Antigonegone aphone

Antigonegone a perdu son téléphone, elle est devenue aphone.

Antigonegone est franche du collier, quand elle se présente, elle insiste sur sa qualité de francophone.

Antigonegone s’étire les neurones, elle a les nerfs, elle est « on ».

Antigonegone compte et assemble des chiffres toutes la journée, elle préférerait écrire des poèmes ou des histoires, c’est pourquoi Antigonegone.com existe.

Antigonegone aurait pu être nonne, en fait, il n’est pas trop tard, en attendant Antigone est juste gone…

Ps :

On my own Antigonegone je suis, but never alone.

From earth I look like a crazy still life. Full of energy, speed, a mix of a cat and a mouse. There is a bulb battle inside Antigonegone !

But from the ocean, I am just a mousse with a frimousse, because I am a free mousse, my Captain knows it like I know he ´s a free Captain British guy…

Là où y a de la gène, y a pas forcément de l’ADN… 

Être gauche et voter à droite.

Être adroit et voter à gauche.

Être heureux sans le savoir.

Savoir qu’on n’est pas heureux.

Là où y a de la gène, y a pas forcément de l’ADN.

Là où y a de l’ADN, y a pas forcément de la gène.

Être sens dessus dessous

Être avec ses dessous dessus

En avoir ou pas

Être surtout

Poésie hivernale

Je suis un buvard

Qui boit,

Jusqu’à l’ivresse,

Sans être avare.

Je te bois,

Le teint rosé,

Collée à un miroir,

Ton baiser s’est éteint, déposé.

Sans ailes, nue, le cœur à l’envers,

Antigonegone n’a pas peur de l’hiver,

Elle s’envole et défie les frimas

Intérieurs, la frime sous le bras.

 

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Être sage pendant l’orage 

Il est l’heure de dormir, et, dessiner m’éloigne de l’alignement des astres. Pas de vaisseau spatial, et encore moins d’orage, tout est silencieux ici bas. Je pars dans le sommeil, au pays du sage, loin de l’être tout à fait. J’esquisse quelques traits, et, en dessinant je me surprends à rêver que je le deviens. Le crayon me conduit vers l’essentiel d’un geste, à l’aide d’un doigt !

Baignade au clair de la lune

Il fait nuit, je suis nue, rafraîchie par le vent orageux,

Derrière la fenêtre, je plonge un regard brun,

Une sirène me parle du mystère abyssal,

Sa nageoire ventrale remue l’onde de ma tranquillité.

Elle s’éloigne de ma vue retenue par la brune,

Le silence prolonge sa venue,

Je me baigne dans l’ignorance de cette énigme,

Mue par la lumière de notre galaxie.

Minuit sonne, je m’endors sur les vagues,

Allongée sur les dunes, la lune m’a rhabillée.

 

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Un soleil bleu chantilly

Mon oeil court sur une plage abritée par une allée de pins marins. L’horizon est courbe, je franchis une porte imaginaire, un seuil. Un besoin irrépressible de toucher le bleu du ciel me conduit à plonger pour mieux embrasser son reflet dans une mer d’huile.

Le trait crémeux de chantilly, issu d’une poussée de fièvre du soleil qui poudroie, arrivera-t-il à déglacer, d’une main, la belle endormie ?

Sur les cailloux sertis d’un sable épais, je marche nus pieds, toute mouillée, à peine sortie de l’eau. Le sol gratte mes pieds pendant que mes yeux ne se ferment qu’à moitié. Une moitié regarde et l’autre goûte sans le voir le souvenir du temps présent. La photo est ombragée, c’est une fin de journée.

Parce que c’est le printemps

Parce que c’est le printemps, je danse avec mes talons aiguilles, en chantant sous la pluie, sur le gazon du parc voisin.

Parce que c’est le printemps, je me suis maquillée, pour incarner un clown ou devenir une femme, voire les deux en même temps.

Parce que c’est le printemps, j’écoute les cordes pincées d’un clavecin et j’entends du rock & roll.

Et puis, parce qu’il fait nuit et que je ne vois plus, je rentre pieds nus, mes chaussures dans les mains, démaquillée et dégoulinante, un chapeau rond sur la tête, en silence, juste pour entendre les bourgeons se frayer un chemin.

Entre deux

Entre deux mers, je goûterai bien un verre de Bordeaux blanc, devant la dune du Pilat.

Entre deux doutes, je convoquerai l’insolence de mes certitudes qui se moquera de tout avec inconsistance.

Entre deux moments de respiration, j’opterai pour l’apnée sans sommeil, celle de l’éveil.

Entre deux rêves, je vivrai une vie de rêve.

Entre deux êtres, je choisirai d’être, sans me couper en deux.

Entre deux avions, je volerai de mes propres ailes.

Entre deux vies, je redoublerai d’envie de vivre une nouvelle vie.

Entre deux livres, je ne me délivrerai pas du premier qui continuera de me nourrir.

Entre deux pas, je recevrai un baiser de la Reine des Pommes, ma Grany, qui me rend compote.

Entre deux eaux, je marcherai sur la mer, et deviendrai étanche.

Entre deux, je suis Antigone et Gone, celle que l’on voit et celle que l’on ne voit pas. Barbatruc barbapapa.

Point de lendemain sans deux mains reliées par un point, mais quel point et jusqu’à quel point ?

Qui suis-je ? Un cerveau des jambes et des mains reliées par un drapé de systèmes organiques et nerveux. Sans les mains pas d’écriture, ni de prise sur la vie. Pas de dessin ni de dessein. Pas de piano ni de panier. Pas de tendresse ni de caresse. Pas de bagues ni d’annulaire. Pas de protection de l’enfant ni de salut du cœur.
Haut les mains, dans les poches, sur la table, devant les yeux, sur la bouche, sans point de fuite, juste là, sans qu’on y pense, porté par le désir de chanter :

« J’ai ta main dans ma main, je joue avec tes doigts » de Charles Trénet.

Avide et Siphonnée du Débordement

Je tenais à vous présenter Siphonnée du Débordement, une amie bien née, à la personnalité extravagante. Elle ressemblait au croquis de ce récit, un auto-portrait en tous points révélateurs de son humour en mouvement (cf. l’image d’en-tête). Ainsi, à certaines occasions, elle posait un X collé sur ses lèvres car elle savait ô combien la parole était précieuse.

Siphonnée était remplie d’un amour fou pour son époux Avide, un être charmant et ténébreux. Son portrait ci-dessous l’illustre en tous points. Dans leur vie intime, le trop plein dysfonctionnait à merveille. Ils usaient de mots d’esprit pour se donner le change, et leur débat d’idées valait, à leurs yeux, tous les ébats. Ils jouissaient de la dialectique, sous une forme de délire très mince, une ivresse assumée de l’art de la conversation amoureuse, raffinée, sans cesse renouvelée.

Une nuit, après une dernière danse, soulevés par leurs pensées délicieusement contenues, ils se baignèrent, et Avide but des yeux, Siphonnée, prêt à tout pour ne pas laisser paraître ses sentiments. L’aspiration fut totale, un tsunami provoqué par le mystère de l’intranquillité d’Avide. Désormais, seul dans sa propriété du Débordement, Avide est heureux, il se moque de la raison pure car Siphonnée habite son cerveau, sa résidence principale, pour toujours.

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Nuit sous les plis ou pluie sur le nid

Le silence ronronne, la nuit agite ses moteurs, ça circule sur le périph.

Le ciel n’a d’yeux que pour la lune, il paraît que Bowie y habiterait et aurait rejoint Major Tom.

Dans la nuit sous les plis…des idées saugrenues pleuvent sur le nid.

Clown sans nez rouge

Petit clown en herbe,

Une orange à la place du nez,

Je fais des galipettes,

En allant voir et écouter des artistes.

Ma tête tourne toute seule,

En orbite entre ici et l’ailleurs.

En ce 13 novembre, je me rue, je cours du côté de l’Art, l’Art qui court les rues, l’Art tout court, l’Art de vivre, et du comment vivre.

Comment vivre quand on est clown ? En essayant d’être heureux avec ceux que l’on aime et qui vous aiment, la banane en bandoulière.

Des mots plein la bouche : pirouette ô cacahuète 

Le silence est d’or, le mot de plomb. Ou est-ce l’inverse ?

Je rêve de dessins, les mains sur l’écran ou dans les poches.

C’est le moment de s’y coller, de décoller. Les mots se dessinent, les dessins se forment, tout se confond et s’aligne.

Une flamme s’enroule et déboule, du côté de Tréboule. Pas d’esquive, je prends les mots et la bouche qui les trimballent et j’avale la vie.

Pirouette ô cacahuète

Oh My dear : de quel bois te chauffes-tu ?

Cher cerf, oh My dear,

Le deer relève de la famille des cervidés et celle ou celui qui vous est chère ou cher, your dear(est) vous rend parfois écervelé(e).

Dans les bois, l’heure est au brame, les cerfs combattent pour leur belle, et cela peut virer au drame.

Celui qui aura les plus beaux bois aura peut-être la chance de rencontrer sa belle.

Montre-moi de quel bois tu te chauffes et je te dirai qui tu es ?

My dear deer aime mon canapé, il a mis mon cache nez autour du cou. Son nez est écorché, il a le cœur léger.

Sommeil de la ligne claire

Les mots sont en vacances, le crayon est de sortie. Le marchand de sable a retrouvé sa mine du soir, son papier quadrillé et sa gomme. La tête posée sur le moelleux d’un oreiller, ses rêves suivent la ligne claire du sommeil. Plus un mot, une étoile de mer s’est endormie sur sa bouche …il navigue au fond de la mer Iroise, à moins que ce ne soit dans une baie.

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En nuit avec Antony

Le temps d’une nuit, j’ai éteint tous les bruits de Paris. J’ai soufflé sur les réverbères, et sous la protection de drôles de chouettes, j’ai marché, bras dessus bras dessous, avec mes ami(e)s du monde d’ici, d’en bas et de là-haut. Le temps était suspendu, nous étions muets parce que les mots s’étaient tus aussi. Il n’y avait pas d’ennui, juste la nuit, et l’air silencieux qui ondulait depuis la flûte de Pan. Nous avons dansé, en rythme, enveloppé par le drap de la mer de la tranquillité.

 

 

La chouette est « Chris »

Filiation cinématographique

Animal au petit bec, tout de plume,

Tu ouvres l’oeil, à 270° s, à la brune.

En quête de mammifères imprudents,

Tu cours les souris et les musareignes,

Et tout cru, les avales, privée de dents.

Sur l’écran de Chris Marker, en filigrane,

Ou dans la mythologie, tu vois sans être vue.

Sans crête, ni aigrette, l’Homme peut-il devenir chouette ?

 

 

 

Poésies

Histoires naturelles re-inventées

Un chat sort du trou en mangeant une aiguille. Gloups, il essaie d’en découdre. Il lance le dé qui n’abolira pas le hasard. En entendant ronronner le frigo, il ôte ses griffes. La glace fond, le chat boit du ptit lait. Une souris en tutu orange se rase puis le frôle. Elle écoute Night Fever, sa queue remue, ses orteils dansent. « Tiens une odeur familière, de fromage et de beurre. » Le rongeur esquisse un entrechat, et le minou lui lèche l’oreille. La souris sourit et le chat entonne un tcha tcha. Nos duettistes s’éloignent du frigo, la souris a mangé le mou du chat. Le chat s’en fout, il étire ses moustaches, avec panache.

Sur une étagère, une tortue en bois avance droit. Elle dépose sa carapace, elle n’a pas froid. L’hiver passe à travers le toit.

La nuit, la lune sort de sa boîte noire et travaille en quart. Puis vient l’heure de la relève, à la pointe du jour.

Dans le nid, un drôle d’oiseau s’endort. Ses semelles de plantigrade se transforment et dansent sur les pointes, en silence.