Kings of convenience + Erlend Oye : music « cool » from Norway

Les Simon & Garfunkel de Bergen découverts grâce à la revue Magic RPM et vus dans une salle de concert parisienne tristement célèbre. Ils y avaient chanté avec Feist, un moment inoubliable, 2 guitares et 3 voix. Ils vont sortir leur 4ème album bientôt.

L’un des deux mène une carrière solo qui oscille entre électro et kitsch music. Il a vécu en Sicile à Syracuse, « la prima estate » vaut son pesant de « pasta » ! Et « bad guy now » c’est plus que cool. Et si l’été s’éternisait …Petit déhanché et l’heure est à l’ivresse musicale…

 

Category : uncategorized?

Comment de-blogger et prendre son pied ?

Le pire pour un blog c’est de ne pas figurer dans une catégorie, un blog sur tout et sur rien. C’est un peu comme quand on vous dit t’es pas bobo, t’es pas babos, t’es pas mariée, t’as pas de binôme, t’as pas d’enfants, en gros t’es pas casable !

Pourtant en vrai, c’est plus que chouette d’être « outside », ainsi tout est possible, car sans étiquette, la vie peut être protéiforme, à re-inventer, difficile mais belle, jamais la même, un terrain de rencontres, un moyen d’être libre et de prendre son pied.

 

Bunny (oh give me your peaty)!

De l’eau pour vivre malté

Nicky, Anglais d’origine polonaise, m’a initiée à l’uisge beatha, il y a plus de 20 ans. Et puis, la rue d’Anjou est devenue mon chemin de traverse, celui qui m’aide à rester verticale. Après les soirées de dégustation de LDMW, dans les grandes années du club, le tangage du métro pouvait m’inviter à combattre mon mauvais pied marin. De bâbord à tribord, je luttais pour rester debout, car les effluves d’orge maltée me tenaient difficilement en suspension !

Ce breuvage apporte des bienfaits, non seulement il est vasodilatateur mais il est aussi pluriel, herbacé, fruité, tourbé, jamais le même, il évolue, et ne cesse de nous surprendre. Et puis, surtout, il n’a pas son pareil pour délier les langues et faciliter le rapprochement entre les êtres.

Mes conseils : les single malt des négociants plus que les officiels.

Gordon & Mc Phil (G&M) est ze one.

Goûtez son Caol Ila distillé en 2007 et embouteillé en 2016 à 40°. La tourbe est fine, le fumé aérien, Diageo peut aller se rhabiller.

Mais que dire du Bunnahabhain, de chez G&M, distillé en 1999 et embouteillé en 2016, un 52.4% cask 516 Hogshead ? La prune, une gousse de vanille et un léger fumé me soulèvent du siège et me portent au-delà des nuages, pour mieux me rapprocher de ma chouette. Je deviens muette, c’est juste ENORME, FABULEUX, PLUS GRAND QUE L’UNIVERS A L’ENDROIT et A L’ENVERS TOUT ENSEMBLE… Et puis, c’est un cadeau, un présent de 5 absolutley fabulous women.

Dessins et doigté

Crayon sans poil

Dessiner, un peu, tous les jours, c’est aussi vital que marcher, aussi fort qu’ouvrir les yeux, et les oreilles à de nouvelles perceptions. C’est une série d’allers et retours entre le dedans et le dehors, ça aère des trucs, des choses, des machins, c’est une célébration du bourgeonnement qui aboutit à des champs fleuris ou en friches.

Mon crayon est parfois au poil, il dit mieux que mes doigts sur le piano ou les mots. A d’autres moments, ses poils se rebiffent et il ne sait pas dire, il n’accroche pas le papier, ou la mine n’a pas la pointe sûre. Je secoue pourtant le combustible de mon crayon, mais il ne descend pas, le coeur attend sa réaction en chaîne, et ça ne vient pas. Une histoire de trous S, j’appelle A ou W mes fournisseurs d’assemblages. Ils m’invitent à changer de mine ou à réparer mon crayon pour produire une énergie renouvelable, sans fission, sans (ef)fusion…

 

 

La chouette est « Chris »

Filiation cinématographique

Animal au petit bec, tout de plume,

Tu ouvres l’oeil, à 270° s, à la brune.

En quête de mammifères imprudents,

Tu cours les souris et les musareignes,

Et tout cru, les avales, privée de dents.

Sur l’écran de Chris Marker, en filigrane,

Ou dans la mythologie, tu vois sans être vue.

Sans crête, ni aigrette, l’Homme peut-il devenir chouette ?

 

 

 

« Vertigo »

…une forme de Gi Gonq

Pour observer le sommet du ciel, en suivant les index des montagnes, l’idée est de se déposer, d’arrimer ses pieds au sol, du talon aux doigts de pied.

Dans un mouvement d’équilibre, vous penchez votre corps en avant, tout en restant ancré à la roche, le crâne aspiré par l’azur. Puis, tel un balancier vous déplacez votre poids de la droite vers la gauche et inversement, dans un flot continu. Vous relâchez vos bras pour qu’ils accompagnent ce déhanchement, les mains tournées vers le sol. La pression et les noeuds se relâchent, la respiration et les gestes se font de plus en plus amples. Et tout à coup, vous ne contrôlez plus l’embarcation, fini le cabotage, vous nagez en haute mer, tenu en flottaison par les vagues. La navigation peut commencer.

Tiens, ce serait bien que je prenne des pilules contre le mal de mer !

 

 

 

 

 

Et si l’amitié était au bout du chenin

Des anges et du vin

Où l’art et la douceur de vivre ont-ils élu domicile dans notre France hexagonale (*) ? En Anjou, dans le Maine-et-Loire, sur les côteaux de la Loire, du Louet, ou de la Maine. Sur cette terre, les vignes nous invitent à nous laisser conduire par le petit chenin qui sent non pas la noisette mais… la pomme et pas que  !

Le chenin blanc se compose de petites grappes de raisins. Celui de « la Coulée de Serrant » de Nicolas Joly, « le pape » de ce cépage, et de la biodynamie, titre à 15° et plus, mais il ne charge pas. Il libère les papilles, les horizons, et les moines cisterciens qui ont planté ces vignes en 1130, tout près du fleuve, sur un sol de schiste et de quartz, ne savaient pas qu’on atteindrait près de 900 vendanges consécutives.

Quand vous buvez quelques gorgées de « la Coulée de Serrant », notamment son millésime 2007, tout s’arrête. Le nez n’est d’abord que pomme et fraicheur, l’air angevin nous fait tutoyer le divin. Et la bouche, quelle bouche, démarre puissante, puis elle s’arrondit et devient gourmande. Le feu d’artifice, forme d’effervescence provenant du schiste, finit par s’apaiser et s’enrouler autour d’une saveur soyeuse de fruits à noyau, de pêche de vigne. Et la longueur en bouche nous emporte à nouveau sur le terroir, comme pour nous réveiller de cet état de grâce avant de nous achever par son côté explosif. « La coulée de Serrant » ou l’expérience extatique …Mère Térésa nous avait donné sa bénédiction !

Une fois dans une de vos vies, allez en Anjou, du côté de cette demeure de la Roche aux Moines, tout près de Savennières. Ici vivent les anges et le vin.

Cet instant d’éternité, je le dois, à un gamin du cru, qui parfois monte à cru, n’est pas angevin qui veut ! Certes, ce n’est pas moi la mieux placée pour parler de T. mais davantage P. , celui qui a l’oeil qui parle ou qui parle avec l’oeil.

(*) : tiens dans « hexagonal », il y a « gone », qui signifie, en grec, angle mais aussi enfant, engendrer.

Choisir c’est un exercice de « still »

Êtes-vous plutôt « coffey still » ou « pot still » ?

C’est une histoire d’alambic, à colonne ou en forme d’oignon. Le « coffey still » (à colonne et en inox) est le modèle utilisé pour les whiskies de grain, le plus neutre au goût, on est sur de la distillation en mode continu alors que le « pot still » (en forme d’oignon, trapu, et en cuivre) fonctionne en mode discontinu (l’alcool circule plusieurs fois, on parle d’alambics « à repasse »), c’est ce mode qu’utilise la plupart des distilleries qui font du single malt à base d’orge maltée.

 

Un drôle de paroissien

Un quadrupède mystique

Qu’était-il venu chercher dans ce lieu de culte ? Il attendait un signe (de son maître amateur des vitraux lumineux de Chagall de la Cathédrale St Étienne de Metz).

 

 

ROCK EN SEINE le retour

Sigur Ros mémorable

Hier soir, ça cognait fort à St Cloud. Pas un monde de fou, juste des doux dingues de musiques. Kronenbourg avait l’exclusivité des stands d’alcool, et puis Pommery une petite buvette pour les vieux comme Ph et moi ! On y a a fait un tour mais la bière ça désaltère davantage !

Au programme de la soirée « la Femme » un groupe français un peu barré, qui sonne très 80’s, Taxi Girl n’est pas loin, de belles choses, notamment la rythmique et la chanteuse, le show de ce jeune groupe sur la scène de la Cascade était un peu foutraque. Puis vint le moment fort, « Sigur Ros », fantastique groupe islandais, encore plus génial en live qu’en studio. Une voix à la résonance baroque nous a raconté l’indicible dans un langage incompréhensible. Ils n’étaient que 3, ce qui pourrait paraître juste, sauf que non ! Le chanteur jouait de la guitare avec un archet, c’était beau, divin, ça semblait venir de très loin. Mon pote Ph m’a dit qu’il serait sourd d’une oreille, et pourtant c’était « harmonieux », aérien ! Pour la rythmique, le groupe se composait d’un batteur qui jouait aussi du synthé et d’un bassiste. J’ai pris quelques extraits en vidéo avec mon smartphone que je diffuserai via Facebook car ce type de blog ne prend pas en charge les vidéos.

Frustrant certes, d’autant qu’il est quasi impossible d’apercevoir la scénographie qui était superbe. Ils ont joué nombre de morceaux de leur album Takk à infuser régulièrement, conseil de fan. Et puis, dernier concert « Massiv Attack », ils étaient 7 sur la grande scène, pas d’émotion, rien de neuf, bon, écoutez « Sigur Ros » c’est 1000 fois meilleur. Et allez les voir en concert « next time ». Indispensable.

Promenade photographique

Kusama, Nancy et mon amie C.

Yayoi Kusama est une artiste japonaise octogénaire, obsédée par les pois, et créatrice d’une « infinity room » qui se referme sur son visiteur tout en lui ouvrant des perspectives illimitées. Je me suis engouffrée à l’intérieur des quatre murs, après avoir passé le seuil de la porte, attirée par les petites diodes colorées de lumière, entourée d’eau et de miroirs.

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L’image renvoie son reflet sur d’autres miroirs et ainsi de suite. Tel l’arroseur arrosé, le photographe est pris dans son propre jeu. Narcisse est bien présent.

Cette rencontre s’est produite, de manière inattendue au musée des Beaux-Arts de Nancy, qui vaut le détour, rien que pour Emile Friant, peintre local, admiré de Philippe Claudel et de mon guide lorrain C. Ce peintre avait l’œil et le pinceau précis, vous serez emportés par les scènes de vie, et de deuil, et amoureux de ses portraits de femmes. Des toiles que pourraient jalouser nombre de photographes.

En grattant dans ma boîte crânienne, cette pièce infinie de Kusama, je l’avais déjà visitée au centre Pompidou de Paris, sans avoir goûté les mêmes saveurs qu’en Lorraine. Les objectifs avant et arrière ont tiré un fil, il fallait poursuivre, explorer, Janus, Ariane, Antigone, et la Pythie devenaient de nouveaux compagnons de voyage.

Au commencement

Une herbe folle de photo synthèse

Au printemps 2016, je me suis « chlorophyllisée », en sirotant de la photo synthèse, avec un objectif devant et un autre derrière l’oeil.

Mauvais temps, floraison ruinée par trop de grêle et de gel, les bourgeons des vignes et des arbres fruitiers avaient brûlé à peine éclos. Pour rester verticale, j’ai commencé à marcher les pieds ancrés dans le bitume, le crâne tendu vers le ciel, en regardant à 360 °. N’étant plus que sensations, je me laissais bercer par la lumière, les orteils et les yeux grand ouvert.

Tout ça c’est grâce à Antigone, qui ne s’est pas résignée, qui a fait face et s’est battue contre la pensée unique, l’excès de pouvoir, le non respect de la personne humaine, vivante ou morte. Elle a marché entre Athènes et Thèbes, pour honorer les siens, seule, contre tous, et ce chemin me faisait du pied. Je respirais en ayant conscience de mon souffle, et de mon corps. J’étais gouvernée par mon coccyx et (é)mue par le sentiment de naviguer en toute liberté.

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Quand au milieu d’un jardin parisien, j’ai déroulé le fil d’Ariane et vu se rapprocher l’espace et le temps, le mouvement et son onde, la parole et son sens, le son et son écho, le vide et le plein, l’utile et l’inutile, j’ai senti mon regard s’allonger, et mon cœur d’herbe folle devenir flottant.

Perspectives et photographie (suite)

L’autre, la BNF

D’une grande bibliothèque à l’autre, je me téléporte rue Vivienne et rencontre un maneki neko, en vitrine de l’autre côté de l’agence France Presse. Je pense à Chris Marker, à son amour pour l’Asie, les femmes, la photographie, et le mystère de ses identités, des cercles reliés à son adresse de poste restante. Je regarde son film roman photo « la jetée », photo synthèse des 3 temps d’une vie et de l’amour. C’est mon vieil ami le Docteur Jacques B. qui me l’a fait découvrir, lire, et voir, et lui aussi, fait partie de ma mythologie vivante. Sans lui, je ne connaîtrais pas Kathleen Ferrier, les nuits d’été par Régine Crespin, ou l’intégrale Ravel pour piano, entre autres.

« Chris », comme le citait Jacques a réalisé un documentaire tendre sur Simone Signoret qui aimait aussi beaucoup les chats. Sans réussir à en percer le mystère, je vous invite à lire « Chris Marker le livre impossible » de Mouroussia Vossen, qui fut une amie proche.

Dans cette rue se situe à l’arrière de l’ancienne boutique de Jean-Paul Gaultier le bar à cocktails génial de Paris, Danico, créé par un bartender doué et reconnu worldwide Nicolas de Soto. Sa carte est très originale, depuis le choix des noms des cocktails (« l’herbe est plus verte ailleurs ») en passant par leurs recettes (ils font aussi les classiques, dont un somptueux Rob Roy), sans oublier le choix des whiskies et des spiritueux jusqu’aux associations détonantes (sirop de betterave et aquavit…). Et à l’avant, Daroco, restaurant italien souvent bondé et plutôt sonore. Je vous incite à y aller l’après midi pour déguster un tiramisu de folie, les noisettes entières légèrement torréfiées apporte un goût caramélisé fondant, assorti d’un café d’une rare et belle acidité. Les serveurs portent tous des marinières, car l’ombre de JPG plane encore… et nous aussi. Et au plafond, un miroir qui occupe toute la surface sur lequel sont suspendues des lampes multiples et différentes, un endroit idéal pour la photo synthèse.

 

Perspectives et photographie

Une des grandes bibliothèques

Les ombres des passants auraient pu donner lieu à une représentation de marionnettes indonésiennes. Après deux heures, mon œil a dévissé de ses objectifs, je me sentais vidée par le niveau de concentration demandé. Heureusement, nous avons fait un break, le temps de boire un verre, et d’échanger nos regards avec des mots. Et puis nous avons suivi la marche du soleil avant de découvrir par hasard un cours de step en plein air, tout près de la bibliothèque François Mitterand. C’était joyeux, coloré, plus léger que la sortie photo car l’architecture contemporaine envahit, accapare, et parfois désintègre le regard. Je me sentais comme un petit pois de Kusama et c’était chouette d’avoir la sensation d’un début de collier de perles pour ne pas dire de petits pois !

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Horta en Alentejo

Dans le sud du Portugal, en Alentejo, si vous voulez vous reposer, à la verticale ou à l’horizontal, rendez-vous à Horta de Torrejais. C’est un havre de paix, au milieu des oliviers et des grenadiers, les hôtes ont le sens de l’accueil, ils aiment leur endroit, le cultivent bien et donnent envie d’y rester. Humeur vagabonde…

Pour en savoir plus sur Horta de Torrejais

Poésies

Histoires naturelles re-inventées

Un chat sort du trou en mangeant une aiguille. Gloups, il essaie d’en découdre. Il lance le dé qui n’abolira pas le hasard. En entendant ronronner le frigo, il ôte ses griffes. La glace fond, le chat boit du ptit lait. Une souris en tutu orange se rase puis le frôle. Elle écoute Night Fever, sa queue remue, ses orteils dansent. « Tiens une odeur familière, de fromage et de beurre. » Le rongeur esquisse un entrechat, et le minou lui lèche l’oreille. La souris sourit et le chat entonne un tcha tcha. Nos duettistes s’éloignent du frigo, la souris a mangé le mou du chat. Le chat s’en fout, il étire ses moustaches, avec panache.

Sur une étagère, une tortue en bois avance droit. Elle dépose sa carapace, elle n’a pas froid. L’hiver passe à travers le toit.

La nuit, la lune sort de sa boîte noire et travaille en quart. Puis vient l’heure de la relève, à la pointe du jour.

Dans le nid, un drôle d’oiseau s’endort. Ses semelles de plantigrade se transforment et dansent sur les pointes, en silence.