Une semaine sans lundi

C’est la nuit, lundi n’a pas fini son tour du cadran et mardi arrive à pas feutrés. Ma tête se cale sur deux oreillers, proche du sommeil, un oeil de côté. En son centre, un réseau de flux d’informations délire en mode binaire, et, de la combinaison de 0 et de 1, aboutit un résultat proche de pas grand chose. C’est mieux que rien, sauf que ma muse ronfle, et que mes doigts sont palmés. A quoi bon chercher du jus là où les réserves sont vides. Il faut dire que le problème n’est pas celui de la suppression ou non des 35h, c’est plutôt qu’il faudrait supprimer les lundis. Du we on basculerait au mardi directement. Ce trou entre dimanche et mardi serait un moyen de traverser le chas de l’aiguille avec son chameau, et ni vu ni connu, d’expérimenter d’autres modes de vie, centrés sur l’utile. Ce trou dans l’agenda, deviendrait le jour où ceux qui travaillent donnent du temps à ceux qui n’en ont pas ou plus. Un moment pour se raccorder les uns aux autres entre le we et le reste de la semaine, un moment en suspens qui ne répondrait à aucun code, aucun rite, aucune religion, aucun impôt. Un trou pour réunir des mondes qui s’éloignent sans autres enjeux que de se rencontrer et de conjurer la faillite de notre vieux monde. Un trou pour se combler !

En attendant de souffler cette idée saugrenue à un candidat à la présidentielle, comme demain, c’est déjà mardi, j’irai bien à la plage du côté des paysages de Gauguin, à Pont Aven ou à Tahiti, sans autre envie que de sentir les éléments naturels me caresser le museau.

« Louise en hiver » ça defreeze comme « le Roi et l’Oiseau » ou « la Tortue Rouge »

« Louise en hiver » est un film d’animation français de Jean-François Laguionie, sorti depuis peu. Il allie les vieilles techniques en 2D avec la 3D. Lorsque le film déroule les scènes, on se croirait devant des papiers canson avec ce grain qui lui est reconnaissable. C’est beau, lent, patiné d’essentiel, c’est de la poésie pure. Pour ceux qui ont vu la « Tortue rouge » de Michael Dudok de Wit, c’est aussi indispensable. Rappelons-nous « le Roi et l’Oiseau » de Paul Grimault sur un texte de Prévert, la filiation est là.

Louise passe ses étés en Normandie, du côté de la côte d’Albâtre, et aux marées d’Equinoxe, retourne dans son appartement en ville, sauf que là, elle rate le dernier train de la saison et se retrouve seule dans cette station balnéaire de Biligen-sur-Mer. Et la narration part loin dans les souvenirs et le monologue, ou la conversation avec son chien « mercredi ».  Cette vieille femme nous semble familière, elle est une grand-mère qui résonne avec nos histoires.

Si vous ne l’avez pas encore vu, foncez, osez, ce n’est pas « chiant », bien au contraire. Procurez-vous aussi le dvd de la « Tortue Rouge », le mythe de Robinson Crusoé revisité, sans dialogue, c’est un film d’animation muet mais tout aussi extraordinaire que le livre de Michel Tournier.

 

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Mozart à Buenos Aires un jour d’hiver

Quand Mozart rencontre les doigts de Richard Galliano, un matin, 1er dimanche de décembre, au Théâtre des Champs Elysées, on oublie l’instrumentation originelle, la clarinette, la flûte ou la voix, et on se laisse saisir par l’accordéon ou le bandonéon, avec une envie irrépressible de danser, et de laisser parler notre corps, transi de froid et endormi.

Poursuivre la lecture de « Mozart à Buenos Aires un jour d’hiver »

Boule de neige

Il fait froid, le soleil nous donne Rdv avec le ciel, un ciel sans neige.

Pour se rapprocher de l’état d’esprit de Noël, l’heure est aux petites trouvailles qui nous ramènent du côté de l’enfance et de la boule de neige, l’autre, celle qui ne fait pas froid dans le cou ou sur la joue, mais celle qui émerveille.

Chez « Merci », les étales proposent des jolies boules de neige, des petites et des grandes, habitées par des sapins, un Père Noël ou deux enfants comme ici, qui s’apprêtent à s’embrasser. Et autre découverte, une boule avec un revêtement de type ardoise qui permet d’écrire des pensées, des vœux ! Enfin, des petits ornements pour le sapin, fragiles, mais très beaux, on croirait qu’ils proviennent du grenier de nos ancêtres.

C’est bientôt la fête, rien que de décorer la maison, c’est un « avent » goût de ce moment particulier à venir (souvent festif et familial).

TagS # du pays qui verdoie : ô Mon doux Vendômois 

Le street Art c’est la possibilité d’intégrer l’Art dans le réel, de transformer le réel en Art, de confondre les deux et ce, sans discrimination, sans prix à payer pour celui qui regarde.

L’Art de la rue n’est pas l’apanage de quelques-uns mais de tous. Seulement, il faut avoir la chance d’avoir des yeux ouverts, en face des trous, vifs, curieux, attirés par l’œuvre nouvelle, celle qui renouvelle le monde et le regard que l’on porte sur lui.

Les tagS une réflexion du monde en train de se défaire et de se refaire, offerts à des yeux qui sont prêts à ne plus voir pareil et surtout à regarder derrière l’eau qui verdoie et le ciel qui poudroie…

À la Fabbrica : soirée entre les 4 « A »

Des nanas à la Fabbrica ca va swinguer de la lingua ! À défaut de linguine…

Les 3 « A » sont en retard mais que Fabbrica et que cosa dice ? Depuis La Défense elles roulent et se racontent 1000 histoires d’A…

J’ai hâte de fabriquer d’autres fabriques d’histoires avec mes « A » préférées.

En attendant je vous fais l’article sur La Fabbrica, on y mange des pâtes, un tiramisu qui tire vraiment vers le haut, le barbera d’Asti du Piémont astique les tuyaux et le plaisir et le Spritz est une tuerie. J’en bois un pour patienter car elles sont toujours en retard …

Viva la dolce vita et La Fabbrica et les 4 « A » plutôt électriques voire atomiques pour certaines !

De dos, les notes vous clouent au sol avant de vous élever 

Hier, Anne-Sophie Mutter, nous l’avons vue et écoutée, les yeux et les oreilles hypnotisés par son dos.

Le dos du pianiste était rond, ses jambes joueuses, parfois tendues et mobiles comme des aiguilles d’une montre balayant le parquet sous le piano. Il jouait, animé par une joie communicative, vif, aux aguets, un sexagénaire très jeune et présent.

Les partitions de la violoniste cohabitaient joyeusement à droite de celles du pianiste. Ils étaient complices.

La violoniste ressemblait à une naïade dans sa robe bustier verte. Cette robe dégageait son dos et laissait deviner le galbe des formes de son corps. Un tissu soyeux, vert lumineux, pour le haut et du tulle en bas plus vaporeux. Des cheveux mi-longs presque blonds, et sur son dos se dessinait une multitude de petits muscles qui se tendaient puis se détendaient de manière visible au niveau de l’épaule et de l’omoplate droite. Son dos était un pupitre vivant extraordinaire, une autre lecture de la partition.

Ce fut un concert rare, elle et son pianiste jouaient en totale harmonie, le plaisir était contagieux. Mais le son le son d’où pouvait-il venir ? Elle n’était pas dans le surjeu ni dans la virtuosité, elle était là, dedans, chaque note jouée semblait la dernière, c’était d’une force inouïe. Et son tempo son tempo il était tellement juste que nous ne pouvions aussi qu’être là.

Elle nous a donné « sa » lecture de sonates pour violon piano de Ravel, Poulenc, Saint Saens, Mozart et d’un contemporain sans oublier ses 3 bis qui nous ont conduit vers des mélodies plus connues (Tchaikovsky, une samba et un air hongrois de Brahms).

De dos, la musique est encore plus incarnée, resserrée sur Le muscle, et les autres muscles qui nous tiennent verticales. Il n’y a rien de superfétatoire sur un dos.

Et le dos vert de Mutter c’est la claque !!!

De Mute à Mutter 

Depuis le début de cette semaine, j’ai opté pour l’hivernage, les oreilles sous l’oreiller et l’édredon sur la couette. Je vivais en mode « mute » (muet), il faut avouer qu’Antigone avait un peu usé ses cordes vocales ce we.

Ce soir, de « mute », je vais passer à la position « Mutter », et me rapprocher d’une mutante de la musique, Anne-Sophie Mutter, immense violoniste qu fait sonner son stradivarius mieux que si c’était vrai.

Le monde sera bientôt irréel, juste musical, juste sur le fil, entre la note et l’absence de note, entre le son et le silence, entre deux mondes. Et « Mutter » c’est sûr va nous mettre le cerveau et le cœur en mode majeur.

N’ayez crainte ce sera aussi une claque qui va me calmer et je retrouverai rapidement mon mode « mute ».

Ps : elle est allemande, son répertoire sera français. Et, ce soir sans faire de politique, j’ose affirmer que la musique est un langage européen, un trait d’union nécessaire qui dépasse les clivages des territoires et qu’elle est encore plus nécessaire en cette période d’hivernage de la pensée, d’obscurantisme …

Un morceau de paix

En langue anglaise, un morceau de paix s’écrit « peace piece ». Écoutez-le via Youtube, interprété et composé par Bill Evans extrait de son album « Everybody Digs ». L’album est d’une grande beauté, en particulier « peace piece « , « young and foolish » et « lucky to be me ». La filiation Bill Evans Keith Jarrett puis Brad Mehldau ne se discute pas (trop).

En se laissant imprégner de « peace piece » tout s’apaise.  Magie de l’être, de sa capacité à ressentir la vie, et sa frénésie en restant là, attentif, à l’écoute des notes et du silence.

Ce matin, je me demande si « over the rainbow » il pleut ou s’il fait beau ?

Un renne et une roi 

Le féminin et le masculin ne se conjuguent pas naturellement dans la langue française. Et pourtant, le genre c’est un sujet d’école …

Donc, à Vendôme, le Renne propose des tours en avion. Il est drôle ce renne car il aime Etienne Daho le Rennais. Les oreilles en guise de casque, il chante à tue tête « le ciel est bleu comme toi ah ah ah ». Il m’a dit être à la recherche de sa roi, et là, je lui ai fait part de mon désaroi. Depuis le renne et moi, on a rencontré Irène. Il croyait que c’était un avatar du renne, un « e truc » une version numérique de lui-même. En réalité, non, c’est une femme dauphin qui est sortie du livre d’Erri de Luca, un conte merveilleux. Maintenant qu’on s’est reconnus, Irène, le renne et moi, on traine, on chemine, on repère le ciel, on se crée de nouvelles constellations…et on se prend à imaginer que le petit Prince doit habiter sur une planète tout près de nous.

Antigone Gone (with the wind)

« Tandis que j’antigonise », à la fois Gone et Antigone, pour et contre « y aller », je revendique ma filiation avec Janus.

Je, et une Autre, étrangère et moi-même, je libère mon regard derrière la ligne d’horizon et protège mon oeil sous ma paupière close. Je me rapproche de ce qui s’éloigne.

De la photosynthèse d’une orange, j’extrais des pans de pensées et dessine des traits fragmentés. Au cœur de la nuit, mue mutante muette, je me laisse happer par un sentiment de profonde légèreté. Comme si le temps s’évaporait. Et quand vient le jour, je debloggue pour vivre les choses de la vie.

 

Du thé vert en hiver (Guy Béart s’est trompé !)

Ce n’est pas encore l’hiver.

Le matin, pourtant, on ressemble à une marmotte surtout le samedi matin.

Pour se lisser les poils dans le bon sens, un ptit coup de thé vert, ça fouette l’arrière du crâne et le derrière.

Serait-ce le thé de l’Avant ? Dire que Guy Béart a chanté, il n’y aura plus d’après.

Le thé vert contiendrait des substances qui ont des pouvoirs dexodydatifs. A contrario, le datif le nominatif l’accusatif c’est sûr ne sont pas présents dans le thé vert. J’y perds mon latin de lutin du samedi matin.

Sur ce, c’est l’heure du thé, avant ou après ce que l’on veut et avec les tifs que l’on veut.

« Château Yvonne » un chenin qui vous veut du bien

Vu le mouvement frénétique en Villetrunois, je gamberge. Seule solution, une bonne douche froide. En attendant, réflexion du moment Mais de maman « tu vas te faire péter le cerveau » ! Forcément ça calme, la douche froide est à prendre à la lettre et au figuré !
Je ferme boutique (ponctuellement) car Antigone Gone prépare le déjeuner (hum, sur un pan liquide seulement). Un « château Yvonne » version chenin 2012 devrait bien ouvrir l’appétit et endormir les frisettes du crâne.

Quant à « l’huisserie » d’Aliet devrait être un allier de choix pour accompagner le poulet.

Mais que boire avec la crème caramel ? Un thé vert avant l’hiver… »Je voudrais du soleil vert… »

Une rose en novembre

A Villetrun les bains, station balnéaire de l’ère quaternaire, une rose a décidé de pousser sur un rosier en hibernation.

En novembre : arrose (ton gosier d’un Pic St Loup, c’est autorisé), ose (sortir en T-shirt) et offre une rose à ceux que tu aimes.

A plein tube (sans vrombir juste pour dire)

Vivre dans un tube, ce n’est pas un sentiment si rare que ca. Dans toutes les mégalopoles du monde, il est de coutume d’utiliser assidument le métro et ses couloirs. A Londres, le métro porte le doux nom prophétique plus que poétique de  « Tube ».

Depuis septembre, je voyage sur la ligne 13 de « Place sans Chichy » vers La Fourche du diablotin côté St Denis, et ce tube-là c’est un concentré de joie qui frise l’extase renversée. Oh la vache il faut être tarré pour se laisser bouchonner dans ces tunnels et ces objets roulants…Mais on y revient…

Alors, pour s’aérer après une journée de boulot, sur proposition de Stéphane, nous sommes allés à Beaubourg, en nocturne, visiter l’expo Magritte. Un peintre aux multiples influences littéraires et philosophiques, surtout Pline l’Ancien, Platon « l’allégorie de la caverne » et Hegel. Nous étions nombreux mais nous pouvions voir et nous laisser conduire par le regard décalé et interrogateur de Magritte sur l’illusion des images.

Le tube comment l’aurait-il représenté ? Un tube ouvert vers le ciel, comme si, à Beaubourg, les tuyaux qui font circuler les visiteurs aboutissaient à des perspectives célestes !

La photo de Stéphane prise dans un des tubes du Centre Pompidou, la nuit, nous propulse dans le troisième millénaire. Magritte visionnaire, l’Homme sans visage.

Avec YouTube le tube vient à toi, plus besoin d’aller le chercher du côté du métro ou de Beaubourg.

Néanmoins, en ce début de we, sortons du tube ! Prenons l’air, oxygénons nos petits muscles.

Manteau gris orange : enfilons un tutu et tutoyons les anges

Ce soir je deviens souris. Je suis en vrac à Paname, tellement l’Art me submerge. Help il me faut un jus orange pour irriguer mon cerveau. J’enfilerai bien un tutu pour tutoyer les anges. Je chanterai bien la pluie. Je ferai bien comme Mary Poppins. Je ne suis pas née 42th street et pourtant pour moi la musique et la danse vont de pair.

Swing & sing, c’est la nuit, « tous en scène » avec Fred et Ginger.

Claquettes pirouettes c’est le fête !

Kafka à Paname un 11 novembre : Frida Kahlo vaut les tours et les détours 

Hier avec mes amis, nous devions nous retrouver en fin de matinée au Grand Palais pour l’expo Mexique. Et un truc de fou s’est produit, des barrières de sécurité longeaient les Champs Elysées, certaines stations de métro étaient fermées. Impossible de s’approcher du Grand Palais sauf à être petite souris et a passer par les égouts de Paris. In fine on en a rigolé mais bon ce fut épique !

Les quelques toiles de Frida Kahlo sont énormes, son double portrait avec une 1/2 représentant Diega Rivera et l’autre elle. Les deux Frida avec un cœur irrigué et l’autre meurtri exsangue. Son cadre portrait étincelant de couleurs du Mexique et ses natures mortes.

Vive la France et vive le Mexique !

Une tête qui sent passer les courants d’air

Cette statue peut être observée au Pergamon Museum de Berlin sur l’île aux Musées. Finalement, même sans ses yeux ni le haut de son crâne, cette statue nous raconte un truc. En se rapprochant de ses lèvres, ce soir, elle m’a dit qu’elle s’aprêtait à lancer une mode. Ainsi, la nuit, on pourrait décrocher son cerveau, le brancher et le régénérer sur un disque dur, ou sur un autre cerveau. Pendant ce temps on s’aérerait le reste de la tête, pour mieux sentir les courants d’air et on laisserait voyager nos yeux pour qu’ils reviennent remplis d’images inter-galactiques.

Faut dire que sans passer par les récits d’anticipation, certains soirs, je me sens lobotomisée, et en peine de pouvoir voir avec mes yeux.

Visionnaire cette statue, décidément l’Art Grec !

 

 

 

Ô chère ligne 13 …. si loin de nos vertes vallées

« Treize » exactement la ligne du métro parisien qui porte le numéro porte bonheur c’est la M….

Habituellement je me sens sardine sur la ligne 13. Mais ce soir c’était le pompon. Départ du boulot vers 20h, et me voici ou plutôt voilou (pour ne pas dire hum hum) nez à nez devant un magma de gens qui ne pouvaient passer les tourniqués. 3/4h d’attente, because, colis suspect. Pas de chemin de traverse, juste des énervés et des malabars pour nous empêcher de patienter en paix, tranquillement, le nez dans la verdure, sous un paysage de rêve.

Ah, ou plutôt ô joie, embarquer sur cette fabuleuse ligne 13, c’est comme de sillonner au coeur de ces magnifiques paysages désertiques américains, ça donne à penser, et à se projeter comme le chat du Krazy Kat de Herriman. C’est un drôle de monde absurde, et poétique à la fois, qui aide à pécho sa dignité !

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L’art de la dégustation

Un témoignage adressé à ceux que l’on aime

Le goût, mon goût n’est pas sûr, mais je suis sûre qu’il est à son meilleur, en bonne compagnie.

Qu’il s’agisse de goûter un Saint Aubin 1er cru de chez Dominique Derain ou un Châblis Grand Cru Les Clos de chez Vincent Dauvissat en compagnie d’amis, ou de partager un verre de bernache avec mes parents et ma famille, avant de se perdre dans un menu découverte de chefs étoilés au Michelin, ou de partager un poulet fermier et une tarte aux fruits préparés avec amour par maman, ce sont des moments inoubliables, l’occasion rare de témoigner de son amour et de le vivre « concrètement » et directement, avec ses seuls sens en éveil. La dimension est visible et invisible, l’oeil, la bouche, l’odorat se portent sur des objets extérieurs et j’en fais mon trésor intérieur, sa cage à miel vers laquelle on se réfugiera souvent.

De Roellinger à Michel Rostang entre mer et terre, mon aventure dans le domaine du goût en a vu de toutes les couleurs, ces dernières semaines. Grâce à la Bretagne et à mon Captain venu à Paris, je suis repartie du côté de l’enfance et des gibiers que papa tentait de chasser avec plus ou moins de doigté !

Assurément, le goût, mon goût pour les mets et les vins, les Arts, et la vie, ne peut se départir de ceux que j’aime. Non, assurément pas.

 

 

Le Kronos Quartet au-delà des frontières : un moment hors du temps à la Philharmonie (le 12/11/16)

Le quatuor New Yorkais, le Kronos Quartet, créé en 1973, a fait halte à la Philharmonie cet après-midi. Il y avait plus d’enfants de 4 à 7 ans que d’adultes dans la salle de répétition. C’était un moment de grâce, et de sursaut de notre démocratie. Nous avons voyagé dans différentes cultures et l’âge n’avait pas d’importance.

David Harrington John Sherba Hank Dutt et Sunny Yang ont joué 10 œuvres de musiques du monde (Mali, Syrie, Turquie, Chine, Inde, Ecosse, Suède, USA) qui s’inscrivent dans leur programme « Fifty for The Future ». Ces œuvres contemporaines qu’ils ont « commandées » vont être enregistrées et s’échelonner sur 5 ans. Elles sont conçues spécialement pour la formation des étudiants. Les contenus numériques incluant partitions et enregistrements sont disponibles sur leur site  gratuitement.

Nous avons voyagé du côté du merveilleux, nous avons touché du doigt, des yeux et des oreilles, le fait et le rêve qu’un autre monde est possible, un monde sans frontière et hors du temps dans lequel le partage, et l’écoute, seraient un art de vivre, une nécessité, et surtout un moyen de résister aux dérives sectaires et aux guerres.

Nelson aux doigts d’argent(in)

Nelson Goerner est un pianiste Argentin, proche de Martha Argerich, avec laquelle il a beaucoup joué. Il est rare sur scène, il est rare tout court. Il est un passeur extraordinaire qui tisse des liens entre les compositeurs. La filiation entre Bach et Beethoven ce matin au TCE était évidente. Il a joué l’air varié dans le style italien en la mineur BWV 989 de Bach puis la Hammerklavier de Beethoven et en bis les pas dans la neige de Debussy.

Il a un toucher d’une grande souplesse, sur Bach, le Steinway ne sonnait pas comme d’habitude. On se sentait plus proche d’un  piano-forte. Les notes s’égrenaient comme les pas dans la neige.

Avec la sonate de Beethoven, on ne savait plus où on était, entre folie et apaisement, grandeur et minimaliste. Nous avons été remués, saisis, tétanisés.

Et Debussy, c’était un avant-goût de l’hiver. Les pas dans la neige, c’était ceux de notre passeur, un détour du Père Noël avant l’heure !

Il revient fin 2017 au TCE, courez-y.

PS : Cécile a czpturé notre échange, lors de la séance de dédicace. Il joue 4h par jour, ses yeux sont bleu acier. Il est juste gentil, son regard est doux, et parle bien français.

 

Rêves d’Asie et de fantaisie

Voyages du côté du soleil levant

Ma famille de sang est sédentaire, reliée, attachée à la terre, des hectares arables sis au centre de la France, le centre du monde lorsque j’étais enfant. C’est une famille de paysans, des artisans amoureux de l’argile et de ses pierres de silex. La terre pour nous, c’est sacré, un socle, un enracinement de la certitude d’être là pour quelque chose, prolonger et transmettre les ressources terrestres héritées de nos ancêtres ou acquises grâce à la force de travail de mes parents et à leur esprit d’entreprise ouvert, attentionné.

Nous sommes bien sur terre, a contrario le pied marin, ou l’apesanteur, ce n’est pas trop notre truc. Pourtant, nous aimons la nature, sous toutes ses formes, d’autant que la petite Beauce, semble privée de ses beautés. La nature y semble resserrée, présente à des fins économiques, un grenier à blé nourricier. Elle ne s’offre pas à l’oeil d’instinct. Alors, nous sommes allés, ailleurs, chercher cette beauté dans des fantaisies, à notre portée, en fonction des générations. Mes parents ont su développer leurs passions au plus près de la maison. Le jardin, son potager, la Guimanderie le nom de la maison, son aménagement, son ouverture sur l’extérieur, les terrasses, les fleurs, les arbustes, les arbres, la moquette verte s’étend sur près d’un ha. Nus pieds, la tête pleine d’envies et de savoirs, mes parents ont su construire leur univers, entre l’aviation, les antiquités, et surtout l’Amour de son prochain, et la famille resserrée en son noyau, la laïcité était notre crédo.

La génération d’après mes parents, mes frères et moi sommes sortis du nid dans un rayonnement plus ou moins large. Mon frère aîné a vécu dans les environs de Paris, c’était loin alors pour moi. Il a choisi une autre vie que celle de la terre mais en même temps, pas si éloignée, car il a évolué dans l’agro-alimentaire et il a rencontré une fille de paysans, devenue sa femme. Mon frère  cadet s’est expatrié en Afrique avec sa famille, sa femme est issue aussi de ce secteur. Plus tôt sur la carte du temps, peu après la mort de Mao, il a fait son stage de fin d’étude en Chine qui ne s’était pas encore éveillée. Lui aussi a choisi une autre vie que celle de la terre mais les télécoms ça permet de relier les hommes entre eux d’où qu’ils soient sur la planète. J’ai fait mon 1er voyage à l’étranger à 14 ans en Grèce au plus près du berceau de notre civilisation. Depuis, je navigue entre la capitale et Villetrun, en m’écartant peu de la terre, et en essayant d’apporter un peu plus que la lumière.

Comme des grandes pousses, mes neveux voyagent de plus en plus loin, à titre personnel ou professionnel. Ils aiment l’Asie, la fantaisie, ils ont compris que la vie c’est quelque part entre Villetrun nos racines, les océans, et le ciel, et que nos yeux bridés et profonds, qui viennent de maman ont su se conjuguer avec le caractère passionné et breton de papa.

Bon vent, mousses qui roulez sur vos couloirs terrestres et célestes, la fée a remisé son balai, mon Captain veille et je crois que l’heure est venue de voter aux primaires en qualité de primate ailé qui croit encore à un monde meilleur, sans frontière, débridé…

 

 

 

Des vitamines tombées du ciel

Novembre, ce n’est pas le meilleur des mois pour aller capter la lumière. A la tombée du jour, je restreins ma quête sur la perception d’une étincelle de lumière intérieure, celle d’une actrice, Isabelle Carré, qui, sur la scène du théâtre de l’Oeuvre, fait parler les ombres, et convoque le sourire d’Audrey Hepburn et ses souvenirs. En plein jour, c’est du côté de la Muette et du musée Marmottan que la lumière me convie. Les peintres de l’impossible Hodler, Monet et Munch, me font entrer dans leur rapport au rayonnement du soleil, et à ses reflets sur les paysages, et sur eux-mêmes. Et, entre ces moments suspendus, je regarde les êtres dans le métro et je perçois des envies de vitamines tombées du ciel. Je ferme alors les yeux, je ne dors pas, j’écoute les électrons me raconter tout bas, « la fée électricité pédale à fond, comment vivre sans lumière » ?

 

 

 

Nuit sous les plis ou pluie sur le nid

Le silence ronronne, la nuit agite ses moteurs, ça circule sur le périph.

Le ciel n’a d’yeux que pour la lune, il paraît que Bowie y habiterait et aurait rejoint Major Tom.

Dans la nuit sous les plis…des idées saugrenues pleuvent sur le nid.

L’Homme est-il l’avenir de l’ours ?

Saviez-vous que l’ours était un mammifère qui a mal tourné ?

Carnivore puis omnivore il s’est adapté à son environnement.

L’ours est plantigrade comme l’Homme, il s’appuie sur ses plantes de pied pour marcher ou courir (50 km/h). Il n’est donc pas digigrade comme les chiens et les chats. Il est dextre, le Panda a six doigts, il a un pouce opposable pour tenir les tiges de bambou.

La majorité d’entre eux vivent dans les régions très froides du globe, dans le nord, l’Arctique l’Alaska l’Amérique du Nord la Russie mais une petite population réside sous l’équateur en Malaisie, en Chine, en Indonésie…et quelques uns en Europe. Ceux des Pyrénées une trentaine sont les descendants d’un ours slovène Pyros.

Toutes les espèces ne pratiquent pas le sommeil hivernal. Exemple l’ours polaire qui ne craint pas les températures descendant jusqu’à -40. Son sommeil hivernal est léger, il se réveille. Pendant son hibernation un petit bouchon de poils se crée au bout de son tube digestif. Leur cœur bat toutes les 20s pendant cette période. Pour se nourrir ils piochent dans leur graisse mais pas dans leur muscle.

Ils sont arrivés il y a 20 millions d’années. La 1ère branche c’est le panda, ligne européenne. La 2eme c’est l’ours à lunettes et la 3eme ce sont les urcinés (brun, blanc et noir).

Michel Pastoureau rapporte qu’au 12/13eme s l’ours était le Roi des animaux mais l’Eglise l’a évincé de son piédestal car il avait un caractère anthropomorphe ! Animal à la force bestiale, aimant la luxure, le plaisir, la chasse…

Il faut savoir qu’Arthur vient de Art qui veut dire Ours.

En résumé courez au Musée d’Histoires Naturelles de Paris et visitez l’exposition « Espèces d’Ours ». Je n’ai photographié que les squelettes mais un certain nombre sont naturalisés par des taxidermistes. Vous verrez des films passionnants et lirez la légende vraie autour du Teddy’s bear !

 

Le samedi lutin

Se coucher à 3h du matin après une belle nuit de discussion et de dégustation multiple, passée en bonne compagnie, c’est un mode de régénération qui donne des ailes et accélère la pousse des poils.

Ce samedi je me sens lutin, j’ai laissé ma nuisette au placard, je détache mon regard noisette pour traverser le ciel éclairé par le soleil froid du matin. J’ai chaussé mes godasses de djinn, je vole, ma monture a la bride défaite. Un ristretto c’est assez pour mettre un pied dans la chaussette. Il fait frais. Hum hum hum.

Un chien cyclope nyctalope 

J’ai adopté un chien. Il s’appelle Lux, tellement son intelligence oculaire est lumineuse et il vient de Ur en Mésopotamie.

J’ai déposé une annonce « adopte chien cyclope nyctalope » et le Père Noël me l’a livré il y a presqu’un an sur le canapé en descendant directement de la cheminée. Depuis, il n’a pas bougé. Car dès notre première rencontre, je lui ai dit « pas bougé Lux le chien » !

Parfois, il me regarde avec son mauvais œil, comme s’il voulait me dire quelque chose, sauf que non seulement il n’a qu’un œil qui ne voit bien que dans la pénombre, mais aussi il n’a pas de gueule, ce qui l’empêche d’aboyer.

Lux, la nuit, ronfle et rêve d’Ur dans la douceur.

La police lunaire vu d’ici

La police lunaire de Tom Gauld est une BD poétique, drôle et plus vraie que le réel de notre monde terrestre.

Il y est question de statistiques sur la résolution de crimes qui n’existent pas, et de pression hiérarchique. Le héro voudrait rentrer sur terre car seulement trois humains et un chien ont élu domicile sur la lune. Il s’ennuie et demande sa mutation. Sa hiérarchie, en guise de réponse, lui envoie un psy robot car elle pense qu’il déprime et qu’il a besoin de soin ! De plus, personne ne veut le remplacer, et il obtient de bons résultats.

Le robot psy ne va pas tenir la distance, il trébuche au moindre obstacle sur le sol et a besoin de l’aide du policier pour retrouver sa mobilité. Il implosera à la première recharge électrique.

Mieux qu’un verre de Whisky, je vous conseille ce livre de poésie écossaise qui nous invite à rester au chaud avant ou pendant la tempête.


Songes étranges

L’hiver, le poil protège. L’été c’est loin d’être esthétique et pas très aérodynamique.  En conséquence, je revendique la possibilité de troquer ses poils contre des ailes. Oui, mais pas n’importe quelles ailes, des ailes d’anges ! Au choix celles de l’angelot de la Cathédrale de Berlin ou celles d’un ange (barbu) du jardin du Luxembourg voire celles de l’ange en bois du musée des Beaux-Arts de Nancy.

L’heure de l’être ange n’a pas sonné, en attendant, je vais retrouver les mésanges de ma campagne, en fermant les yeux.

 

L’âme du « faune » (sans 4G)

Du jardin du Luxembourg au Finistère en passant par Debussy et Picasso

L’heure est au « phone », à sa petite musique de mots, à peine écrits qu’ils s’effacent, mais aussi, à son ouverture sur un univers du possible, inter-planétaire, ultra-connecté qui dépasse les mots. La constellation du « phone » nous satellise, nous fait voyager, et parfois, nous déconnecte de nous-même.

« Qu’il fasse beau qu’il fasse laid », j’aime à changer d’air, retrouver l’univers du solide, du tangible, et paradoxalement celui des mythes grecs, ce n’est pas mieux me direz-vous, et bien pas si sûr, car c’est un retour aux sources, aux fondamentaux, qui aide à passer du virtuel à l’Humain. Le mythe n’est-il pas une lecture saine de l’Homme et de ses passions, une façon de nous faire réfléchir sur le mode de la métaphore et de l’auto-dérision sur le dérisoire et l’essentiel, pour mieux nous aider à revenir sur terre.

J’avoue ma proximité pour le « faune » du jardin du Luxembourg. Pas de sonnerie entêtante, j’ouvre grand les yeux, et je me laisse envouter par le son muet de sa flûte. Je le suis avec mes oreilles pointues, fruit d’un mimétisme naturel, et je me rappelle les notes du prélude à l’après-midi…Des petites cornes poussent comme des feuilles d’hêtre sur ma tête, une longue queue bourgeonne derrière mon sacrum, et je pars, ailleurs, sautillante, esquissant les pas d’une danse légère, mue par un sentiment de bien-être et de détachement, en équilibre instable sur le sol. Mais le plus fort, c’est lorsque s’invite l’autre « faune », celui que l’on n’attendait pas, et que vient le moment de danser à plusieurs comme sur la lithographie de Picasso « la danse des faunes ». Nous célébrons alors la vie ses joies, ses peines, tout en jouant, le corps en mouvement. Et, pour poursuivre au pays des « faunes », au bout de la terre de ma chère Bretagne, j’en ai rencontré un, en eucalyptus, sculpté par Virginie Ferragu. Sa tête lubrique me rapproche de la réalité et de mes Humains d’amis qui le sont tous plus ou moins… »faunes ».

 

 

« Où est le houx » ? Ou « to be or not to be » autant de questions sans réponse…

« CQQPCOQP » ce sont les initiales des questions (comment quoi qui pourquoi où combien quand pourquoi) à se poser au début d’un CPS (creative problem solving) pour décrire une problématique avant de dérouler une méthode de résolution de problème. Pour ce soir, ma question métaphysique est plus simple « où est le houx » ? Cette question n’est pas référencée dans les livres de management, elle se pose pourtant à tous ceux qui veulent décorer la porte d’entrée de leur habitat à l’approche de Noël. A Paris, on trouve le houx chez les fleuristes, à la campagne, il suffit de se perdre en forêt.

Revenons à des choses sérieuses, selon William Ned Herrmann, grâce à nos couches successives, génétiques et d’acquis en termes de culture, d’éducation, d’apprentissage, d’expériences, chaque être humain sollicite plus ou moins son cortex gauche ou droit, et son limbique gauche ou droit. La méthode Herrmann nous permet en répondant à un questionnaire de savoir comment on utilise les quatre cadrans du cerveau, quelles sont nos domininantes. Autrement dit, la manière dont vous vous questionnez vous dira pas mal de choses sur qui vous êtes. Pour résumer, nous sommes tous des utilisateurs asymétriques de ces 4 zones du cerveau (cf schéma ci-dessous).

On est tous plus ou moins « bleu » (cortex gauche), logique analytique factuel rationnel -> zone du cerveau qui répond à la question du quoi ?
plus ou moins « vert » (limbique gauche), organisé conservateur minutieux -> comment ?

plus ou moins « rouge » (limbique droit), émotif, empathique, kinesthésique -> avec qui ?

plus ou moins « jaune » (cortex droit), intuitif global créatif -> pourquoi ?

Mais « où est le houx » on ne sait pas à quelle partie du cerveau le rattacher ? Peut-être au reptilien, au côté animal !

Antigone n’est pas de sortie (68)

Ce soir je me pose…j’en vois qui sourient, moi aussi !

 

Ce soir je me pose, et me dépose, bercée par l’air du temps qui s’est infiltré par le toit. J’écoute, je regarde, je sens que le nid se remplit d’un vide qui ne l’est pas, je mesure le côté plein du « gone » d’Antigone. Ce n’est pas un polygone, mais la politesse d’une forme imaginaire. Je la mesure à l’aune d’un instrument absent des comptoirs ou de la géométrie. Elle n’est pas très lisible, elle se laisse entrevoir, son dessin n’est pas très net net net. Pour la saisir sur les bords, je lui parle dans un langage qui flirte avec le vertige. Et progressivement, Antigone s’éveille, se déplie, déroule ses bigoudis, et aère ses yeux tout remplis d’embruns. Petit monstre marin parisien, elle enlève sa carapace, d’un coup de zip, puis se plonge sur son tapis de plage, presque nue. Ce qui la protège ce sont ses grains de beauté sur sa peau car ils poussent pour mieux repousser la nuit et le jour. Ses grains communiquent entre eux et lui murmurent des histoires, des idées bizarres. Et quand la connexion est à son zénith, une muse vient lui titiller le museau, et sa souris s’amuse de son jus de cerveau. Avant que la fatigue ne prenne le dessus et que sa tête ne s’embrume, elle prend son manteau, et met son côté « gone »en avant comme une lampe de poche. Un tour de clé, elle part goûter le sirop de la rue, et croise ceux qui sourient, et elle se dit, moi aussi !

PS : ce soir c’est un peu spécial…c’est mon 68ème article, des milliers de visites de France, du UK, de Thaïlande (merci Charles :-))) s’y sont retrouvés. Ce blog, je l’ai créé le 28 août 2016, le jour où nous sommes allés à Rock en Seine avec Ph. Notre pH n’est pas resté neutre cette nuit-là…car il a fallu se désaltérer tellement il faisait lourd, même après minuit. Nous avons retrouvé nos yeux d’enfants, et notre sourire « banane », en écoutant et en regardant Sigur Ros, un groupe islandais qui vous laisse sur place en vous imprimant l’ineffable sur votre mémoire avant qu’elle ne s’efface (cf. mon article sur le sujet).

« La photo en une » de ce 68ème article, qui démultiplie par l’effet de la boîte de Kusama le reflet des diodes et de mon oeil qui frise, c’est un autre fragment de ma mémoire, un détour du côté de la Lorraine avant le 15 août du côté de chez Catherine et qui a donné lieu à plusieurs articles.

A bientôt, pour des nouvelles or et ange, du jus de bitume, des histoires qui tombent du nid et qui se plaisent à zigzaguer entre le ciel et des bouts de l’ailleurs. Soyons fous, laissons passer la lumière, posons-nous, déposons notre carapace.

Spéciale dédicace à Mon Captain qui répond à ma prose par des poèmes en rimes, sans frime, juste en étant lui-même car c’est la meilleure façon d’être…. Vive la Bretagne !

Sleep tight, don’t let the beds bugs bite, je vous embrasse.

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Rêve de glisse…je glisse dans le rêve 

Surf, skate, roller, trottinette, le sport ou l’activité de glisse est tendance. Les sensations sur l’eau ou sur terre ne sont pas comparables. Une vague ça envoie du lourd, le bitume ça remue moins. Dans un cas, c’est la mer qui t’emmène, et dans l’autre, c’est ta propulsion qui emmène le bitume avec toi.

Ce soir, je rêve de glisse les yeux ouverts, je me dis « ecce omo », la vie c’est comme la glisse, parfois on se régale, parfois on galère car on rame à contre courant. Mais la glisse c’est tellement bien qu’on y revient. Vous prendrez bien encore un peu de réglisse !

Plus confortable sera le moment, tout à l’heure, où je glisserai dans le rêve, après avoir brossé mes dents au dentifrice à la réglisse…

Clown sans nez rouge

Petit clown en herbe,

Une orange à la place du nez,

Je fais des galipettes,

En allant voir et écouter des artistes.

Ma tête tourne toute seule,

En orbite entre ici et l’ailleurs.

En ce 13 novembre, je me rue, je cours du côté de l’Art, l’Art qui court les rues, l’Art tout court, l’Art de vivre, et du comment vivre.

Comment vivre quand on est clown ? En essayant d’être heureux avec ceux que l’on aime et qui vous aiment, la banane en bandoulière.

Les contes d’Hoffmann sans Jonas Kauffman

Hier a l’Opera Bastille, avec Mon Captain et Cécile, nous en avons pris plein les yeux et les oreilles. La mise en scène et les décors étaient extraordinaires, entre contemporain dépouillé et baroque, entre histoire vécue en directe et mise en abime de l’histoire dans une autre histoire. Le poète incarné par Ramon Vargas a su remplacer au pied lever Jonas Kauffman et nous embarquer dans son ivresse, au pays du boire et des déboires amoureux. Le moment de folie en termes de mise en scène, et d’histoire et de beauté du chant, fut la scène d’amour avec l’automate Olympia. La chanteuse était extraordinaire, elle nous a donné l’illusion qu’elle n’était qu’un mannequin fruit du cerveau d’un professeur Nimbus. C’était drôle, subversif, et aussi remuant.

S’il reste des places, foncez c’est énorme génial en tous points.

Et le chef Philippe Jordan assure as usual !

Vorfreude (l’anticipation joyeuse de celui qui imagine un plaisir futur)

Parfois, j’ai les crocs !

Vous souvenez-vous de cette affiche faisant l’apologie de la lecture, Gérard Philipe, les yeux exorbités, dévoreur de livres, et affichant un sourire de délectation ? Cette publicité décalée orne certains murs d’une des boutiques de Gibert Joseph boulevard St Michel.

L’amour des mots, des livres, de la langue. Et la dialectique des  mots et de l’amour, quel bonheur, …c’est le thème du « positive lexicography project » de Tim Lomas. Son site web comprend un lexique de mots d’amour, 62 langues s’y retrouvent, ces mots parlent d’amour et de bonheur et sont sans équivalent d’une langue à l’autre.

Et même si traduire c’est trahir, je vous donne un aperçu avec MAMIHLAPINTAPAI qui vient du Yagan langue amérindienne parlée en terre de feu et qui signifie un regard échangé entre deux personnes dont chacune espère que l’autre va prendre l’initiative de quelque chose que toutes deux désirent, sans qu’aucune des deux y parvienne.

Je ferme ma bouche, et vous encourage à développer « ce vice impuni, la lecture », et à vivre d’autres sentiments dont la nuance dépasse les mots et leur traduction.

Âne : un autoportrait « vérité »

Âne est plus ou moins poilue, elle perd ses poils et est au poil en « bonne » compagnie.

Âne a une bonne vue, c’est pourquoi elle conduit et pratique l’auto-dérision.

Âne préfère l’herbe au bitume, ou l’inverse. L’hiver, elle boit des tisanes pour éloigner le rhume. L’été, elle évite le soleil car sa peau craint la surexposition.

Âne aime la mer, les sirènes, et les petites algues, parfois elle rêve qu’elle nage dans l’océan.

Âne préfère la nuit au jour, ou le jour à la nuit, tour à tour, et puis s’en va, retrouver son espace qui n’a ni bordure et alentours.

Âne crâne sauf lorsqu’elle sort avec ses oreilles dépliées.

Âne est libre de ses quatre pattes, quand elle vole, elle fait des pirouettes avant de retomber sur ses pattes.

Ânnette, Aneth, Animae, Âme, Anne

Grains et graines sous le soleil d’automne

Le petit animal, que je suis, trimballe un grain de sable dans son œil. Ce morceau brut et cristallin s’est extrait d’une plage de Bretagne. Il a fait le chemin jusque dans mon globe gauche. Ce grain breton donne à mes larmes un goût iodé et salé. Il distille aussi un goût de miel et de caramel. Je le conserve jalousement car je vois mieux ainsi.  Les jours de marée parisienne et de grands vents entre les tours de béton, j’ouvre grand l’œil et mon grain lève le voile, et me voilà embarquée sur l’océan auprès de Mon Captain.

Le petit animal est rempli également de graines dans son cerveau, des céréales qui germent les jours de pluie ou des petits pois qui se transforment parfois en purée. De temps en temps, pour aérer ses grains et ses graines, il écrit ou il s’exprime en ouvrant le bec, et s’étonne lui-même de ce qu’il met en mots ou dit.

Le cerf is back : il aime la nuit et ne sort jamais incognito

C’est vendredi soir et mon ami le cerf ne peut résister à l’idée de sortir du côté de la forêt forêt. Il se prépare, s’habille, se déshabille, s’amuse, et danse sur « light my fire ».

Tel un sapin de Noël, il pense qu’il ne se fera pas repérer. Il a des idées bizarres, et il ne craint pas les chasseurs car il leur fait un peu peur…En revanche, il fait marrer les biches et les fait danser, tout en se prenant pour un cerf volant, venu d’un autre monde.

 

 

Bon pied bon oeil : attention au wild rabbit

Ce lapin là, il est plutôt discret d’habitude. Mais ce soir, il tape du pied car il se demande pourquoi je ne dors pas. Après enquête, il semblerait que je n’ai pas suffisamment respecté le palier de décompression entre le 4eme et le 5eme étage, un peu plus tôt dans la soirée. Je vais m’oxygéner davantage avant de monter dans le nid et surtout arrêter le thé de minuit sur les conseils de xx sans oublier d’éteindre la lumière produite par mon électricien préféré qui ne nous doit pas que la lumière. Turn off et don’t forget the wild rabbit :))) Attention, je vous ai à l’oeil !

Quand la danse envahit la salle : un virus qui vous fait du bien

Samedi à l’Opéra Garnier, le dernier ballet était signé Tino Sehgal. Il ne portait pas de titre. C’était une création. Le début du spectacle a commencé dans la salle avec une utilisation inattendue des lumières sous la coupole, dans les balcons et les baignoires, comme si nous étions installés, confortablement, dans une boîte de nuit. Alternativement, les espaces s’éclairaient, puis passaient dans la pénombre, et cet effet « spot light » a durée plusieurs minutes, dans le silence et l’étonnement. Puis ce fut le jeu des rideaux de scène, ouverture fermeture, tour à tour, ce qui nous permettait de voir les coulisses, l’envers du décor. Enfin, le fond de la scène au départ métallique s’est vu couvert d’un miroir qui nous renvoyait notre propre image, en pleine lumière, dans un décor de rêve.

Puis, la musique électronique a commencé à battre la cadence, sur un rythme bien « dance », et là, ô surprise, nous avons vu des danseurs immergés dans le public, se mettre en transe. À côté de nous, une jolie blonde, les cheveux longs détachés, se remuait des pieds à la tête. Les spectateurs observaient avec joie, ou envie, voire semblaient gênés sauf dans une des baignoires où le public s’est mis aussi à danser.

C’était un virus comme on en voudrait tous les jours, un de ces virus qui vous fait du bien.

« The season’s canon » de Crystal Pite : l’expérience d’un ballet contemporain IMMENSE dont on ne revient pas…

Un concentré de re-créations sur les Hommes, ce qui les relie entre eux, et à la Nature.

Hier soir avec mon amie la fée, B., nous nous sommes retrouvées. Nous avons évoqué les vacances, et des projets de sorties, entre autres. Nous étions au Harry’s Bar, un cocktail pour l’une, un Inchgower 12 ans pour l’autre, et des macarons de chez Ladurée choisis par B. (rose, cassis, réglisse). Un régal, et bien vite, on s’est mises à rigoler, c’était une évidence, nous serions « paf » à l’Opéra Garnier, et toutes sucrées, car il fallait bien fêter nos retrouvailles. Peut-être avions-nous pressenti que la secousse, sous la coupole de Chagall, serait tellurique ? L’alcool aiderait à supporter ce moment « trop humain », pour être regardé de face, sans vitamines !

Bien placées à l’orchestre, 4 oeuvres de danse contemporaine au programme, les 2 dernières étaient des créations mondiales : « In creases » de Justin Peck (musique Philip Glass), « Blake works I » de William Forsythe (musique James Blake), « The season’s canon » de Crystal Pite (musique Max Richter) et « sans titre » de Tino Sehgal (musique Ari Benjamin Meyers).

Les deux premières oeuvres nous ont confirmé que la soirée serait un enchantement. Ces pièces étaient de facture classique, pour de la danse contemporaine. Rien à dire. Les danseurs étaient parfaits. Puis ce fut l’entracte. Nous avions la banane.

Démarre « The season’s canon » et nous avons changé de dimension. Tout d’abord, la musique. Crystal Pite, la chorégraphe, a choisi l’oeuvre des 4 saisons de Vivaldi revisitée par Max Richer, un compositeur allemand, post minimaliste qui a re-créé 75% de la partition. Courez vous procurer l’album paru chez DG en 2012, c’est osé mais juste génial. Vivaldi, le prêtre roux, s’il avait vécu au 21ème siècle, n’aurait pas renié cette mise à nue de sa partition. Cette version, est à la fois allégée du concentré de notes de Vivaldi, et enrichie d’une palette de couleurs sonores d’aujourd’hui, elle résonne résolument comme un pont entre la Venise du 17ème et notre monde contemporain. Je vous la recommande à dose homéopathique. Pas de meilleur médicament pour l’âme.

La chorégraphe Crystal Pite a été formée et influencée par William Forsythe, et son ballet de Francfort. Elle a dit ceci « pour moi, créer c’est comme regarder à travers une loupe, une opportunité de voir le monde avec davantage de détails et de clarté ; c’est une expérience de l’agrandissement, de l’exhaustivité et de l’abondance. J’utilise la chorégraphie – l’acte de créer quelque chose – pour me confronter au sens même de ce qu’est la création. C’est la construction, le façonnage, l’entrechoquement, le montage, la composition, l’assemblage et l’excavation que je retrouve quand je chorégraphie, l’acte même de fabriquer, qui me relie le plus profondément au monde naturel, à la brutalité et à la beauté qu’il contient. Cette pièce est un geste, une offrande. C’est autant ma manière de faire face à l’immensité et à la complexité du monde naturel qu’une manière de lui exprimer ma gratitude. »

A propos de la musique de Richer elle écrit « La partition contient une tension entre simplicité et complexité, entre des espaces vastes et vertigineux et de minuscules densités. A travers le corps humain, j’essaie de rendre cette musique visible. Et pour moi, les structures et états qui découlent de ce corps évoquent des phénomènes naturels : germinations, migrations, mutations, transformations, et la lutte pour la domination et la survie au sein du monde naturel. »

La scénographie s’appuyait sur des vidéos dépouillées. Les images étaient abstraites, et sobres, des couleurs décolorées et mélangées, pleines de nuances. Nous sommes partis du gris noir, de l’image post apocalyptique du monde pour aller vers une vision solaire, orange, flamboyante de la renaissance du monde.

Le buste des danseurs et des danseuses était nu, ils portaient un pantalon avec des pans de tissus larges, dans les tons de kaki.

Les tableaux du ballet de l’Opéra de Paris décrivaient des masses humaines, reliées, formant des touts qui s’agrégeaient, se mélangeaient et se décomposaient. Régulièrement, ils ondulaient d’un côté vers un autre. Ou ils formaient une ligne droite et de manière synchrone ou asynchrone, leurs bras esquissaient des cercles. La coordination était extraordinaire. Les effets produits par les corps des danseurs étaient tellement forts qu’on était dedans, dans cet ensemble grégaire, au milieu de ces Hommes reliés entre eux. Des êtres tentaient de s’individualiser, puis étaient happés par la masse. Rien n’était mécanique, les pas, les mouvements, de chaque danseur (ils étaient une cinquantaine) nous renvoyaient face 1ère, dans la vie, la création, la nature, l’instant, sa mobilité permanente et son impermanence aussi. La gestuelle était d’une extrême netteté, d’une telle précision que tout en nous semblait bouger et inter-agir.

Cette chorégraphe nous a donné à voir, écouter, imaginer, ressentir, un concentré de créations, sa représentation sur le devenir des Hommes, de la société humaine face à la Nature. C’est un pari fou que de s’y essayer, de prétendre pouvoir aligner sur une scène, un tel spectacle, sur la complexité et la simplicité de la vie terrestre. Je surfe sur une pensée flottante, car ce spectacle nous a trimballé de l’infini grand à l’infiniment petit, et ce fut un moment rare, privilégié. D’ailleurs, le corps a dû mal à digérer ce qui l’a remué, tendu, relâché, emporté, bousculé, émerveillé. C’est comparable à l’effet d’un raz de marée, un bloc géant d’émotions et d’intelligence, qui assomme, ça c’est pour la vision champ large, macro, et à la sensation de perles de pluie fines, légères, mais profondes, à la distillation d’idées et des sens, ça c’est pour la vision microscopique, au scalpel.

J’espère vous avoir donné envie d’aller voir ce ballet. Sur YouTube, vous trouverez des extraits, en attendant qu’il passe près de chez vous. Et surtout, j’ai un rêve, que cette re-création du monde soit projetée dans le ciel, et que tous les Hommes puissent la vivre un jour, sur terre.

 

 

 

Pirate de l’immatériel

Voyages en roues libres

Sous ma cap de pirate, je fuis, je suis, sur mon vélo. Entre les gouttes, je me faufile, et je songe à mon vol en train de se faire, qui n’a pas de consistance, et qui ne vaut pas trois cacahuètes. L’objet du délit, saisir le temps, sans lui demander la note, car la « conta », dans ce cas, ne compte pas, mais le décompte en revanche est bien là, qui résonne, et fait splash, à chaque coup de pédale.

En cet instant, je voyage dans la profondeur immatérielle du temps, qui s’efface et qui est, alternativement, ou de manière synchrone, avant de s’effacer à nouveau et de renaître, jusqu’à s’inscrire par bribes, plus ou moins déformées, dans ma mémoire de pirate.

Je fais des loopings, ou du sur place, le temps goutte, et me submerge. En zig zag, j’avance en crabe, j’en ai oublié mon vélo. Les roues sont libres, le pirate voyage, le pirate est libre, les roues voyagent. Le temps a piraté mon vélo, mon cap est de pirater le temps, pour retrouver mon vélo et sentir les coups de pédale, réels, imprégner, mon corps et ma tête de pirate.

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Allons zi allons zon : zig boum zong zong

Tiens, c’est octobre !

Un mois octogonal en BRE, qui se conjugue avec le début de l’air froid, celui qui passe à travers le toit, et qui s’immisce dans le nid, pour mieux tutoyer mes oreilles jusqu’aux doigts de pieds.

Les mouches de l’été se sont rencardées, au-dessus de ma tête. La musique sort de leurs ailes. Je danse la zig boum zong zong. Avec un doigt dans le grouin je réfléchis mieux aux pas, qu’il ne faut pas, surtout ne pas, inverser. Zig boum zong zong n’a rien à voir avec zong boum zing zing.

Allons zi allons zon !

 

 

Un gramme de légèreté : nourriture cosmique

Un jour, ou l’autre, sans le savoir, nous croquons ou plutôt avalons des insectes. La nuit la bouche ouverte, le jour en pédalant sur nos vélos imaginaires.

Les insectes sont parfois comiques, ils se moquent de nous et de nos dents plus ou moins mordantes, incisives, ou sages !

Ces dessins sont de Rébécca Dautremer comme sur l’article précédent.

Des mots plein la bouche : pirouette ô cacahuète 

Le silence est d’or, le mot de plomb. Ou est-ce l’inverse ?

Je rêve de dessins, les mains sur l’écran ou dans les poches.

C’est le moment de s’y coller, de décoller. Les mots se dessinent, les dessins se forment, tout se confond et s’aligne.

Une flamme s’enroule et déboule, du côté de Tréboule. Pas d’esquive, je prends les mots et la bouche qui les trimballent et j’avale la vie.

Pirouette ô cacahuète

Oh My dear : de quel bois te chauffes-tu ?

Cher cerf, oh My dear,

Le deer relève de la famille des cervidés et celle ou celui qui vous est chère ou cher, your dear(est) vous rend parfois écervelé(e).

Dans les bois, l’heure est au brame, les cerfs combattent pour leur belle, et cela peut virer au drame.

Celui qui aura les plus beaux bois aura peut-être la chance de rencontrer sa belle.

Montre-moi de quel bois tu te chauffes et je te dirai qui tu es ?

My dear deer aime mon canapé, il a mis mon cache nez autour du cou. Son nez est écorché, il a le cœur léger.

Sommeil de la ligne claire

Les mots sont en vacances, le crayon est de sortie. Le marchand de sable a retrouvé sa mine du soir, son papier quadrillé et sa gomme. La tête posée sur le moelleux d’un oreiller, ses rêves suivent la ligne claire du sommeil. Plus un mot, une étoile de mer s’est endormie sur sa bouche …il navigue au fond de la mer Iroise, à moins que ce ne soit dans une baie.

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En nuit avec Antony

Le temps d’une nuit, j’ai éteint tous les bruits de Paris. J’ai soufflé sur les réverbères, et sous la protection de drôles de chouettes, j’ai marché, bras dessus bras dessous, avec mes ami(e)s du monde d’ici, d’en bas et de là-haut. Le temps était suspendu, nous étions muets parce que les mots s’étaient tus aussi. Il n’y avait pas d’ennui, juste la nuit, et l’air silencieux qui ondulait depuis la flûte de Pan. Nous avons dansé, en rythme, enveloppé par le drap de la mer de la tranquillité.

 

 

Concerto pour la main gauche

Ravel

Le concerto pour la main gauche de Ravel était dédié à Paul Wittgenstein (frère de Ludwig (*) qui avait perdu son bras droit pendant la Grande Guerre. Le dédicataire a modifié la partition lors de sa 1ère exécution en public en 1931 car l’oeuvre lui semblait manquer d’élan. Ravel se sentait incompris, trahi. Il n’entendra jamais la version pour orchestre dans le respect de sa partition donnée en 1937 l’année de sa mort.

Une seule version à emporter sur une île déserte, celle de Samson François.

(*) : le philosophe fasciné par la puissance des mathématiques a écrit notamment Tractatus logico-philosophicus qui se compose d’aphorismes sur le langage, ses pièges, et une réponse philosophique qui conduirait au silence.

Il a écrit par exemple : » ce que l’on ne veut pas dire, il faut le taire. » Ou « le monde est tout ce qui arrive. »

 

« 12°5 » : un nouveau jajazine en primeur

L’appel du chenin…(suite)

Si vous aimez les recettes de cuisine et vous vous intéressez à ceux qui les conçoivent et les réalisent avec passion, pour vous, dans leurs restaurants, ainsi qu’à leurs fournisseurs, adeptes de la permaculture ou de l’élevage de chèvres du Rove, je vous invite à découvrir chez votre libraire préféré ou ailleurs, le magazine 180°C ainsi que leur blog http://www.180c.fr/la-gazette/

Demain va paraître « 12°5 » leur second magazine, qui fait honneur aux vignerons qui aiment leur terroir et aux recettes qui pourraient s’accorder avec des vins choisis par les journalistes amateurs de ce breuvage millénaire. Ce soir, l’équipe rédactionnelle et des vignerons d’exception ont fêté la sortie « en primeur », dans la librairie « comme un roman » de la rue de Bretagne, ce jajazine, comme il se doit.

Le chenin est de retour grâce à un reportage sur Patrick Baudouin, un vigneron de Savennières qui a changé de cap à 40 ans. Lisez, dégustez ses vins et vous comprendrez.

Le chenin, c’est une autre route du vin,  quoique je fasse, j’y reviens…

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Le drapé dans l’art grec

It is time to go to bed

De la Victoire de Samothrace au Louvre à l’Aurige de Delphes, la sculpture grecque reste la référence en termes de proportions, de lignes et de mouvements. Tout est là, tout ou presque. Sauf qu’aujourd’hui, il manque souvent la tête, les bras et les organes sexuels.

Minuit, c’est l’heure de regagner le lit, et de se draper en son entier des orteils à la tête, avec tous ses membres. Grec ou pas, faites de beaux rêves, et vive l’Art, qui vous enveloppe comme un drap ! Et au petit matin, l’art du drapé vous ramène au Parthénon, les cheveux en pétard et cette représentation, on ne la retrouve pas dans l’art grec…bizarre !

 

 

Des ondes blondes à « Villetrun gum »

Du blé plein la tête

Le blé est la céréale qui a balayé mes horizons, et coiffé mes yeux, depuis l’enfance. J’étais blonde comme eux, avec des poils raides sur la tête. A perte de vue, ils se tenaient droit, jusqu’à ce qu’une brise soulève leurs crêtes, et les conduise à se balancer à un rythme régulier. A ce moment précis l’étendue jaune paille ressemblait à l’étoffe d’un océan terrestre qui semblait avancer vers un ailleurs.

Sur les chemins qui longeaient les champs, je me faufilais avec mon petit vélo orange, pédalant sans interruption, plus rapidement qu’éole, et je virevoltais dans ce paysage lunaire.

Je me souviens aussi quand on croquait la céréale, et qu’ensuite on la malaxait pour en faire un chewing-gum « home made ».  Et dire que mon frère aîné a travaillé longtemps pour le grand groupe agro alimentaire fabricant de la plus célèbre marque de gum du monde. « Hollywood » c’est super bon mais « Villetrun » gum ça le fait encore plus !

Oui, je me souviens comme ça sentait bon le blé, pendant la moisson. D’ailleurs, les poussières de paille s’infiltraient partout, et on se grattait, on n’en avait pas que dans les yeux et les oreilles, on en avait dans la tête, plein la tête.

 

Equinoxe d’automne

Le soleil à son zénith jeudi 22/09/2016

Entre le solstice d’été et le solstice d’hiver, l’équinoxe d’automne est l’un des deux seuls moments de l’année où le jour et la nuit ont une durée égale. Comme la terre tourne autour du soleil en 365 jours 5 heures 48 minutes 45 secondes, l’équinoxe d’automne ne tombe pas le même jour chaque année, mais mathématiquement il peut se tenir entre le 21 et le 24 dans l’hémisphère nord. Et en 2016, l’équinoxe d’automne viendra nous taquiner jeudi 22 septembre. Le soleil sera alors à son zénith par rapport à l’équateur terrestre et dès le 26, il perdra 3 minutes 33 secondes, et les jours seront de plus en plus courts.

Avant de laisser pousser nos poils, et de (re)devenir animal, entre l’équinoxe d’automne et le solstice d’hiver, sortons notre axe de sa rotation, et inclinons nos moustaches vers le soleil.

Tigres et biches let’s dance ! Je connais un chat italien du côté d’Ischia qui s’en fout. Ma che cosa dice ?

 

Preuve à l’appui (cf. figues au figuré)

Merci au chef P de m’avoir envoyé cette photo qui est la preuve qu’il sait cuisiner et partager sa passion ! ça le fait, j’en croquerai bien une part de cette tarte aux figues (au propre)…Cuisine et photographie les deux mamelles (au figuré) de P, entre autres !

 

« Les climats » : sens dessus dessous

Un endroit rare dans Paris, rue de Lille

Si vous n’y êtes pas allés, alors faites y un tour, ne serait-ce qu’au bar, pour déguster un Bourgogne ou deux accompagnés de canapés…C’est un restaurant qui fait honneur à la grande cuisine et aux vins de Bourgogne. Pas ou peu de champagne, mais du crémant de qualité.

Carole dirige l’endroit, Denis n’est pas loin, et le sommelier c’est un phénomène. Je me souviendrai toujours de la manière dont il nous a parlé de Francine Picard, et son Chassage Montrachet c’était une expérience de dingue. Vous ne vous en remettrez pas.

La cave à vins est intégrée côté bar, « visible » derrière une paroi de verres.

Le lieu date de la période Art Nouveau. Il a été rénové tout en ayant conservé le bon côté de son jus. Et, surtout, il est suffisamment aéré et haut sous plafond pour laisser nos sens s’évader sens dessus dessous.

Pourquoi « Antigone gone » comme nom de blog de l’Aneth nette nette pas tout à fait ?

1/ Le côté « sérieux » de l’explication

Parce qu’au-delà du mythe et de sa représentation par Sophocle dans la tragédie grecque que nous avons lue et jouée à 14 ans à Dodone, dans le texte, il existe une version d’Henry Bauchau qui relève de la poésie pure en prose.

Extrait : « Tu n’as jamais été sur la mer, Antigone, et pourtant tu es un vrai marin. Sans voiles, sans gouvernail, voici des années que tu navigues, sans chavirer, … » Oedipe

2/ Le côté iconoclaste

Because, aussi, jeu de mots. »Gone » a un rapport avec le chemin qu’Antigone va faire d’Athènes à Thèbes pour venger son père naturel, Oedipe, puis pour se battre contre la folie de son beau père, Créon, et de ses frères Polynice et Etéocle qui veulent le pouvoir et finissent par s’entretuer, et enfin pour oser enfreindre la loi en ensevelissant Polynice sans l’accord de son beau-père jusqu’à être condamnée et à en mourir…mais aussi « gone » a un lien avec le fait qu’Antigone est considérée comme folle par sa famille, ses amis, et son entourage. Donc « gone » c’est bien prendre la route, tout en étant barré, au figuré.

Donc, voilà ze explanation.

Un autre Ocean – « Blond »

Tout simplement hypnotique

Son 1er album « Channel Orange » est sorti il y a 3 ans, je me souviens du raz de marée, ma tartine s’est décomposée dans un thé noir, au cours de la matinale de France Inter, en plein mois de juillet. Vincent Josse avait égrené quelques pépites de ce concept album de Frank Ocean. Inclassable en termes d’influences (soul, pop, R&B) et engagé côté écriture (critique sociale, et exposition de ses attirances bisexuelles, pas forcément facile quand on est black à LA).

Depuis plus d’un an, on annonçait son retour, c’est chose faite avec la sortie de « Blond » fin août. Il en a réservé l’exclusivité à Apple Music en attendant de trouver une société qui pourrait distribuer son cd. »Blond » sans e (parce que Frank Ocean joue sur les ambiguïtés à plus d’un titre). Dylan n’est pas loin…Souvenez-vous de son album « Blonde on blonde », et regardez la photo de pochette de F.Ocean versus ce cliché de Bob Dylan par Jerry Schatzberg. Sinon, les 2 auteurs compositeurs interprètes sont bien dingues et géniaux tous les 2 !

jerry-schatzberg-bob-dylan-smoking

Ont contribué à l’album « Bond » : James Blake, Jonny Greenwood, Pharrell Williams, Andre 3000, Kendrick Lamar…

 

Allez sur You Tube et écoutez notamment « Pink + white »

https://soundcloud.com/8el0fjwfwoco/pink-white

Figues au figuré (« un gâtois » d’amour…Peau d’âne suite !)

C’est l’été pour quelques jours encore. Au pays des bigoudènes, les figues se plaisent comme les palmiers, mais elles se font attendre, c’est que pour résister aux frimas de l’océan, elles se nourrissent d’iode, et de sel. Elles sont bien plus charnues que les méditerranéennes (et meilleures me chuchotent mes amis bretons).

Une tarte aux figues, j’en ai goûté une, il y a 2 semaines, concoctée par le chef P. également photographe en chef. J’ai un souvenir goûteux de l’association figues, noisettes torréfiées et crème d’amandes. Les figues n’étaient pas bretonnes…mais angevines d’adoption.

Voici la recette de P. issue du site l’Académie du Goût. Composez un appareil de crème d’amande (125g de beurre, 125g de sucre en poudre, 125g de poudre d’amande et 125g d’oeufs), disposez celui-ci sur une pâte sucrée, pré-cuite à 200° pendant 15 min. Disposez les figues en les coupant en 4. Après 20 minutes de cuisson à 180°, rajoutez les noisettes torréfiées et du sucre glace.

Preuve à l’appui !

tarte-aux-figues

Avec en accompagnement, un whisky Taïwanais, un Kavalan, affiné en fut de Porto, la tarte vous fera passer du présent au figuré !

 

L’air de la fée dans Peau d’Ane

« La situation mérite atten…ssi…ion… »

Souvenez-vous des voix qui doublaient les airs chantés des films de Jacques Demy. Pour Catherine Deneuve c’était celle d’Anne Germain. Elle est morte, information communiquée ce matin sur France Q, sauf que nos amis ont passé l’air de la fée jouée et chantée par Delphine Seyrig !

Peau d’Ane c’est mythique, c’est très conseillé de le revoir régulièrement ou a minima contentez-vous de cet extrait.

Une fée j’en connais une, elle habite rue Caulaincourt et mérite aussi atten…ssi….on :)))

BBB : Bach, Bill et la Bretagne (et la mouette)

Ce soir, la composition « peace piece » de Bill Evans enveloppe l’air, libère les notes et invite à faire des petits pas, comme Basho sur sa sente étroite du bout du monde. Son phrasé couvre, sans faire de bruit, celui des moteurs ronronnant du périph.

De Bill à la Bretagne, le chemin est escarpé, il passe par le Canada, les grands espaces, et la maison de Glenn Gould. La partita n°3 accélère le pas. Il ne fait pas encore froid, bien au contraire.

Et hop, l’oeil s’échappe de la fenêtre de l’hôtel Vauban sur le port du Palais, à Belle Ile, pour sillonner la côte, Douarnenez, la pointe du Raz et sa baie des trépassés, et prolongations jusqu’à Locquirec avant de retrouver la douceur de vivre d’un petit port de Loire Atlantique, tout près du Captain et des siens.

Avec dans la tête, le souvenir de lecture d’un très joli conte, « histoire d’une mouette et du chat qui lui a appris à voler » dans lequel Sepulveda écrit « seul vole celui qui ose le faire ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’essence du quinte : Magic Philippe

New Order : Le 21 ème siècle sera spiritueux ou ne sera pas

Philippe et Franck nous ont concocté, pour la 2ème année consécutive, le salon des spiritueux français « France Quintessence » à Paris, au pavillon Ledoyen. C’était dimanche pour les particuliers et hier pour les pros. Il faisait lourd, pas vraiment la bonne météo pour déguster. Pas besoin de se motiver, l’envie était grande, parce que nous savions que ce serait une série de découvertes sensorielles et humaines, hors du commun. Du Magic RPM (rare parce que monstrueux) !

75 exposants, 2 bars à cocktails, des animations organisées par des pros. Et pour notre trio d’amateurs (S., E. et moi), 5 étapes de dégustation (seulement) !

1/ Conte & Filles – cognac

Deux soeurs ont repris l’affaire familiale. Nous avons découvert un VSOP et un XO. Elles s’occupent de tout, sont très impliquées, et soucieuses d’avoir un retour sur leurs 1ères production. Je dis tout de suite que je n’y connais rien en cognac. Leur VSOP m’a semblé équilibré, bien fait, le fût était présent juste ce qu’il faut. Le XO était plus sur l’énergie, la fraîcheur. Une bonne mise en jambe à notre arrivée.

2/ Fanny Fougerat – cognac

Fanny, je n’ai pas échangé avec elle mais une de mes camarades de dégustation, entre autres, la connaissait bien. Nous n’avons pas tout testé, son 4 ans est juste différent de tous les Cognac que j’ai goûtés jusqu’ici. On est sur le fruit, rien de tannique, juste les grains de raisins, il va falloir que j’y aille… et je rendrai visite aux Filles Conte aussi.

3/ Dupont – calvados

C’était juste « facile » car nos palais étaient préparés, et puis, nous avons préféré goûté les vieux millésimes pour rester debout ! Le 1977, non dilué, c’était de la pomme confite, de la rondeur, super bon, rare, nous en avons été défaites. Le 45 ans était plus vif.

4/ Manguin – alcools de fruits

Nous avons été raisonnables, nous n’avons pas tout investigué ! Nous nous sommes « contentées » de quelques gouttes de ligueur de poires affinée en fût de whisky, de celle aux 3 olives noires légèrement truffées et d’une autre aux citrons bergamote. Tout est intéressant mais nous avons avoué notre penchant pour la citron bergamote, qui est fabriquée à partir des fruits en leur entier. Tout y est, l’amertume, l’acidité et la suavité. Idéal pour les cocktails. Une recette est à venir…et vive la « résistance »dans une acception que seul Philippe peut comprendre !

5/ La distillerie de Paris – l’univers des possibles

Nicolas Julhès nous a parlé avec brio de leur volonté de faire bouger les lignes, de sortir du cahier des charges classique et de partager leurs expériences. J’avoue mon faible pour leur gin et ses saveurs en genièvre marquées comme jamais.

 

Chapeau bas et un grand MERCI chers Misters Philippe et Franck, et Alléno (oh your steak of pastèque c’est juste ENORME…) !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Kings of convenience + Erlend Oye : music « cool » from Norway

Les Simon & Garfunkel de Bergen découverts grâce à la revue Magic RPM et vus dans une salle de concert parisienne tristement célèbre. Ils y avaient chanté avec Feist, un moment inoubliable, 2 guitares et 3 voix. Ils vont sortir leur 4ème album bientôt.

L’un des deux mène une carrière solo qui oscille entre électro et kitsch music. Il a vécu en Sicile à Syracuse, « la prima estate » vaut son pesant de « pasta » ! Et « bad guy now » c’est plus que cool. Et si l’été s’éternisait …Petit déhanché et l’heure est à l’ivresse musicale…

 

Category : uncategorized?

Comment de-blogger et prendre son pied ?

Le pire pour un blog c’est de ne pas figurer dans une catégorie, un blog sur tout et sur rien. C’est un peu comme quand on vous dit t’es pas bobo, t’es pas babos, t’es pas mariée, t’as pas de binôme, t’as pas d’enfants, en gros t’es pas casable !

Pourtant en vrai, c’est plus que chouette d’être « outside », ainsi tout est possible, car sans étiquette, la vie peut être protéiforme, à re-inventer, difficile mais belle, jamais la même, un terrain de rencontres, un moyen d’être libre et de prendre son pied.

 

Bunny (oh give me your peaty)!

De l’eau pour vivre malté

Nicky, Anglais d’origine polonaise, m’a initiée à l’uisge beatha, il y a plus de 20 ans. Et puis, la rue d’Anjou est devenue mon chemin de traverse, celui qui m’aide à rester verticale. Après les soirées de dégustation de LDMW, dans les grandes années du club, le tangage du métro pouvait m’inviter à combattre mon mauvais pied marin. De bâbord à tribord, je luttais pour rester debout, car les effluves d’orge maltée me tenaient difficilement en suspension !

Ce breuvage apporte des bienfaits, non seulement il est vasodilatateur mais il est aussi pluriel, herbacé, fruité, tourbé, jamais le même, il évolue, et ne cesse de nous surprendre. Et puis, surtout, il n’a pas son pareil pour délier les langues et faciliter le rapprochement entre les êtres.

Mes conseils : les single malt des négociants plus que les officiels.

Gordon & Mc Phil (G&M) est ze one.

Goûtez son Caol Ila distillé en 2007 et embouteillé en 2016 à 40°. La tourbe est fine, le fumé aérien, Diageo peut aller se rhabiller.

Mais que dire du Bunnahabhain, de chez G&M, distillé en 1999 et embouteillé en 2016, un 52.4% cask 516 Hogshead ? La prune, une gousse de vanille et un léger fumé me soulèvent du siège et me portent au-delà des nuages, pour mieux me rapprocher de ma chouette. Je deviens muette, c’est juste ENORME, FABULEUX, PLUS GRAND QUE L’UNIVERS A L’ENDROIT et A L’ENVERS TOUT ENSEMBLE… Et puis, c’est un cadeau, un présent de 5 absolutley fabulous women.

Dessins et doigté

Crayon sans poil

Dessiner, un peu, tous les jours, c’est aussi vital que marcher, aussi fort qu’ouvrir les yeux, et les oreilles à de nouvelles perceptions. C’est une série d’allers et retours entre le dedans et le dehors, ça aère des trucs, des choses, des machins, c’est une célébration du bourgeonnement qui aboutit à des champs fleuris ou en friches.

Mon crayon est parfois au poil, il dit mieux que mes doigts sur le piano ou les mots. A d’autres moments, ses poils se rebiffent et il ne sait pas dire, il n’accroche pas le papier, ou la mine n’a pas la pointe sûre. Je secoue pourtant le combustible de mon crayon, mais il ne descend pas, le coeur attend sa réaction en chaîne, et ça ne vient pas. Une histoire de trous S, j’appelle A ou W mes fournisseurs d’assemblages. Ils m’invitent à changer de mine ou à réparer mon crayon pour produire une énergie renouvelable, sans fission, sans (ef)fusion…

 

 

La chouette est « Chris »

Filiation cinématographique

Animal au petit bec, tout de plume,

Tu ouvres l’oeil, à 270° s, à la brune.

En quête de mammifères imprudents,

Tu cours les souris et les musareignes,

Et tout cru, les avales, privée de dents.

Sur l’écran de Chris Marker, en filigrane,

Ou dans la mythologie, tu vois sans être vue.

Sans crête, ni aigrette, l’Homme peut-il devenir chouette ?

 

 

 

« Vertigo »

…une forme de Gi Gonq

Pour observer le sommet du ciel, en suivant les index des montagnes, l’idée est de se déposer, d’arrimer ses pieds au sol, du talon aux doigts de pied.

Dans un mouvement d’équilibre, vous penchez votre corps en avant, tout en restant ancré à la roche, le crâne aspiré par l’azur. Puis, tel un balancier vous déplacez votre poids de la droite vers la gauche et inversement, dans un flot continu. Vous relâchez vos bras pour qu’ils accompagnent ce déhanchement, les mains tournées vers le sol. La pression et les noeuds se relâchent, la respiration et les gestes se font de plus en plus amples. Et tout à coup, vous ne contrôlez plus l’embarcation, fini le cabotage, vous nagez en haute mer, tenu en flottaison par les vagues. La navigation peut commencer.

Tiens, ce serait bien que je prenne des pilules contre le mal de mer !

 

 

 

 

 

Et si l’amitié était au bout du chenin

Des anges et du vin

Où l’art et la douceur de vivre ont-ils élu domicile dans notre France hexagonale (*) ? En Anjou, dans le Maine-et-Loire, sur les côteaux de la Loire, du Louet, ou de la Maine. Sur cette terre, les vignes nous invitent à nous laisser conduire par le petit chenin qui sent non pas la noisette mais… la pomme et pas que  !

Le chenin blanc se compose de petites grappes de raisins. Celui de « la Coulée de Serrant » de Nicolas Joly, « le pape » de ce cépage, et de la biodynamie, titre à 15° et plus, mais il ne charge pas. Il libère les papilles, les horizons, et les moines cisterciens qui ont planté ces vignes en 1130, tout près du fleuve, sur un sol de schiste et de quartz, ne savaient pas qu’on atteindrait près de 900 vendanges consécutives.

Quand vous buvez quelques gorgées de « la Coulée de Serrant », notamment son millésime 2007, tout s’arrête. Le nez n’est d’abord que pomme et fraicheur, l’air angevin nous fait tutoyer le divin. Et la bouche, quelle bouche, démarre puissante, puis elle s’arrondit et devient gourmande. Le feu d’artifice, forme d’effervescence provenant du schiste, finit par s’apaiser et s’enrouler autour d’une saveur soyeuse de fruits à noyau, de pêche de vigne. Et la longueur en bouche nous emporte à nouveau sur le terroir, comme pour nous réveiller de cet état de grâce avant de nous achever par son côté explosif. « La coulée de Serrant » ou l’expérience extatique …Mère Térésa nous avait donné sa bénédiction !

Une fois dans une de vos vies, allez en Anjou, du côté de cette demeure de la Roche aux Moines, tout près de Savennières. Ici vivent les anges et le vin.

Cet instant d’éternité, je le dois, à un gamin du cru, qui parfois monte à cru, n’est pas angevin qui veut ! Certes, ce n’est pas moi la mieux placée pour parler de T. mais davantage P. , celui qui a l’oeil qui parle ou qui parle avec l’oeil.

(*) : tiens dans « hexagonal », il y a « gone », qui signifie, en grec, angle mais aussi enfant, engendrer.

Choisir c’est un exercice de « still »

Êtes-vous plutôt « coffey still » ou « pot still » ?

C’est une histoire d’alambic, à colonne ou en forme d’oignon. Le « coffey still » (à colonne et en inox) est le modèle utilisé pour les whiskies de grain, le plus neutre au goût, on est sur de la distillation en mode continu alors que le « pot still » (en forme d’oignon, trapu, et en cuivre) fonctionne en mode discontinu (l’alcool circule plusieurs fois, on parle d’alambics « à repasse »), c’est ce mode qu’utilise la plupart des distilleries qui font du single malt à base d’orge maltée.