Un drôle de paroissien

Un quadrupède mystique

Qu’était-il venu chercher dans ce lieu de culte ? Il attendait un signe (de son maître amateur des vitraux lumineux de Chagall de la Cathédrale St Étienne de Metz).

 

 

ROCK EN SEINE le retour

Sigur Ros mémorable

Hier soir, ça cognait fort à St Cloud. Pas un monde de fou, juste des doux dingues de musiques. Kronenbourg avait l’exclusivité des stands d’alcool, et puis Pommery une petite buvette pour les vieux comme Ph et moi ! On y a a fait un tour mais la bière ça désaltère davantage !

Au programme de la soirée « la Femme » un groupe français un peu barré, qui sonne très 80’s, Taxi Girl n’est pas loin, de belles choses, notamment la rythmique et la chanteuse, le show de ce jeune groupe sur la scène de la Cascade était un peu foutraque. Puis vint le moment fort, « Sigur Ros », fantastique groupe islandais, encore plus génial en live qu’en studio. Une voix à la résonance baroque nous a raconté l’indicible dans un langage incompréhensible. Ils n’étaient que 3, ce qui pourrait paraître juste, sauf que non ! Le chanteur jouait de la guitare avec un archet, c’était beau, divin, ça semblait venir de très loin. Mon pote Ph m’a dit qu’il serait sourd d’une oreille, et pourtant c’était « harmonieux », aérien ! Pour la rythmique, le groupe se composait d’un batteur qui jouait aussi du synthé et d’un bassiste. J’ai pris quelques extraits en vidéo avec mon smartphone que je diffuserai via Facebook car ce type de blog ne prend pas en charge les vidéos.

Frustrant certes, d’autant qu’il est quasi impossible d’apercevoir la scénographie qui était superbe. Ils ont joué nombre de morceaux de leur album Takk à infuser régulièrement, conseil de fan. Et puis, dernier concert « Massiv Attack », ils étaient 7 sur la grande scène, pas d’émotion, rien de neuf, bon, écoutez « Sigur Ros » c’est 1000 fois meilleur. Et allez les voir en concert « next time ». Indispensable.

Promenade photographique

Kusama, Nancy et mon amie C.

Yayoi Kusama est une artiste japonaise octogénaire, obsédée par les pois, et créatrice d’une « infinity room » qui se referme sur son visiteur tout en lui ouvrant des perspectives illimitées. Je me suis engouffrée à l’intérieur des quatre murs, après avoir passé le seuil de la porte, attirée par les petites diodes colorées de lumière, entourée d’eau et de miroirs.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
OLYMPUS DIGITAL CAMERA

L’image renvoie son reflet sur d’autres miroirs et ainsi de suite. Tel l’arroseur arrosé, le photographe est pris dans son propre jeu. Narcisse est bien présent.

Cette rencontre s’est produite, de manière inattendue au musée des Beaux-Arts de Nancy, qui vaut le détour, rien que pour Emile Friant, peintre local, admiré de Philippe Claudel et de mon guide lorrain C. Ce peintre avait l’œil et le pinceau précis, vous serez emportés par les scènes de vie, et de deuil, et amoureux de ses portraits de femmes. Des toiles que pourraient jalouser nombre de photographes.

En grattant dans ma boîte crânienne, cette pièce infinie de Kusama, je l’avais déjà visitée au centre Pompidou de Paris, sans avoir goûté les mêmes saveurs qu’en Lorraine. Les objectifs avant et arrière ont tiré un fil, il fallait poursuivre, explorer, Janus, Ariane, Antigone, et la Pythie devenaient de nouveaux compagnons de voyage.

Au commencement

Une herbe folle de photo synthèse

Au printemps 2016, je me suis « chlorophyllisée », en sirotant de la photo synthèse, avec un objectif devant et un autre derrière l’oeil.

Mauvais temps, floraison ruinée par trop de grêle et de gel, les bourgeons des vignes et des arbres fruitiers avaient brûlé à peine éclos. Pour rester verticale, j’ai commencé à marcher les pieds ancrés dans le bitume, le crâne tendu vers le ciel, en regardant à 360 °. N’étant plus que sensations, je me laissais bercer par la lumière, les orteils et les yeux grand ouvert.

Tout ça c’est grâce à Antigone, qui ne s’est pas résignée, qui a fait face et s’est battue contre la pensée unique, l’excès de pouvoir, le non respect de la personne humaine, vivante ou morte. Elle a marché entre Athènes et Thèbes, pour honorer les siens, seule, contre tous, et ce chemin me faisait du pied. Je respirais en ayant conscience de mon souffle, et de mon corps. J’étais gouvernée par mon coccyx et (é)mue par le sentiment de naviguer en toute liberté.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA
OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Quand au milieu d’un jardin parisien, j’ai déroulé le fil d’Ariane et vu se rapprocher l’espace et le temps, le mouvement et son onde, la parole et son sens, le son et son écho, le vide et le plein, l’utile et l’inutile, j’ai senti mon regard s’allonger, et mon cœur d’herbe folle devenir flottant.

Perspectives et photographie (suite)

L’autre, la BNF

D’une grande bibliothèque à l’autre, je me téléporte rue Vivienne et rencontre un maneki neko, en vitrine de l’autre côté de l’agence France Presse. Je pense à Chris Marker, à son amour pour l’Asie, les femmes, la photographie, et le mystère de ses identités, des cercles reliés à son adresse de poste restante. Je regarde son film roman photo « la jetée », photo synthèse des 3 temps d’une vie et de l’amour. C’est mon vieil ami le Docteur Jacques B. qui me l’a fait découvrir, lire, et voir, et lui aussi, fait partie de ma mythologie vivante. Sans lui, je ne connaîtrais pas Kathleen Ferrier, les nuits d’été par Régine Crespin, ou l’intégrale Ravel pour piano, entre autres.

« Chris », comme le citait Jacques a réalisé un documentaire tendre sur Simone Signoret qui aimait aussi beaucoup les chats. Sans réussir à en percer le mystère, je vous invite à lire « Chris Marker le livre impossible » de Mouroussia Vossen, qui fut une amie proche.

Dans cette rue se situe à l’arrière de l’ancienne boutique de Jean-Paul Gaultier le bar à cocktails génial de Paris, Danico, créé par un bartender doué et reconnu worldwide Nicolas de Soto. Sa carte est très originale, depuis le choix des noms des cocktails (« l’herbe est plus verte ailleurs ») en passant par leurs recettes (ils font aussi les classiques, dont un somptueux Rob Roy), sans oublier le choix des whiskies et des spiritueux jusqu’aux associations détonantes (sirop de betterave et aquavit…). Et à l’avant, Daroco, restaurant italien souvent bondé et plutôt sonore. Je vous incite à y aller l’après midi pour déguster un tiramisu de folie, les noisettes entières légèrement torréfiées apporte un goût caramélisé fondant, assorti d’un café d’une rare et belle acidité. Les serveurs portent tous des marinières, car l’ombre de JPG plane encore… et nous aussi. Et au plafond, un miroir qui occupe toute la surface sur lequel sont suspendues des lampes multiples et différentes, un endroit idéal pour la photo synthèse.

 

Perspectives et photographie

Une des grandes bibliothèques

Les ombres des passants auraient pu donner lieu à une représentation de marionnettes indonésiennes. Après deux heures, mon œil a dévissé de ses objectifs, je me sentais vidée par le niveau de concentration demandé. Heureusement, nous avons fait un break, le temps de boire un verre, et d’échanger nos regards avec des mots. Et puis nous avons suivi la marche du soleil avant de découvrir par hasard un cours de step en plein air, tout près de la bibliothèque François Mitterand. C’était joyeux, coloré, plus léger que la sortie photo car l’architecture contemporaine envahit, accapare, et parfois désintègre le regard. Je me sentais comme un petit pois de Kusama et c’était chouette d’avoir la sensation d’un début de collier de perles pour ne pas dire de petits pois !

OLYMPUS DIGITAL CAMERA

Horta en Alentejo

Dans le sud du Portugal, en Alentejo, si vous voulez vous reposer, à la verticale ou à l’horizontal, rendez-vous à Horta de Torrejais. C’est un havre de paix, au milieu des oliviers et des grenadiers, les hôtes ont le sens de l’accueil, ils aiment leur endroit, le cultivent bien et donnent envie d’y rester. Humeur vagabonde…

Pour en savoir plus sur Horta de Torrejais

Poésies

Histoires naturelles re-inventées

Un chat sort du trou en mangeant une aiguille. Gloups, il essaie d’en découdre. Il lance le dé qui n’abolira pas le hasard. En entendant ronronner le frigo, il ôte ses griffes. La glace fond, le chat boit du ptit lait. Une souris en tutu orange se rase puis le frôle. Elle écoute Night Fever, sa queue remue, ses orteils dansent. « Tiens une odeur familière, de fromage et de beurre. » Le rongeur esquisse un entrechat, et le minou lui lèche l’oreille. La souris sourit et le chat entonne un tcha tcha. Nos duettistes s’éloignent du frigo, la souris a mangé le mou du chat. Le chat s’en fout, il étire ses moustaches, avec panache.

Sur une étagère, une tortue en bois avance droit. Elle dépose sa carapace, elle n’a pas froid. L’hiver passe à travers le toit.

La nuit, la lune sort de sa boîte noire et travaille en quart. Puis vient l’heure de la relève, à la pointe du jour.

Dans le nid, un drôle d’oiseau s’endort. Ses semelles de plantigrade se transforment et dansent sur les pointes, en silence.