Sorti de son contenant, le whisky vieilli en fût de sherry rend content !

Clôturer en beauté la semaine de travail par une dégustation de whiskies entre amis et copains d’amis, ça rend ouistiti ou plutôt ça estourbit avec ou sans tourbe !

Cela faisait une éternité que je n’avais pas retrouvé ou éprouvé cette joie de la redécouverte des sens, autour d’une dégustation de whiskies, plurielle et au pluriel…, sachant que le thème était précis, vieillissement ou affinage en fut de sherry.

Je ne vous dirai pas tout ce que nous avons partagé car un compte-rendu est attendu par un des nez de la soirée ! Un nez parfumeur qui fut tout aussi enthousiaste que le picolo pas toujours saxo que je suis !

Nous avons commencé par un Royal Backla 12 yo de choix, provenant d’une boutique de la rue du 4 septembre, une sélection de Julie. Et puis nous avons poursuivi avec joie et progressé en force de fût (degré d’alcool) grâce aux contributions des uns et des autres et mangé aussi !

Nous avons relâché la pression du xérès en nous aventurant vers un Ben Nevis de chez Signatory Vintage tout en fraîcheur printanière. Enfin, parce qu’il fallait sortir par un saut de l’ange, un plongeon spirituel français, nous avons bouclé la boucle par une liqueur de prunes (quetsches et mirabelles), un produit Villetrunois et familial de 2005.

Nous nous sommes relevés sans peine de nos fauteuils ou canapé, décontenancés par tant de belles surprises olfactives et gustatives et par la forme olympique qui nous tenaient droit ! Et cerise ou fraise (car nous en avons mangées ainsi que du fromage ou du chocolat autant de belles alliances qui se marient bien avec le Whisky ) sur le gâteau, nous étions tous et toutes (Pascal et ses 5 femmes) de bonne humeur.

Étonnamment, ce matin, c’est la frite, même s’il pleut, d’ailleurs, je ne me sens pas liquide mais plus solide qu’hier. Pour être claire, sans mentir, les yeux dans les yeux, je m’apprête à chanter et danser sous la pluie, le Whisky rassemble et rend heureux ! Slainte à tous.

Comment vivre sans Whisky, c’est une question de société voire européenne et pourquoi pas planétaire ?

En ville, les arbres taillent la route

L’heure du printemps éclaire le ciel et l’horizon. Le bleu perce nos yeux et les arbres s’allègent de leur duvet hivernal. Exhibant leurs protubérances, les troncs semblent agiter leurs bras nus et leurs articulations en titane.

Je me réchauffe les mains rien qu’en regardant ce bois vivant qui  résiste au temps et qui illumine la rue et la vue. Les champs de béton en ont des frissons. Moi aussi.

Dans quelques mois, les arbres me montreront leur barbe feuillue et je leur laisserai entrevoir le duvet poilu d’Antigone en hibernation, pas décidée à cisailler avant l’été !

Sortir du cadre

Doit-on sortir du cadre ? À quoi cela sert-il ? La vie est-elle possible et libre en dehors d’une structure solide ? Quel est l’envers ou le travers du hors cadre ?

Sur cette photo, coïncidence ironique du destin, derrière le cadre qui a perdu sa toile, je rencontre des barreaux puis une cour et son immeuble. Devant le cadre vide, dans le bitume, des pissenlits ont poussé et font fi de cette ironie.

La perspective du hors cadre ne fait pas rêver et pourtant ! N’est-ce pas cela vivre, vivre sans d’autre fin que de respirer pleinement, en étant soi, libre, sans noeud, ni compression, comme ces herbes sauvages et (te)belles !

Mon œil curieux regarde et soulève le rideau des possibilités du monde. L’Art et la liberté se sont donné rendez-vous dans la rue, le musée expose l’aventure humaine et les œuvres ne sont jamais les mêmes ! Plus belles que si ce n’était pas vrai…

En Villetrunois, rencontre avec une geisha

Un été, une geisha a choisi de s’aventurer en Villetrunois. Elle arriva à bon port malgré une trumpisation de son service de géo localisation qui aurait cherché à la dérouter.

Pendant plusieurs jours, rien ne s’est passé d’important, en apparence, jusqu’au moment où, elle a disparu, nue. Elle laissa son kimono sur les têtes de blé, et ses getas sur mon lit. Ensuite, elle s’est évaporée en un battement de nageoir, telle une sirène de la mer du Japon, en mal de son milieu aquatique.

Je n’ai rien compris, sur le moment, car j’ai dû boire un Nikka from the barrel frelaté voire tout le barrel….à moins que cette geisha existe. D’ailleurs, mon esprit et mon corps sont à ses côtés, sur les quais, en attendant le shinkansen, direction Chichibu, tout près d’Hanyu. Je l’ai reconnue c’est une geisha de la route des whiskies japonais, elle était venue en Beauce pour goûter notre orge mais la Golden Promise ne fut pas à son goût…elle avait confondu l’orge avec le blé, j’en connais d’autres !

Funambule envol

D’un bout à l’autre du globe, sur un fil, une coccinelle bulle et butine. Elle regarde le sol pour accrocher la terre et en même temps, elle tire son cou vers le ciel, pour humer l’air. Toute fière, avec son flaire en boutonnière, je l’observe de dos, s’appuyant sur sa carapace ailée, tout en pointillé. Sa manière de se mouvoir la rend légère comme une danseuse étoile. Elle a des jambes de serin et des pointes noires inconnues chez Repetto. Pour s’envoler, elle gonfle son petit torse et déploie ses ailes de demoiselle avant de disparaître au loin. Tout à coup, elle réapparaît, et me fait battre la semelle. Elle franchit l’imaginaire de mon crâne et de mes cheveux. Mon amie, la bête à bon dieu a largué les amarres de mes pensées.

Bizzz zen 

La poterie japonaise de Bizen est un type de céramique qui allie des tons rouges et bruns. Elle paraît brute au 1er regard. Chaque pièce est unique. La cuisson se déroule dans un four, à 1.300 degrés celsius, qui peut contenir jusqu’à 6.000 pièces. La céramique ne revêt aucun motif ni vernis. La terre argileuse provient des rizières environnantes.

400 potiers y exercent aujourd’hui leur métier. À la fin de la seconde guerre mondiale, ils étaient moins d’une dizaine. Les 1ères poteries de Bizen datent du 12ème siècle.

Le village se situe dans la province de Okayama sur la mer intérieure de Seto. On peut y passer quelques jours au vert. Des petites maisons en pleine nature donnent à voir une vie calme. Il est possible d’y fabriquer soi-même une poterie dans la tradition d’un des 6 fours fameux du Japon.

Un jour, bien après l’ère d’Edo (ré mi fa sol la si et do), une poterie, avec un drôle de nez rouge, comme sur la photo, s’est échappée du Japon et est venue se déposer dans ma maison, pour me faire une bizzz zen sur l’oreille. Depuis, j’ai plus d’un tour dans mon sac, et pour voyager, je chausse mes pieds d’argile.

Entre deux

Entre deux mers, je goûterai bien un verre de Bordeaux blanc, devant la dune du Pilat.

Entre deux doutes, je convoquerai l’insolence de mes certitudes qui se moquera de tout avec inconsistance.

Entre deux moments de respiration, j’opterai pour l’apnée sans sommeil, celle de l’éveil.

Entre deux rêves, je vivrai une vie de rêve.

Entre deux êtres, je choisirai d’être, sans me couper en deux.

Entre deux avions, je volerai de mes propres ailes.

Entre deux vies, je redoublerai d’envie de vivre une nouvelle vie.

Entre deux livres, je ne me délivrerai pas du premier qui continuera de me nourrir.

Entre deux pas, je recevrai un baiser de la Reine des Pommes, ma Grany, qui me rend compote.

Entre deux eaux, je marcherai sur la mer, et deviendrai étanche.

Entre deux, je suis Antigone et Gone, celle que l’on voit et celle que l’on ne voit pas. Barbatruc barbapapa.

Ava rit

Pour changer, je ne parlerai pas des avaries de la ligne 13, car ce sujet ne parle qu’à ceux qui l’empruntent. D’ailleurs, y en a une, en ce moment, d’avarie…Loin du concept, nous ressemblions à des otages avariés lorsque nous avons dû nous résoudre à sortir sur le quai de Montparnasse. Pour information, cette station de métro s’affuble de la qualité de « Bienvenue ». Ouf, « sauvés », sur le quai, je revis, ravie d’être libre, libérée d’un air avarié (à prendre dans son acception contraire de « varié »,  en lien avec le « a » privatif, comme avec « agueusie » dans le film  » l’aile ou la cuisse », privation du goût…) !

Je ne parlerai pas non plus des avaries de production des centres X ou Y de nos industries. Je ne parlerai pas des viandes avariées. Ces avaries sont un aveu d’échec, pas très relatif, de nos processus et de nos modes de gestion occidentaux contemporains.

En revanche, je parlerai volontiers d’Ava Gardner, la comtesse aux pieds nus, l’amoureuse du Hollandais volant ou du Juif errant, la femme de the Voice, Frankie Sinatra, de ses yeux en amande aux reflets pourpres et de son sourire, antichambre de son rire légendaire.

Oui, quand Ava rit, ça me fait oublier toutes les avaries du monde et c’est pour cela que souvent femme varie, c’est pour s’évader, changer, évoluer, grandir, vivre, exister au-delà des modes, pour n’être que rire, libre.

Ce soir, j’ai prévu quelques âneries car quand Anne rit, Ava se marre aussi.

PS : RATP, sans vous, je n’aurai pas écrit ce billet doux … merci

Grosvenor : le pianiste britannique qui vous fait perdre le nord (ou exit le Brexit)

Benjamin Grosvenor, pianiste britannique, flanqué de 25 printemps d’English weather, le pauvre (sauf qu’à Paris l’English weather sévit aussi depuis 48 heures, un effet collatéral du Brexit, who knows…), je l’ai découvert il y a presque 3 ans, à la fin du mois d’août, alors que je séjournais à Locquirec, dans le Finistère Nord, en baie de Morlaix, dans une maison en granit, seule avec Moby Dick dans ma poche, les yeux hors de la manche. C’était par une journée pluvieuse, étonnamment (car « il ne pleut pas en Bretagne hormis sur les cons » dixit de Kersauson), j’avais envie de musique, et je me suis branchée sur France Musique(s) qui diffusait un concert du jeune pianiste, en différé de la Roque d’Anthéron, magnifique festival estival en plein air, situé dans la région d’Aix-en-Provence, entre cigales et allée de platanes. Il avait joué du Rameau, du Mendelssohn, du Bach et Gaspard de la Nuit, si ma mémoire est bonne. J’étais médusée comme une tortue échouée sur la baie, oui, j’étais bouche bée.

Depuis, je l’ai écouté et vu en concert trois fois. Tout d’abord, à la Cité de la Musique dans le concerto en sol de Ravel, il était bien mais le rayonnement n’était pas saisissant, puis à Gaveau, en solo, soirée au cours de laquelle il fut impressionnant, tant par sa virtuosité que par sa palette de coloriste aux dix pinceaux, en particulier dans le prélude, choral et fugue de César Franck, et ce matin, au TCE, dans un programme éclectique depuis la sonate K333 de Mozart, la 2ème sonate de Scriabine, des pièces extraites des Goyescas de Granados jusqu’à la Rhapsodie espagnole de Liszt, il nous a confirmé qu’il n’était que nuances, tour à tour léger et puissant, lent puis rapide, insistant ou à distance. Et, pour nous dérouiller le coccyx du siège, il a joué en bis, une oeuvre d’un compositeur de jazz russe, Nikolai Kapustin. Assurément, à la sortie du concert, Jack Lang se serait exprimé avec verve et aurait dit haut et fort : « quelle pêche, quel bel homme, tant d’élégances, et de couleurs, j’en suis encore toute étourdi. »

Enfin, après avoir déjeuné avec Anne, j’ai pris le bus, et me suis assise, par hasard, devant deux vieilles anglaises très distinguées, il ne manquait plus que les tasses de thé. Elles parlaient tout doucement. Je leur ai demandé si elles étaient en voyage, elles m’ont dit que « non » et ajouté qu’elles vivaient en France depuis 40 ans. Je leur ai parlé de l’English weather et du Brexit. Elles ont ri, et surtout, je leur ai demandé : vous vous sentez françaises ou anglaises ? Elles m’ont répondu : françaises avec un sourire radieux. Je leur ai dit alors : je suis heureuse de vous avoir rencontrées. Elles m’ont répondu : nous aussi.

Si elles avaient été au TCE, tels les deux petits vieux des Muppets Show, l’une aurait certainement murmuré à l’autre, avec un humour bien British : « oh, dear Grany, would you please give me more of Granados ». Hum, j’ai bien peur que cela ne fasse marrer que moi !

 

À Paris : pluie aujourd’hui (avec un choix citoyen plus que cornélien para ou pari pluie)

15h, rassemblement cet après-midi au Trocadéro, des pro-fillonistes vont venir se mouiller pour leur candidat noyé par ses mensonges et son inconstance, et pendant ce temps d’autres militants se retrouveront à la Place de la République pour réunir leur soif en la construction d’un monde meilleur, une terre sans frontière, ouverte aux citoyens du monde.

Faut-il se battre pour un homme médiocre ou des idées nobles ? Dans tous les cas, il convient d’assécher certaines idées avant qu’elles ne moisissent et ne dégagent des gaz nauséabonds.

Voilà le pari, le pari pluie d’aujourd’hui et la pluie à Paris, ça vaut le détour. Imaginez un petit coup de parapluie dans les fesses, pour se remuer, sans poison à la Bulgare, juste une pic et poc et ratatam, qui stimule pour voir et croire en nous, c’est énorme …

 Allez libérez vos baleines de parapluie ! Et venez à Paris Plage !

Miroitement sous la pluie

Sortir sans son parapluie aujourd’hui, à Paris, c’est un peu osé, moins toutefois que de sortir avec son tartan ou son longi sans culotte. Donc, je prends la pluie, de pied en cap, goûtant ses perles et son jus rafraîchissant et puis, je me dis, c’est amusant d’être mouillé.

L’onde de l’Inde bouge ma colonne vertébrale, je le sens, l’onde me plonge loin dans d’autres contrées inconnues de l’humain. 

Je ne suis pas en marche comme Macron, je suis plutôt en route à la mode des micro êtres vivants. J’avance avec les puces, les fourmis et les araignées ou les cafards. Je vais à une autre vitesse, le matin, j’émerge lentement. Je ne sais pas si les petits pas me rapprochent des petites choses et du vivant végétal et animal, ce qui est sûr c’est que je ne vois plus pareil, de l’infiniment petit à l’infiniment grand.

Le flux l’influx du sang, le rythme de ma respiration, de mes battements de cœur, et de ma pensée, tout diffère. J’observe cela depuis aujourd’hui comme une béance nouvelle, une curiosité à investiguer, un monde nouveau qui s’ouvre et me tend les bras.

Je goûte la vie, le cul déposé plus que posé, la tête ancrée plus qu’agitée et le corps léger aérien plus que lourd et terrestre.

Je ne sais pas si c’est normal ou pas, je le reçois ainsi, je ne le prends pas ce changement, il me saisit.

Je crois que je vis une nouvelle vie, les reflets du miroir sont multiples et infinis, j’entends que tout est possible, les chemins appellent des rencontres, le ressac est venu dans mon sac, et l’horizon n’est jamais le même. N’est-ce pas Mon Captain ?

Araignée du soir au BBI retreat : même pas peur, je me suis prise pour Peter Parker !

L’araignée d’une taille inhabituelle dans nos contrées hexagonales, que vous pouvez observer sur la photo à la une, aimait jouer à cache cache sur le damier des toilettes du BBI retreat. Confortablement installée sur la lunette des toilettes, je n’avais pas besoin de mettre les miennes de lunettes pour observer que la belle, légèrement velue, ne m’en voulait pas d’être là, à lui damer le pion. J’essayais de ne pas tourner en rond, de me concentrer sur mon objet premier mais c’était difficile. Je respirais en apnée, espérant me transformer en Spiderman, après une piqure imaginaire de la bête. J’attends toujours la métamorphose, je me contenterai d’endosser le rôle du photographe maladroit, Peter Parker.

Cette nuit, je deviens chèvre, de la race des caprins cabotins

Sur quatre pattes, je fais la salutation à la lune, car il n’y a rien de plus beau en yoga. Et puis, quoi de plus fascinant que les planètes, les étoiles et la lune ? Peut-être qu’il existe d’autres êtres vivants là-bas, sur ces sept planètes tournant autour d’une étoile appelée  » Trappist-1  » que des scientifiques viennent de découvrir grâce à un télescope du même nom. Cette étoile, plus petite que notre soleil, se situe dans la constellation du Verseau, à environ 40 années lumière de notre planète. Cela paraît très loin, mais notre galaxie est tellement grande que c’est un peu comme si Trappist-1 était dans la rue d’à côté !

Je prends ma tisane, mon pisse mémé, et je décolle, les pieds en éventail, la houppette en guise de licorne, installée à bord d’une soucoupe volante de la ligne 13, en direction de ces planètes inconnues. En pilotage automatique, je ferme les yeux, et quand je les ouvre je ne rêve que de lune, de ta lune, de ton « au clair de la lune », et de ces rêves-là, je veux bien en manger, et ne jamais en être rassasiée…Cette nuit, je deviens chèvre, le museau plein d’herbe, légère comme une plume au vent, la banane au milieu des dents, en chantant un air de caprin cabotin.

 

La nation du sourire et du mouvement

Les plus beaux sourires, je les ai croisés en Inde, dans le Kerala. Le sourire n’est pas donné sur commande, au contraire, car lorsque la photo est posée, et s’apparente à un exercice imposé, officiel, les Indiens ne sourient pas, ils semblent pétrifiés. Peut-être que ça ne se fait pas de sourire devant l’objectif (et encore moins de montrer les dents), la pause semble d’autant plus crispée.

A contrario, lorsque je me baladais avec mon appareil, certains Indiens m’ont offert un sourire, un vrai sourire, complice, de connivence, sans d’autre envie que de s’amuser ou juste de se laisser faire, sans être figé, mais dans le mouvement.

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Raoul, le petit poussin

Je ne me souviens pas du prénom de ce petit garçon, au caractère trempé, qui aimait jouer, dans une agitation continue, hormis à quelques instants comme celui-ci. C’est un des deux fils d’un membre de l’équipe qui travaille au BBI. Je l’appelle « Raoul, le petit poussin » pour l’histoire, car le prénom est laid et ne chante pas, tout le contraire de cet enfant qui ne ressemble pas à un petit poussin non plus mais à un enfant lion.

Il semblait ailleurs, et concentré, lorsqu’il faisait rouler sur son axe une des roues de son camion orange et bleu. Et, puis, tout à coup, il déboulait et venait embêter son grand frère. Et, puis c’était moi qu’il venait taquiner. Il voulait prendre des photos, alors je lui ai confié mon appareil. C’était flou, mais c’était un beau moment. On se comprenait dans nos langues respectives.

 

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L’automne indien c’est mieux que l’été

Pas de feuilles sans arbres, pas d’écritures sans feuilles. Il paraît qu’un arbre produirait 8 000 feuilles de papier. Petit exercice du dimanche soir : combien économisez-vous de feuilles de papier et d’arbres si vous écrivez sur un blog, un article, par jour, pendant une vie d’adulte, dont l’espérance de vie est calée sur la moyenne des pays occidentaux ? Vous avez 5 minutes !

En Inde, et ici, j’aime déambuler au milieu des arbres, j’aime leur compagnie ainsi que celle des branches, de leurs feuilles et de la page blanche sur un cahier. Quoi de plus beau que les arbres ? Ils s’enracinent dans la terre et s’étirent vers le ciel, la lune, le soleil, les étoiles. Feuillus, ou nus, regardez-les sous toutes les coutures, jusqu’à leurs feuilles colorées, mordorées, jamais les mêmes, comme autant de bagues ou de bracelets célébrant la sève et la photosynthèse.

Ce soir, je vais m’endormir comme un arbre, et je vais laisser la lune faire son travail de photosynthèse, on ne sait jamais, demain matin, je serai peut-être feuillue !

 

Dans ma chambre noire, y a de la lumière !

Les images ne seraient pas sages, les images seraient un passage, secret et mystérieux, d’ici et maintenant, vers l’après et l’au-delà.

Au détour de lignes géométriques, de vagues et d’ondes, de visages et de paysages, au contact de la lumière et des ombres, les images surgissent et dialoguent avec le vivant, pour mieux conjurer l’impermanence des choses.

Grâce à la photographie, l’oeil bouge et fait bouger le corps et l’âme en même temps. Ainsi, la pupille flirte tantôt avec le verbe être, l’existence, la romance, tantôt avec leur contraire, et passe du sujet à l’objet, ou du ying au yang, et inversement.

L’oeil n’est pas que réflexion, il est aussi libre, libre de se mouvoir et de voir, de pousser la porte, de caresser du regard ce qui est, et qui ne se voit pas toujours au premier regard ou ce qui n’est plus. C’est comme pour un massage, ou avant une séance de tir à l’arc, le photographe doit apprendre à se détendre, mettre son oeil à nu, se dépoussiérer la cornée, avec une fleur d’oranger, et un battement d’aile de papillon. Puis, sans y penser, il est recommandé de faire un pas de côté, hors champ, et de sortir de l’axe du face à face, en vue de se rapprocher de l’Autre, et de briser le miroir derrière lequel il se protège. Sans que ce soit conscient, il s’agit pour le photographe de s’effacer, de se faire oublier, et en même temps, d’être, on ne plus présent, de tendre la main, de tisser un lien fort vers l’Autre, si fort qu’il ne se voit pas, invisible et pourtant présent, ancré. Une photographie altruiste, et non intrusive.

Entre deux instants de respiration, j’inspire, je capte le réel, j’emmagasine avec ma pupille l’image qui étincelle le regard, j’ouvre l’obturateur et l’Autre se réfléchit sur mon capteur, et puis, j’opère les réglages, la profondeur de champ, la lumière, le cadrage, et je ne sais pas ce que je fais, je le fais, je ne réfléchis pas. Je me laisse happer par le mystère de la chambre noire qui me tire derrière la porte et me laisse entrevoir son secret. Je deviens muette, ma respiration est comme suspendue, comme si je tenais la position de l’arbre en Gi Gonq. Je sens l’action et le mouvement de la scène, je ferme l’obturateur, la captation m’a rapprochée de l’éternité, je souris et j’expire.

 

 

Nuit celtique à la Philharmonie : le Brexit en slip !

S’il ne devait rester qu’une Europe ce serait l’Europe culturelle, celle de Goethe, de Lord Byron, de Casanova et de Mozart et de tant d’autres encore. Ce soir, de 20h30 à 1h du matin, 3 groupes viennent nous parler d’une langue commune possible, le Gaëlic, qui remonte à l’époque de l’invasion celte il y a plus de 3.000 ans.

Tout d’abord, les frères Lynch de Dublin, un quatuor, cornemuse, guitare, violon, concertina…

Puis Julie Fowlis une Écossaise des Hébrides, entourée de deux Irlandais et d’un Écossais. Elle est une Mc Donald et son compatriote un Stewart. Pas de guerre des clans ce soir ! Elle a utilisé un instrument indien, comme une boîte qu’elle ouvrait et qui faisait office de soufflet. Je chercherai le nom.

Enfin the Gloaming, des Irlandais, deux violonistes de style différent, un guitariste, un pianiste (exceptionnel) et un chanteur organiste. Leur rythmique était monstrueusement géniale et extraordinaire. Nous avions le demon de la danse en nous, sarabande, bourrée,…Bach n’était pas loin.

Une merveille que ces groupes qui font revivre des chants qui ont entre 5000 et 50 ans. Ils ont repris Blackbird des Beatles en gaelic c’était grandiose.

L’Europe existe, je l’ai entendue, Theresa May doit être sourde, et n’avoir aucune connaissance approfondie de ses origines.

Les extrêmes c’est nier ce que l’on est, l’Europe c’est affirmer un sens commun de l’humanité et en être fier. Qu’est-ce que ça fait du bien ! L’espoir résonne, tout n’est que conversation musicale ce soir à la Philharmonie et la nuit sera celtique ou ne sera pas !

Un jus qui m’a eue !

À l’avant-comptoir, côté mer et poissons, rue de l’Odeon, domaine d’Yves Camdeborde, je me régale.

Ce midi, une huître à l’oseille et ponzu puis chipirons et épeautre à l’encre et « en dessert » tartare de thon framboise sarrazin coriandre. Beurre de chez Bordier, pain de Poujauran et vins blancs de Dufaitre, un chardonnay Beaujolais puis Tessier un Romorantin à Cour-Cheverny. C’est immense, énorme, une tuerie. Et toujours un moment de grande émotion et une émulsion des sens. Saucer waouh c’est quelque chose…Bon appétit !

Evasion : ceci n’est pas Antilope Canyon !

Un matin, au petit déjeuner du BBI retreat, le soleil me chauffait les fesses et le dessous des cuisses. Je portais un pantalon en toile de coton, de couleur jaune, et mon oeil partait en vrille tout seul, lorsqu’il s’est égaré sur cette ouverture, vue d’en haut, qui n’était autre que mon assise et son écartement. La photo est étrange, une promesse d’évasion, un début de voyage, bien loin d’Antilope Canyon, une merveille de dentelle de corrosion naturelle, non visible sur terre, mais accessible sous terre, résultat de l’oeuvre du temps sur des centaines millions d’années, sise dans les grands parcs US tout près du Lake Powell. On n’est bien sûr pas sur les mêmes dimensions et encore moins sur la même ivresse de beauté. Le rapprochement m’a fait croire à une hallucination possible, le syndrome de Stendhal n’était pas loin, rien qu’après un cours de Gi Gonq et un jus de fruit goyave…A ne pas confondre avec le désert de Mohave !

De l’huile de sésame plein les cheveux

Jamais je n’ai eu les cheveux aussi gras de mon existence. Des litres d’huile ont massé mon cuir chevelu et recouvert mes cheveux pour le bienfait de mes racines et calmer l’effervescence souterraine. Pour les rincer, tous les jours, pas moins de deux émulsions avec une crème de pois chiche et du vrai shampooing et malgré tout, l’huile restait encore visible. J’étais plutôt crapouette aux yeux de l’Occident mais j’aimais bien, surtout, que c’était impossible d’avoir des noeuds dans les cheveux. Au petit matin, le peigne glissait et cela a duré 7 jours. Et je ne parlerai pas de mes pieds, huilés, terreux, crasseux.

Hum, Aneth la crapouette avait délaissé sa douche bouillante pour des seaux d’eau tiède ou froide. C’était plus rudimentaire, mais pas spartiate, juste un retour aux sources, qui fait du bien. Allez mettez de l’huile, ça donne la frite et ça calme côté frime !

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Ma copine indienne

Le Kerala est une région à part de l’Inde. Plus de femmes que d’hommes, moins d’enfants par foyer, une espérance de vie supérieure, une scolarisation généralisée, moins de problème de castes et une cohabitation pacifique entre les religions et enfin, un territoire couvert à 30% de forêts.

La nature y est abondante, luxuriante, 1300 espèces d’oiseaux et parmi eux, ma copine indienne, l’aigrette. Je ne pouvais m’empêcher de lui emboîter le pas, quand elle apparaissait par enchantement entre deux arbres, ou sortait la tête d’un massif de feuillages, elle qui ne chante pas, et qui, avec élégance, narguait le chat et les chiens.

Son petit corps mobile et gracile me piquait au jeu, j’aimais la regarder, sans qu’elle ne me voit. Je me demandais jusqu’à quelle distance puis-je me rapprocher d’elle ? Quand j’étais très près, je me transformais en arbre, grâce à la posture du même nom du Gi Gonq, et par mimétisme, j’observais mes ergots terreux, crasseux, et j’attendais qu’elle s’éloigne un peu. Nous faisions un petit bout de promenade ensemble, en conservant la distance qui entretient le mystère et l’attirance. Et puis, parce qu’il fallait être raisonnable et retourner à sa solitude première, l’une, ma copine l’aigrette, bifurquait du côté de backwaters, pour mieux prendre son envol et retrouver la mer et sa nourriture iodée, et l’autre, moi, continuait d’épouser la terre, et de s’ancrer en ouvrant ses ailes poilues vers le ciel.

Dormir sur ses 4 oreilles

Depuis le ponton du BBI retreat, les feuilles se reflètent sur l’onde à la surface de l’eau. Après une rencontre lunaire avec un petit lutin indien, en rêve, je me suis replongée dans cette scène du reflet, à la Narcisse. En parlant de scène, rien à voir avec la nôtre de Seine, dont la pari de Chirac n’a pas été tenu, de pouvoir s’y plonger en toute sécurité sanitaire, mais Paris est toujours là.

J’avais l’intention ferme de dormir sur mes 4 oreilles, composées de mes 2 ouïes habituelles, de mon coccxys et de mon 3ème oeil. Et splatch, 5h de sommeil, à peine, et me voilà on ze foot.

Je ne revisite pas mon voyage, il me visite, sans que je ne vienne lui dire « knock knock ». Ce que je retiens avant tout de l’Inde, c’est ce sentiment de fluidité du présent dans la vie et de la vie dans le présent, d’une sensation d’être de passage comme si c’était un moment d’éternité sans cesse renouvelé.

Je suis mue par une conscience pleine de respiration. Je vois, j’écoute, j’observe une mutation du dedans qui englobe le reste ou du reste qui ne fait qu’un avec le dedans.

Comment ne pas rentrer transformée ?

Ecoutez les sons de la nature et les chants des oiseaux qui font écho aux prières des différentes religions, et votre ouïe malaxera toutes ces notes sans trop savoir si le silence est là pour ponctuer la vie ou pour préparer autre chose.

Goûtez les saveurs et la fraicheur des légumes, des épices, des fruits frais ou confits, et l’alchimie de la composition de leurs plats, qui finissent par exploser en bouche. Le nez, et votre appareil digestif seront mis à contribution car manger en dégustant rapproche du jardinier et du cuisinier, loin de la démonstration, et de l’exercice de style.

Ouvrez votre regard, découvrez la nature, la ville et les Hommes dans leur environnement, leur manière d’être et de respirer, de marcher, d’entrer en contact avec vous, et vos trois yeux verront autrement, derrière les apparences, et le visible.

Légère et profonde, ancrée et aérienne, la vie s’insinue et nous stimule en Inde. On y devient vivant, en effleurant par petites touches, l’être, l’être soi. Car, jour et nuit, nous sommes en éveil, on apprend à devenir ce que l’on est, et à dépasser les contraintes imaginaires du temps, et de l’espace. On est saisi par une évidence, l’évidence de vivre sa vie comme un don, à prendre en son entier, comme si tout pouvait s’arrêter en 1 fraction de seconde.

Ouvrons nos sens, c’est maintenant que ça se passe, l’éveil ça passe aussi par les 4 oreilles.

 

 

La vie en rose, ça n’existe pas que dans la chanson

Assise sur mon triporteur à pédale, je navigue loin d’ici, à la recherche d’épices, curry, gingembre, cardamome, et poivre noir; j’erre sous la lune rose, amoureuse du  sari (et) de l’inconnue que j’ai photographiée sur le pas de sa maison, à côté de la fabrique de tissus, près de Chendamangalam.

Etait-ce un mirage que cette femme, si douce, avec laquelle j’ai échangé et qui semblait être venue sur terre pour sourire au monde et nous donner à voir son regard apaisé. Je me questionne, la vie en rose, serait-ce une pure vision de l’esprit ? C’est comme la photographie, un bon capteur ne permet pas de voir, il capte, or voir c’est avoir les yeux mobiles, le coeur en liberté, et les pieds légers, les orteils non alignés dans la chaussette.

Quand l’angle de la photographie est plat, le sourire est grand, et les 7m de sari pourraient être confondus avec le fil d’Ariane.  Thésée n’a pas peur du Minotaure, porté par l’allégresse, il en vient à bout. Comme dans la mythologie, j’ose croire dans la vie en rose, car les épices ça fait bouger le sang, et les fesses.

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Pagaie, faut voir !

L’être humain que je suis pagaie le jour sur des eaux plus ou moins calmes. Gaie ou pas gaie, gay ou pas gay, faut voir. L’important est de pagayer pour suivre les mouvements de l’eau sans se laisser entraîner par les courants, quels qu’ils soient, surtout l’uniformisation des courants de pensée, cette facilité qui concourt à se faire porter par la masse dite humaine, relayée par des media qui ne pratiquent plus le vrai débat ou à la dialectique car ils ne s’intéressent plus à la liberté de pensée.

Je pagaie et je regarde l’horizon, les rives et la dérive de l’embarcation. Je sens, la vie, qui glisse comme la barque sur le temps et l’espace. Je suis debout et je regarde pour voir, j’écoute pour entendre, et j’avance tout entier, dans le monde qui bouge, qui tremble, qui se redéfinit sans cesse comme le pagayeur que je suis.

 

Cuisine divine au royaume des épices

Au petit déjeuner : jus de fruits frais (pastèque, papaye, goyave, ananas, banane, coco…) et pancake au miel. Puis, vermicelle de coco, ou farines de riz et de coco à mélanger à une banane ou une crème à base de coco avec la main droite.

Au déjeuner : une galette comme sur la photo, un riz complet de gros calibre, assorti de légumes épicés de type massala, ou haricots verts mais pas comme les nôtres. Et en dessert, une salade ou une compote de fruits du jacquier, de papaye, d’ananas, de coco, de banane…

Au goûter : un lassi (lait fermenté et jus de fruits), ou un jus de coco fraîchement cueillie et sa gélatine dans l’intérieur de la coque, ou une banane confite ou une boulette de coco

Au dîner : une soupe de légumes,  une assiette de crudités (céleris branche et rave, tomates, concombre…) sans assaisonnement hormis un trait de citron et une poignée de sel, un riz fin et un accompagnement de légumes épicés. En guise de pain, une crêpe indienne (chapati). Et en dessert, une compote de fruits frais, ou une crème sublimée par des morceaux de coco, des graines de cardamome ou du gingembre.

Le BBI retreat est digne d’un 3 macarons au Michelin.Deepan et la chef assurent.

La fée électricité a les cheveux emmêlés mais pas que !

En Inde, les coupures d’électricité sont quotidiennes, le délestage un usage intégré dans les mentalités. Sur la table de massage on passe facilement de la bougie au néon, ça réveille !

Pour traiter en partie le sujet, ils laissent de côté le problème de qualité de leur réseau de distribution et investissent en priorité sur l’énergie solaire. Ainsi l’aéroport de Cochin est le 1er aéroport au monde à fonctionner grâce aux panneaux solaires.

Vous aurez noté que sur la photo, mise en avant de cet article, dans la cuisine du BBI retreat, on était loin de l’éclairage « pleins feux » au-dessus de la tête. Peut-être est-ce le secret d’une cuisine savoureuse, se laisser guider par les odeurs plus que par les formes les couleurs ou la mise en place ?

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Le rayonnement de la jeunesse indienne 

Rencontré dans une cour d’école, au sein du BBI retreat ou sur un terrain de foot, le visage de la jeunesse indienne respire et inspire l’envie de vivre.

Le kitsch religieux touche aussi la représentation de l’art chrétien en Inde

Vishnu, Krishna autant de divinités hindoues représentées sous des symboles et un apparat kitsch aux yeux des occidentaux. Mais le catholicisme indien revêt aussi son lot de kitsch. C’est comme si Bollywood s’était invité dans les Églises, suivez-moi…Il y aussi un côté SF dans la manière d’ériger une croix, on est loin du calvaire breton ! Enfin, pour sourire encore un peu, par le granit et de manière gratinée autant de manières respectables d’exprimer sa foi dans un ou plusieurs dieux ou divinités.

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Endroits insolites du BBI retreat

Recoins pas des plus visibles, pourtant ceux que j’aimais visiter et revoir.

 

 

Le jardin extraordinaire et le bras de mer des marins de backwaters

Au lever du jour, sous le soleil ou à la tombée de la nuit, le jardin du BBI retreat m’émerveillait et l’eau de backwaters silencieuse ou véhicule de marins, pêcheurs et/ou rêveurs me fascinait. En voici un aperçu.

 

Portraits sur le vif : en ville et à la campagne

En marchant ici ou là, je n’avais pas toujours d’appareil photo autour du cou. Parfois, je me disais, ah, j’aurais aimé capter ce moment ou cet inconnu et puis, à d’autres instants, la caméra a suivi mon oeil d’où ces portraits sur le vif.

 

 

 

1ère soirée : fête en l’honneur de Krishna

A peine arrivée au BBI retreat, vers 15h30, le samedi 11 février, je fais connaissance avec Sylvie, ma roomate, le reste du groupe et l’équipe du BBI retreat au complet. Puis vers 18h, nous nous dirigeons vers le temple situé à 10 min à pied, qui fête Krishna et là, c’est le feu d’artifices au propre et au figuré…Côté kitsch, c’est juste énorme !

 

 

 

Autres photos de groupes : la dream team du BBI retreat

À gauche, Géraldine, la femme de Deepan, qui a conçu ce lieu et qui va enseigner la philosophie à des enfants dans une école en cours de construction sur le BBI retreat.

Géraldine, qui a rencontré Deepan il y a 6 ans, étudie les textes, enseigne l’anglais aux enfants du village, co-gère le lieu avec Deepan.

Nanou petit lion au pull rayé enfant de Géraldine et de Deepan

Ensuite, Shalini masseuse et décoratrice de nos tables de repas.

Derrière, Mani, le magnifique.

Puis, une cuisinière, femme de ménage, au doux sourire.

Et enfin, l’espiègle chef qui a réalisé des plats extraordinaires sur des créations de Deepan et d’elle.

D’autres portraits suivront, mais ce ne seront pas des photos de groupes.

Massages et soins ayurvédiques : à quand une médecine à l’écoute de notre corps et de notre âme en France, loin des lobbies pharmaceutiques ?

Pour comprendre, je vous invite à regarder les photos des 3 masseuses « soigneuses » très jeunes, à l’orée de leurs 20 ans, très professionnelles, dotées d’une maîtrise des gestes et d’une force incroyable vu le gabarit de 2 d’entre elles.

Un rituel de soins et de massages, suivi scrupuleusement mais adapté en fonction de la personne massée et de la masseuse. Pour commencer, elle me massait la tête, le cuir chevelu, et me tapotait sur la tête avec ses mains. Ensuite, je m’allongeais sur une table en bois, bien dure, et là, s’enchaînait une succession de massages et de soins. Avec une crème ayurvédique, elle massait avec délicatesse toutes les surfaces de mon visage y compris les paupières puis venaient le moment du corps, et l’usage d’une l’huile de sésame tiède, préparée à l’extérieur dans un chaudron magique, et complétée  de décoctions de plantes choisies par la toubib spécialisée en médecine ayurvédique, diplômée après 8 ans d’études supplémentaires.

Et puis, il y avait ces 2 grands moments au cours desquels elle utilisait des pochons d’herbes enduits d’huile pour me réveiller  et tapoter les tissus et me masser avec sur tout le corps (panda swedhana) suivi d’un massage du front grâce à un filet continu d’huile chaude (shirodara) qui s’écoulait d’un pot de terre, accroché au-dessus de nos têtes. Je n’ai jamais eu les cheveux aussi gras de ma vie ! Et on se douchait avec une cup et des seaux d’eau qu’elles avaient préparées. Enfin, nous nous essuyons avec une petite serviette en coton léger. Et à la fin de l’heure et demie quotidienne, elle nous offrait un verre d’eau et nous mettait une poudre de perlimpinpin sur la tête.

Shalini, ma masseuse de 21 ans déjà présente, au BBI retreat, il y a un an, avait de toutes petites mains, elle semblait légère comme une herbe mais elle savait infuser l’huile et les plantes et je crois que de tels soins devraient remplacer ceux de nos médecins et de nos pharmaciens. A quand l’ayurvéda comme discipline de médecine de référence en France ?

La toubib nous a reçus le 1er jour, prise de tension, et écoute au stéthoscope du rythme cardiaque. De là, elle demandait comment on allait, nos maux. Et elle adaptait les types de plantes dans les pochons. Certains d’entre nous avaient aussi des compléments de plantes sous forme de gélule ou liquide à ingérer aux repas du matin et du soir. Apparemment ce n’était pas bon du tout !

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La danse du balai, un ballet qui vaut Garnier

Au BBI retreat, chaque membre de l’équipage joue de plusieurs instruments, une cuisinière fait aussi le ménage, un pagayeur s’occupe des arbres et des noix de coco, une masseuse spécialisée dans les soins ayurvédiques dresse  et fleurit les tables.

Extraits de ballets usant de différentes formes de balais.

 

 

Fresques et pochoirs au BBI retreat

A l’office, les divinités et symboles hindouistes s’invitaient sur les murs sous forme de fresques. Et dans les bungalows, les ornementations des chambres et des portes d’entrée retenaient l’oeil. Je n’ai pu résister à l’envie de vous en rapporter quelques détails.

En format scénographique, ça donne ceci.

Sortir de l’île ou comment s’échapper par les échoppes 

A deux reprises, je suis sortie du Big Banana Island Retreat, soit nous avons traversé le bras du fleuve soit nous sommes allée dans la plus grand ville à proximité à Parur.

Reportage photos :

A Parur, nous y avons été transbahutés en rickshaw, également appelé tuc tuc (triporteur), équipé de 3 places à l’arrière et de représentations kitsch de divinités religieuses sur le tableau de bord.

0/ J’ail filmé la balade en tuc tuc du BBI retreat à Parur, un truc de dingue, on y retrouve bien l’atmosphère, les sons, les images, les sensations hormis le mal aux fesses (cf. Facebook).

1/ Avant d’arriver à Parur, nous avons visité une usine de tissage, une splendeur pour les yeux et les oreilles. Les femmes étaient de toute beauté et leurs ouvrages aussi, usant avec facilité des métiers à tisser comme si c’était des orgues d’église…Là aussi, cf. vidéo à venir sur Facebook.