embarcation, fini le cabotage, vous nagez en haute mer, tenu en flottaison par les vagues. La navigation peut commencer.

Tiens, ce serait bien que je prenne des pilules contre le mal de mer !

 

 

 

 

 

Et si l’amitié était au bout du chenin

Des anges et du vin

Où l’art et la douceur de vivre ont-ils élu domicile dans notre France hexagonale (*) ? En Anjou, dans le Maine-et-Loire, sur les côteaux de la Loire, du Louet, ou de la Maine. Sur cette terre, les vignes nous invitent à nous laisser conduire par le petit chenin qui sent non pas la noisette mais… la pomme et pas que  !

Le chenin blanc se compose de petites grappes de raisins. Celui de « la Coulée de Serrant » de Nicolas Joly, « le pape » de ce cépage, et de la biodynamie, titre à 15° et plus, mais il ne charge pas. Il libère les papilles, les horizons, et les moines cisterciens qui ont planté ces vignes en 1130, tout près du fleuve, sur un sol de schiste et de quartz, ne savaient pas qu’on atteindrait près de 900 vendanges consécutives.

Quand vous buvez quelques gorgées de « la Coulée de Serrant », notamment son millésime 2007, tout s’arrête. Le nez n’est d’abord que pomme et fraicheur, l’air angevin nous fait tutoyer le divin. Et la bouche, quelle bouche, démarre puissante, puis elle s’arrondit et devient gourmande. Le feu d’artifice, forme d’effervescence provenant du schiste, finit par s’apaiser et s’enrouler autour d’une saveur soyeuse de fruits à noyau, de pêche de vigne. Et la longueur en bouche nous emporte à nouveau sur le terroir, comme pour nous réveiller de cet état de grâce avant de nous achever par son côté explosif. « La coulée de Serrant » ou l’expérience extatique …Mère Térésa nous avait donné sa bénédiction !

Une fois dans une de vos vies, allez en Anjou, du côté de cette demeure de la Roche aux Moines, tout près de Savennières. Ici vivent les anges et le vin.

Cet instant d’éternité, je le dois, à un gamin du cru, qui parfois monte à cru, n’est pas angevin qui veut ! Certes, ce n’est pas moi la mieux placée pour parler de T. mais davantage P. , celui qui a l’oeil qui parle ou qui parle avec l’oeil.

(*) : tiens dans « hexagonal », il y a « gone », qui signifie, en grec, angle mais aussi enfant, engendrer.

Choisir c’est un exercice de « still »

Êtes-vous plutôt « coffey still » ou « pot still » ?

C’est une histoire d’alambic, à colonne ou en forme d’oignon. Le « coffey still » (à colonne et en inox) est le modèle utilisé pour les whiskies de grain, le plus neutre au goût, on est sur de la distillation en mode continu alors que le « pot still » (en forme d’oignon, trapu, et en cuivre) fonctionne en mode discontinu (l’alcool circule plusieurs fois, on parle d’alambics « à repasse »), c’est ce mode qu’utilise la plupart des distilleries qui font du single malt à base d’orge maltée.

 

Un drôle de paroissien

Un quadrupède mystique

Qu’était-il venu chercher dans ce lieu de culte ? Il attendait un signe (de son maître amateur des vitraux lumineux de Chagall de la Cathédrale St Étienne de Metz).

 

 

ROCK EN SEINE le retour

Sigur Ros mémorable

Hier soir, ça cognait fort à St Cloud. Pas un monde de fou, juste des doux dingues de musiques. Kronenbourg avait l’exclusivité des stands d’alcool, et puis Pommery une petite buvette pour les vieux comme Ph et moi ! On y a a fait un tour mais la bière ça désaltère davantage !

Au programme de la soirée « la Femme » un groupe français un peu barré, qui sonne très 80’s, Taxi Girl n’est pas loin, de belles choses, notamment la rythmique et la chanteuse, le show de ce jeune groupe sur la scène de la Cascade était un peu foutraque. Puis vint le moment fort, « Sigur Ros », fantastique groupe islandais, encore plus génial en live qu’en studio. Une voix à la résonance baroque nous a raconté l’indicible dans un langage incompréhensible. Ils n’étaient que 3, ce qui pourrait paraître juste, sauf que non ! Le chanteur jouait de la guitare avec un archet, c’était beau, divin, ça semblait venir de très loin. Mon pote Ph m’a dit qu’il serait sourd d’une oreille, et pourtant c’était « harmonieux », aérien ! Pour la rythmique, le groupe se composait d’un batteur qui jouait aussi du synthé et d’un bassiste. J’ai pris quelques extraits en vidéo avec mon smartphone que je diffuserai via Facebook car ce type de blog ne prend pas en charge les vidéos.

Frustrant certes, d’autant qu’il est quasi impossible d’apercevoir la scénographie qui était superbe. Ils ont joué nombre de morceaux de leur album Takk à infuser régulièrement, conseil de fan. Et puis, dernier concert « Massiv Attack », ils étaient 7 sur la grande scène, pas d’émotion, rien de neuf, bon, écoutez « Sigur Ros » c’est 1000 fois meilleur. Et allez les voir en concert « next time ». Indispensable.

Promenade photographique

Kusama, Nancy et mon amie C.

Yayoi Kusama est une artiste japonaise octogénaire, obsédée par les pois, et créatrice d’une « infinity room » qui se referme sur son visiteur tout en lui ouvrant des perspectives illimitées. Je me suis engouffrée à l’intérieur des quatre murs, après avoir passé le seuil de la porte, attirée par les petites diodes colorées de lumière, entourée d’eau et de miroirs.

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L’image renvoie son reflet sur d’autres miroirs et ainsi de suite. Tel l’arroseur arrosé, le photographe est pris dans son propre jeu. Narcisse est bien présent.

Cette rencontre s’est produite, de manière inattendue au musée des Beaux-Arts de Nancy, qui vaut le détour, rien que pour Emile Friant, peintre local, admiré de Philippe Claudel et de mon guide lorrain C. Ce peintre avait l’œil et le pinceau précis, vous serez emportés par les scènes de vie, et de deuil, et amoureux de ses portraits de femmes. Des toiles que pourraient jalouser nombre de photographes.

En grattant dans ma boîte crânienne, cette pièce infinie de Kusama, je l’avais déjà visitée au centre Pompidou de Paris, sans avoir goûté les mêmes saveurs qu’en Lorraine. Les objectifs avant et arrière ont tiré un fil, il fallait poursuivre, explorer, Janus, Ariane, Antigone, et la Pythie devenaient de nouveaux compagnons de voyage.

Au commencement

Une herbe folle de photo synthèse

Au printemps 2016, je me suis « chlorophyllisée », en sirotant de la photo synthèse, avec un objectif devant et un autre derrière l’oeil.

Mauvais temps, floraison ruinée par trop de grêle et de gel, les bourgeons des vignes et des arbres fruitiers avaient brûlé à peine éclos. Pour rester verticale, j’ai commencé à marcher les pieds ancrés dans le bitume, le crâne tendu vers le ciel, en regardant à 360 °. N’étant plus que sensations, je me laissais bercer par la lumière, les orteils et les yeux grand ouvert.

Tout ça c’est grâce à Antigone, qui ne s’est pas résignée, qui a fait face et s’est battue contre la pensée unique, l’excès de pouvoir, le non respect de la personne humaine, vivante ou morte. Elle a marché entre Athènes et Thèbes, pour honorer les siens, seule, contre tous, et ce chemin me faisait du pied. Je respirais en ayant conscience de mon souffle, et de mon corps. J’étais gouvernée par mon coccyx et (é)mue par le sentiment de naviguer en toute liberté.

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Quand au milieu d’un jardin parisien, j’ai déroulé le fil d’Ariane et vu se rapprocher l’espace et le temps, le mouvement et son onde, la parole et son sens, le son et son écho, le vide et le plein, l’utile et l’inutile, j’ai senti mon regard s’allonger, et mon cœur d’herbe folle devenir flottant.

Perspectives et photographie (suite)

L’autre, la BNF

D’une grande bibliothèque à l’autre, je me téléporte rue Vivienne et rencontre un maneki neko, en vitrine de l’autre côté de l’agence France Presse. Je pense à Chris Marker, à son amour pour l’Asie, les femmes, la photographie, et le mystère de ses identités, des cercles reliés à son adresse de poste restante. Je regarde son film roman photo « la jetée », photo synthèse des 3 temps d’une vie et de l’amour. C’est mon vieil ami le Docteur Jacques B. qui me l’a fait découvrir, lire, et voir, et lui aussi, fait partie de ma mythologie vivante. Sans lui, je ne connaîtrais pas Kathleen Ferrier, les nuits d’été par Régine Crespin, ou l’intégrale Ravel pour piano, entre autres.

« Chris », comme le citait Jacques a réalisé un documentaire tendre sur Simone Signoret qui aimait aussi beaucoup les chats. Sans réussir à en percer le mystère, je vous invite à lire « Chris Marker le livre impossible » de Mouroussia Vossen, qui fut une amie proche.

Dans cette rue se situe à l’arrière de l’ancienne boutique de Jean-Paul Gaultier le bar à cocktails génial de Paris, Danico, créé par un bartender doué et reconnu worldwide Nicolas de Soto. Sa carte est très originale, depuis le choix des noms des cocktails (« l’herbe est plus verte ailleurs ») en passant par leurs recettes (ils font aussi les classiques, dont un somptueux Rob Roy), sans oublier le choix des whiskies et des spiritueux jusqu’aux associations détonantes (sirop de betterave et aquavit…). Et à l’avant, Daroco, restaurant italien souvent bondé et plutôt sonore. Je vous incite à y aller l’après midi pour déguster un tiramisu de folie, les noisettes entières légèrement torréfiées apporte un goût caramélisé fondant, assorti d’un café d’une rare et belle acidité. Les serveurs portent tous des marinières, car l’ombre de JPG plane encore… et nous aussi. Et au plafond, un miroir qui occupe toute la surface sur lequel sont suspendues des lampes multiples et différentes, un endroit idéal pour la photo synthèse.

 

Perspectives et photographie

Une des grandes bibliothèques

Les ombres des passants auraient pu donner lieu à une représentation de marionnettes indonésiennes. Après deux heures, mon œil a dévissé de ses objectifs, je me sentais vidée par le niveau de concentration demandé. Heureusement, nous avons fait un break, le temps de boire un verre, et d’échanger nos regards avec des mots. Et puis nous avons suivi la marche du soleil avant de découvrir par hasard un cours de step en plein air, tout près de la bibliothèque François Mitterand. C’était joyeux, coloré, plus léger que la sortie photo car l’architecture contemporaine envahit, accapare, et parfois désintègre le regard. Je me sentais comme un petit pois de Kusama et c’était chouette d’avoir la sensation d’un début de collier de perles pour ne pas dire de petits pois !

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Horta en Alentejo

Dans le sud du Portugal, en Alentejo, si vous voulez vous reposer, à la verticale ou à l’horizontal, rendez-vous à Horta de Torrejais. C’est un havre de paix, au milieu des oliviers et des grenadiers, les hôtes ont le sens de l’accueil, ils aiment leur endroit, le cultivent bien et donnent envie d’y rester. Humeur vagabonde…

Pour en savoir plus sur Horta de Torrejais

Poésies

Histoires naturelles re-inventées

Un chat sort du trou en mangeant une aiguille. Gloups, il essaie d’en découdre. Il lance le dé qui n’abolira pas le hasard. En entendant ronronner le frigo, il ôte ses griffes. La glace fond, le chat boit du ptit lait. Une souris en tutu orange se rase puis le frôle. Elle écoute Night Fever, sa queue remue, ses orteils dansent. « Tiens une odeur familière, de fromage et de beurre. » Le rongeur esquisse un entrechat, et le minou lui lèche l’oreille. La souris sourit et le chat entonne un tcha tcha. Nos duettistes s’éloignent du frigo, la souris a mangé le mou du chat. Le chat s’en fout, il étire ses moustaches, avec panache.

Sur une étagère, une tortue en bois avance droit. Elle dépose sa carapace, elle n’a pas froid. L’hiver passe à travers le toit.

La nuit, la lune sort de sa boîte noire et travaille en quart. Puis vient l’heure de la relève, à la pointe du jour.

Dans le nid, un drôle d’oiseau s’endort. Ses semelles de plantigrade se transforment et dansent sur les pointes, en silence.