A fleur de peau : je mets le turbot (dans l’assiette)

Le nuage s’est drapé d’une étoffe bleue soleil, la musique du ciel entonne une samba de Carlos Jobim, je reconnais les notes de Desafinado puis de Samba de uma nota sô. L’astre blond me secoue la frimousse, je me sens fripouille. Avec mon pull orange, à l’aise dans mon corps, je me balance, Ella Fitzgerald…

Pourquoi la vie est-elle mortelle ?

L’ombre de la nuit me questionne, l’essentiel ne s’écrit pas, ne se raconte pas, ne se dit pas et pourtant c’est stimulant que d’essayer de le regarder en face, ce bout de ciel, rempli d’essence, de carburant, d’en faire un compagnon de route, du doute, et sous son couvert, de s’essayer à la dialectique. A…

Mutation, ion ion, même pas peur !

L’homme mute, par Toutatis, chaque nano seconde, il se distingue de ce qu’il était dans l’instant d’avant et il ne sera pas davantage lui-même dans celui qui va suivre. A regarder de plus près, en approchant l’œil de la lentille d’un microscope, quand certaines de ses cellules se font la malle, d’autres se sont multipliées,…

Nuit m’aide in Japan

Qu’est-ce qui m’a séduit au Japon, je ne le sais pas totalement et ce n’est pas le motif de ma quête terrestre; savoir, oui, mais savoir pourquoi non ! Savoir tout court…sans en chercher la signification, parce que, …et c’est déjà pas mal. Savoir intrinsèquement et ne pas aller plus loin, trimballer ce savoir de…

Joker écoute

Il est plus de minuit et le Joker se raconte des jokes, des plaisanteries pour occuper les heures et se remplir les poches d’histoires à coucher ailleurs. Au détour d’une image sonore, il capte un mouvement du concerto en sol de Ravel et il est saisi par la profondeur de cette musique qui n’a pas…

Étrange maquillage

Parce qu’il pleut, le clown se maquille, pour mieux convier le soleil. Désarmé de son parapluie, il danse et il chante, et se prend les pieds dans le bitume. Ravi, il glisse et tombe, humant la réglisse sur le trottoir. Drôle de clown, sa jolie bouille lui donne un air tendre et inquiet. Métaphysique du…

Clownerie hors de sa boîte

Avertissement, avant usage, clownerie sort peu de sa boîte, hormis pour faire le pitre. Il n’a pas d’heures, il n’a pas d’âge, il se dit libre de ses faits et gestes, et du reste. Ce matin, il s’étire comme un chat, les poils rebelles sous les aisselles. C’est l’automne, le froid titille le bout de…

Feu follette en goguette

Ola, moshimoshi, je bois du petit lait, c’est l’heure du madison à la boîte à frissons. Je pratique la danse en solitaire calée sur les pas de mes comparses, animée par la mélodie et le texte génial de « ma rencontre » de Bertrand Burgalat qui, dès les premières notes part sur un rythme endiablé. J’ai chaud,…

Clown à la fraise

Un petit clown, sur le fil, en haut d’une falaise, se dit, fort aise, waouh, j’irai bien boire un diabolo à la fraise. Il vole, il plane, il virevolte et tombe dans les bras d’une Charlotte à la vanille. Il la regarde avec ses yeux de merlan frit et se prend les pieds dans le…

Avec mes oreilles, je change de regard

Tel le mannequin dans la pénombre, ou ces chats en papier, le museau collé à la vitrine, et mes complices sur cette photo, je regarde avec les oreilles, en tirant les plis entre mes yeux. Parce que c’est amusant, je me glisse, sous l’enveloppe froissée des choses et des êtres ou dans l’espace qui les…

Dans un atelier, tout près du ciel 

Les yeux de face et de côté, happé par la lumière zénithale, mon regard pénètre dans l’atelier de Brancusi, reconstitué à proximité du Centre Pompidou.  Que dire des œuvres d’art présentées dans l’écrin de leur créateur ? Le célèbre baiser, la muse et d’autres sculptures s’animent et me racontent des histoires. Je pars dans l’univers…

Pour une fois, je ne raconterai pas…vidéos amateur

J’ai capturé ces différents moments à une fête annuelle d’Osaka. C’était juste une très belle soirée, in situ, avec des Japonais. C’était un peu dingue pour un gaijin et même pour les Japonais…Un truc suranné, qui lorgnait du côté des chants et des danses traditionnels, ce dont le pays se défait, un peu, beaucoup, mais…

D’Edo au dodo

Ça allait bien, le jet lag, le corps, la tête et le reste. Et badaboum, mon corps s’est mis à avoir froid et le sommeil m’a assommée. J’avais le sentiment de naviguer en territoire ouaté. Pour conjurer cet espace temps hallucinogène, j’ai retrouvé mon matelas plusieurs fois au cours de cette journée et hop, depuis,…

Sourire bleu du pays du soleil levant 

Il pleut, c’est la nuit, un changement de saison se prépare et je me souviens. Je me souviens d’un sourire de femme, c’est l’heure bleue et le pays du soleil levant alourdit mes pas pour mieux alléger mon regard. L’image est surexposée, les parfums, boisé, celui de l’érable japonais, et herbacé, des lotus en fleur,…

Danse les pieds dans l’eau

Le mousse ne s’émousse pas, il est punk et sa pulpe remue les océans. Le capitaine regarde, et veille. Il connaît la vague et la lune qui divague. En bonne compagnie, le mousse et le capitaine dansent avec des bigoudens, les pieds dans l’eau, et sous le soleil, la faune et la flore caressent leurs…

Sur un nuage flottant : retour du Japon 

Sur un nuage flottant, je sens le vent gonfler mon enveloppe. Je plane en position assise, telle Bouddha. Eole déroule les pliures de mon origami corporelle qui a vu ses bouts d’aile s’allonger et se remplumer depuis trois semaines. Aussi, les angles de ma vision se sont arrondis, grâce à un régime alimentaire très oriental….

ABM : à propos du voyage au long cours 

Un voyage au long cours, je sais un peu ce que c’est, car mon existence sur la terre ronde est déjà bien entamée. Toutefois, partir seule, dans un pays de culture et de langue quasi inconnues, et par conséquent, choisir de s’extraire de son environnement proche et confortable, c’est autre chose, même avec les moyens…

Lundi, jour de pluie sur Tokyo : je choisis le chemin de Yanaka 

La Bretagne est venue se rappeler à mon bon souvenir, il a plu à Tokyo ce matin. Encore un coup du Captain ! La température est descendue de 10 degrés, ça fait du bien et les gouttes n’étaient pas minces, c’était de la drache, de la vraie ! Les Tokyoites s’arment de parapluies blancs, noirs…

Fin de semaine, à Tokyo : métro, dodo… 

Depuis quelques heures, j’apprends à vivre au rythme de Tokyo. Là, où je réside, dans une sorte de pension de famille, près du métro Kasuga, sur la Mita Line bleue, à l’ouest de Ueno, tout est calme et vieux. J’aime mon nid et vivre sur des tatamis. J’écris par terre, je dors par terre, c’est…

Poésie : un haïku des saisons 

En automne, je pose L’étai du futur, une digue Pour ohanami. PS : ohanami c’est le printemps, le temps des cerisiers en fleurs, que l’on fête ici en pique-niquant en famille ou avec les amis. 

Pluie dans le train vers Tokyo 

Il pleut dans le train en direction de Tokyo. La souris verte sent les larmes monter et se faire la malle vers le canal et la kawa. Elle est ravie, elle voyagera plus légère à Tokyo… 

Souris solaire, je souris avec mes molaires 

Souris verte, colorée par la photosynthèse, j’ai grandi dans les rizières. Ma petite queue en l’air, je pars tôt le matin, et progresse avec le cadran solaire. Sur Seto, j’aime à traîner mes guêtres, à humer l’humidité des forêts et à danser sur son pont. Parfois, je souris toute seule et j’invoque mes êtres chers…

Dans la rizière, over the window

Derrière la fenêtre, je regarde les ponts, les étendues vertes des rizières (dans lesquelles ma souris gambade avec frénésie et rit aussi) et la mer bleue de Seto (que je n’ai pas effleurée du bout des doigts de pied, seulement du coin des yeux) s’éloigner.  Je sens la nostalgie me gagner, la fin du séjour…

Petit moment de frayeur : à la recherche du wpa key de mon pocket wifi 

Pour circuler librement au Japon, ce serait nettement plus compliqué et donc moins confortable, sans l’équivalent d’une boîte 4G portable, qui me permet de rester connect « thé » en permanence (au GPS, à firefox, au pays sarrasin, à mes copains et à ma famille du 41 de cœur et de sang).  La fluidité et l’indépendance que…

Dans ma chambre à Osaka (2)

Réveil à 6h30, j’ai bien dormi, le bruit des ronflements des moteurs envahit mon espace vital. Les fenêtres sont bloquées, le verre cathédrale m’empêche d’avoir une vue, de regarder et d’aiguiser ma curiosité alors j’imagine… J’arrache le papier peint, je fabrique des lianes et je m’enveloppe dans les draps blancs du lit. Je sors de…

Sur mon lit dans le noir à Osaka (1)

Pour danser, j’avais envie d’horizon alors je me suis allongée sur mon lit, dans ma chambre d’hôtel de 8 mètres carrés. Les bruits de la ville d’Osaka ne sont pas virtuels ni lointains, bien au contraire, ma chambre fait écho de leurs présences. Il faut bien que les Hommes vivent et usent de leurs véhicules…

Osaka la rivale 

Virée à Osaka, sur le chemin du retour, dans un autre quartier, plus jeune et destroy,, dans lequel je croise une génération en errance ou en déshérence. Je les repère de loin avec leurs cheveux jaunes décolorés, des tatouages sur la parcelle de leur peau disponible. Ils arborent des look grunge, punk… Ils se retrouvent…

Un oval tout près du ciel ! 

Hier soir, sur Naoshima, il ne restait plus grand monde, la nuit venue, seuls les insulaires circulent, travaillent ou se reposent, et quelques touristes fous d’art choisissent d’y passer un moment nocturne. L’hôtel m’a invitée à boire un blanc pétillant d’Espagne, en cadeau de bienvenue, il n’était que 5 heures. L’hôtesse n’était pas très jeune,…

Naoshima : une toute petite île naturelle et artistique…paradisiaque 

Ma lune de miel, avec moi-même, devait faire étape à Naoshima. L’île est située à 14 km de Takamatsu soit 3/4h en ferry, sur une mer de velours.  L’île est riche en végétation, des pins, des palmiers, des arbres « girafe », tout est vert ou bleu, les oiseaux chantent, les insectes claquent des dents, les rapaces…

Cendrillon à la recherche d’un prince nippon… 

L’idée c’était de s’allonger sur le sable sans faire de châteaux en Espagne.  Et, puis le temps a tourné à l’orage et la lumière était parfaite pour capter l’indicible, ce qui ne se voit pas à l’œil nu mais autrement. Dieu que c’est beau, comme le chantait Balavoine…  Et, de manière inattendue je suis tombée…

Un jardin extraordinaire, Ritsurin, dans le centre ville de Takamatsu  

Pour garder le rythme, ce matin, j’ai pris le train jusqu’à Kitohira. Une petite ville où les pèlerins passent pour déposer un don ou un ex voto, au temple, et prier, après l’ascension de plus de 1.300 marches. J’y suis allée de bonne heure, pour profiter de l’ombre avantageuse et de la quiétude inspirée par…

Le train train ou l’entrain 

Au train train, que je laisse en gare, je préfère l’entrain qui me tire du train train. Le mouvement véhiculé par l’entrain me pousse sur des rails inexplorées voire à construire de nouvelles voies. Parfois, je connais les règles et le mode d’emploi, je les comprends et je les respecte, c’est grâce à cette dépendance…

A Takamatsu, avec Emmanuelle Riva et Chris Marker  

Takamatsu, c’est le port principal de l’île de Shikoku, l’île la moins densément peuplée du pays, qui en compte quasi 7.000 (>100 m2), mais dont 430 seulement sont habitées. C’est un endroit qui me plaît parce que.  Il y fait plus frais que là où je suis allée jusqu’ici, la mer de Seto influe certainement…

Une barque sur l’océan, aux côtés d’Emmanuelle Riva

Des frissons sur la peau, tel un héron blanc à peine sorti d’un onsen (bains chauds publics japonais), j’écoute Ravel, pour rejoindre encore plus ce territoire mystérieux qu’est le Japon. Maurice Ravel était passionné par le Japon tout comme Monnet, leurs maisons et leurs œuvres en ont imprimé le souvenir. Allez visiter la maison de…

D’île en île avec ou sans ailes 

Mon couchage fut d’un confort remarquable. D’ailleurs, je revois encore comment l’une des femmes de chambre a opéré pour plier le drap du dessous aux angles du quatrième petit matelas, ce fut une démonstration d’origami appliqué à la literie, procédant d’un geste sûr qui claquait dans l’air. Toutefois, mon sommeil s’est installé dans une relative…

Festival de dégustation sous le clair de lune de Miyajima : kanpai ! 

10 plats, avec une puissance de démultiplication du plaisir, croissante, au fur et à mesure de l’initiation, oui, ce fut un sacré festival de saveurs, et je ne suis pas sûre de savoir restituer la montée progressive de cette expérience de dégustation rare, unique.  Tout d’abord, une hôtesse, entre avec son plateau, après avoir fait…

Amplitude des emplettes 

Pour vous rendre compte de la situation, je suis limitée aux entournures car je suis venue avec un sac à dos, petit et rempli. Comme dirait Ania, laisse de côté le superflu et tu te sentiras plus légère. Quel bon sens de la part de ma chère coach préférée et surtout d’une vieille inactive vénale…

Les toits et les toilettes 

Imaginez un toilette à la japonaise (voir la photo mise en avant, il s’agit de la version femme) installé sur un toit pentu et suspendu. Tout serait fait pour que les lunes se rencontrent et se racontent des histoires de mer, de tranquillité et de mystérieux trous noirs…  En attendant, je monte aux arbres…  Je…

Hiroshima, un autre jour d’août, un petit héron blanc bipède… 

Après avoir fait deux stops dans les gares d’Okayama et de Fukuyama, j’arrive à Hiroshima grâce au train super speed, le shinkansen que je n’arrive pas à capturer comme je voudrais.  En s’arrêtant à la gare de Fukuyama, j’ai pu observer, du côté droit du train, un autre château que celui d’Himeji, que j’ai pris…

« Ohayo » rien à voir avec « how are you » ! 

Hier soir, à Himeji, dans mon hôtel froid, de type business, le « Dormy Inn » (très propre, bien situé, proche de la gare et à une demi-heure du château à pied), qui me changeait radicalement de l’ambiance chaleureuse des auberges de jeunesse de Kyoto et d’Osaka, je me suis dit « allons-y allons-zon » boire un sake à…

Si Himeji m’était conté… 

« Ceux qui m’aiment prendront le train », d’ailleurs les petites villes japonaises, les amis ou les familles éloignées des mégapoles doivent l’être « aimables » car les Japonais se concentrent dans les gares, de façon impressionnante, le samedi matin. C’est chouette de se retrouver dans un train de banlieue comme si j’étais d’ici. Je reste debout puis une…

De la bouche d’égout au (bon) goût en bouche 

Quitter une ville pour en retrouver une autre, c’est toujours un arrachement aux tripes et au cœur, comme avec les êtres que j’aime (fort). Depuis toute enfant, j’ai l’impression première qu’on se dit « adieu » et que c’est fini, qu’on ne se reverra plus, jamais, et puis heureusement, à chaque fois, mon impression première se dissipe…

Journée (ef)fusion sans acquisition 

Chaleur extérieure étouffante, et pourtant, je sors et déambule hors de ma bulle du Gojo Guest House. Mon cœur est en fusion, pas de récupération possible ! Mon réacteur n’a pas été conçu pour, alors, je déborde, je déverse mon trop plein d’énergie en marchant dans d’autres quartiers, sous plus de 40 degrés au soleil…

Pierre qui roule n’amasse pas mousse 

Les lumières nocturnes et diaphanes des lucioles et le bouquet de lanternes japonaises disposées dans un vase en céramique de Bizen, je les imagine, là maintenant, posées sur les tatamis ou sur une poche d’air, en apesanteur, comme les perles de beauté sur la planète Mul, dans Valérian le dernier film de Besson. Pour percer…

Le Murin-an : un autre jardin ou quand la nature apprivoise l’Homme 

Émerveillée, comme Alice aux pays des merveilles, j’ai frétillé et je bouge encore, bancale sur mes doigts de pieds jusqu’au sommet du crâne. Les yeux renversés et le bout de mon nez aux aguets, j’ai longuement arpenté ce lieu, hors du commun, le Murin-an, tout près du zoo de Kyoto. Je ne savais pas ce…

Kawai Kanjiro’s House 

Les jeunes employés du Gojo Guest House m’ont invitée à visiter la maison de Kawai Kanjiro qui fut un céramiste exceptionnel, penseur et philosophe. Dans ce lieu, nous sommes invités à nous déchausser et à revêtir des chaussures spéciales. Il s’agit d’une maison traditionnelle de toute beauté. Je n’ai pas croisé un touriste, pas sûr…

Au hasard des rues de Kyoto 

Marcher, marcher, sans autre but que de voir, de rencontrer, et d’avancer. Être mobile pour ne pas se déformer, en se pausant trop longtemps, mais pour épouser d’autres formes entaperçues ou inconnues. Se mouvoir pour s’émouvoir. Se fondre, et absorber en retour. Ne jamais être le même qu’à la seconde précédente, vivre tranquillement sa transformation…

Portraits du dimanche 

Aujourd’hui, c’était et c’est encore, pour à peine deux heures, dimanche. A Kyoto, les familles, réduites parfois à un être humain, vont au temple. Et comme il paraît qu’au pays du soleil levant, on nait shintoiste et qu’on meurt bouddhiste, eh bien je suis allée à la rencontre de femmes d’hommes et d’enfants japonais, sur…

Dans ma chambre 

Naviguer à Tokyo avec son pocket Wi-Fi, commandé en France mais livré à l’aéroport ou au desk de son 1er hôtel, est aisé. Préalablement à son utilisation, vient le moment redoutable de l’installer, et de comprendre comment ça fonctionne ou l’inverse. En clair, c’est un émetteur décodeur que l’on embarque avec soi et qui nous…

Partout ça sent le riz

Même dans le quartier de Ginza, l’avenue Montaigne puissance 10 en termes de superficie, ça sent le riz. Il est nécessaire de préciser que ce quartier accueille le plus gros marché de poissons au monde. Le samedi matin, le japonais y vient goûter du poisson cru ou du poulpe grillé. Pour ma part, je me…

Être sage pendant l’orage 

Il est l’heure de dormir, et, dessiner m’éloigne de l’alignement des astres. Pas de vaisseau spatial, et encore moins d’orage, tout est silencieux ici bas. Je pars dans le sommeil, au pays du sage, loin de l’être tout à fait. J’esquisse quelques traits, et, en dessinant je me surprends à rêver que je le deviens….

La chouette du musée de la chasse : un ersatz de Big Brother

Hier soir, en allant retrouver des amis, je me suis arrêtée nette, saisie par une présence obscure. Je me suis approchée de cette fenêtre, sise rue des Archives, nez à nez avec la chouette de Big Brother. J’ai d’abord eu peur et je lui ai dit, tiens, « t’as pas l’air bien courageuse », tu restes enfermée,…

De Rodin au Grand-Palais en passant par le Petit

La matinée s’apparentait à une étape préparatoire à quelque évènement à venir. Une casquette, des chaussures, des jouets en bois, l’essentiel avait été collecté aux bons endroits pour l’objectif assigné. La pause méridienne s’était invitée, permettant au corps de se déposer et à la tête de rester tranquille, un « entre-deux », le temps de regarder, d’observer,…

Sur ma bouche : la beauté du grain 

Sur ma bouche, ou plutôt juste au-dessus, un petit grain de beauté s’est dessiné, jusqu’à prendre pied puis racine. Peut-être est-ce le doigt d’un ange, qui passait par là, qui l’a semé, puis a transformé la surface de ma peau en un terreau fertile. Les grains de beauté se sont donnés le mot, ils se…

J’avais 7 ans

D’aucuns disent qu’on ne change pas, fondamentalement. D’autres, parfois les mêmes, pensent qu’il faut un certain temps pour apprendre à comprendre le monde et à travers les autres, se découvrir et apprendre à se connaître, pour mieux devenir soi. Aujourd’hui, je me dis que j’aime toujours les pois (cf photo d’école), que je continue d’apprendre…

La reine des pommes 

Ce midi, j’ai déjeuné en tête à tête avec la reine des pommes. Elle était un peu cuite et habitée, aisément reconnaissable à sa peau plissée par le soleil. Nous nous sommes observées, étudiées, mangées, des yeux jusqu’au trognon, c’était savoureux, j’en ai encore plein la bouche ! Son jus n’a pas son pareil, je…

Fée et riz, le soir du 14 juillet 

Comment se réveiller après avoir connu l’extase, clouée sur mon canapé, par le spectacle féerique du feu d’artifice de Paris ? Je suis sonnée, depuis mon roof top Villetrunois, je n’ai pas le souvenir d’avoir vu autant d’inventivité dans les traits, les formes et les couleurs. Les spirales coupées en deux devant la Tour Eiffel…

Le terrain de jeu d’un insaisissable papillon orange 

J’avais oublié qu’il pouvait exister des papillons oranges. Depuis ce matin, à chaque fois que je mets le nez dehors, l’un d’entre eux, on ne peut plus vivant et ailé, virevolte et enchaîne des galipettes ou des loopings dans les airs. Il m’accompagne et me frôle dans la descente de la cave ou vient me…

En passant, ma chouette n’aime pas trop Cendrillon

En passant je regarde autour, avec une approche globale du mouvement, mon déhanché ne dénote pas sur le portrait du monde. Etrange spirale, soudain le tout synchrone et homogène s’efface pour laisser place à la singularité d’une rencontre, qui me saisit en retour, une forme de sortie de route, ou quand un électron tire un…

Dans la proximité de mes secrets : l’atelier de Giacometti

Une berline bleue vient me chercher pour faire route vers l’océan. Un ordinateur de bord me dit que je n’aurai pas à conduire, l’intelligence artificielle m’amènera à bon port. Aucune carte ne m’indique le parcours, la voix de son maître est en sourdine, car l’inconnu m’a donné rendez-vous. Après un temps que je ne saurai…

Ma chouette : une drôle de fée clochette

Dans la mythologie grecque, Athena, symbolisée par une chouette, porte un casque guerrier, prête au rapport belliqueux pour protéger la ville d’Athènes. Depuis dimanche dernier, ma chouette protectrice, en carton bouilli, n’a pas changé de peau mais de chapeau, elle revêt désormais une petite cloche pour sonner le tocsin lorsque c’est l’heure. « Oui, mais de…

Grisée de musiques rock et baroque, je danse de tout mon soûl

Je suis saoule, je suis grise, je vacille tel un être persillé d’alcool, et pourtant je ne bois rien d’autre que des notes et des silences. Cette sensation d’ivresse permanente émane de mon être musical, bercée par des flots de mélodies, autant de signaux qui circulent dans les espaces de mon cerveau, jusqu’aux terminaisons nerveuses de mes…

Quand ma chouette me joue des tours

Ce matin, ma chouette voulait voir les choses de plus près, elle ne supportait plus de voler dans le flou. Pourtant, je lui ai dit que sa vision de myope présentait des avantages mais elle s’en fout, ma chouette, elle pense savoir que c’est mieux ainsi. J’ai sorti ma trousse de chirurgien et je lui…

La pyramide humide du Louvre

Pour les promeneurs au cerveau inversé, distraits en profondeur, la pyramide de Pei semble flotter, prête à larguer les amarres. Ce n’est pas en felouque que j’y accède mais avec mon petit moteur intérieur. Les jours de canicule, le bassin à débordement appelle, la passante que je suis, à venir tremper ses doigts de pied…

Vue de mon balcon idéal

L’Everest à Paris, c’est « le » balcon, « la vue » avec « le » balcon, et si possible, une vue imprenable gorgée de beauté, un endroit qui ne peut être apprivoisé que de là. Mon balcon idéal, je l’ai saisi, ce matin, avec mon oeil, à peine défroissé de la nuit. En passant par hasard, dans cette rue, près…

Bas la patte, « touche pas à ma moustache » !

L’épopée pop de ma vie vient de mon panache et de mon héritage capillaire. Il semblerait que ma coupe de cheveux de playmobil m’aide à voir les choses du côté rose de la face pour ne pas dire de la fxsse ! A la recherche du look le plus ringard, je convoque la princesse Leila,…

Baignade au clair de la lune

Il fait nuit, je suis nue, rafraîchie par le vent orageux, Derrière la fenêtre, je plonge un regard brun, Une sirène me parle du mystère abyssal, Sa nageoire ventrale remue l’onde de ma tranquillité. Elle s’éloigne de ma vue retenue par la brune, Le silence prolonge sa venue, Je me baigne dans l’ignorance de cette…

J’ai rêvé de la lune

Je ne confonds pas, je suis à fond dans la recherche de sens et de clarté. Et pourtant, cette nuit j’ai rêvé de la lune et j’avais les pieds sur terre ou plutôt j’étais allongée sur un lit. Le rêve fait vivre mais vivre n’est pas un rêve, c’est une réalité où le rêve est…

S’encorder

Dans le monde de l’alpinisme, la confiance aveugle dans un guide de hautes montagnes ou un 1er de cordée est bannie. Rien n’est jamais acquis ou sûr. L’important est de se préparer pendant des années, inlassablement, d’acquérir une technique, de pratiquer, puis quelques semaines avant l’ascension d’un sommet, d’installer pas à pas son camp de…

Herbe ravélienne 

Je bois de l’orge grillée, un breuvage tout droit sorti du pays au soleil levant. Je m’hydrate, je me rafraîchis, allongée sur le parquet, telle une herbe presque sage, au milieu d’un courant d’air. Il fait plus de 30 degrés celsius dans le nid, je cuis, et je m’évapore. Tiens je fume du bulbe… J’agite…

I comme Easy 

En ouvrant le rideau d’un izakaya, une petite brasserie japonaise où l’on vient manger et boire, à toute heure et selon son humeur, je me dis, I comme Easy, car c’est facile de se laisser porter par l’inconnu lorsque la dégustation et l’éveil des sens sont conviés. Je suis et continuerai d’être une « gaijin » au…

Et si on ne passait pas sa vie à passer à côté de la vie ?

Ce soir, j’écoute mes idées bouger, s’éveiller, me bousculer, elles iraient bien de l’autre côté du mur crânien, faire des choses, transformer en réalité leur vision du monde, mais en même temps, elles sont très bien au chaud, à oser des circonvolutions sans queue ni tête, à faire des loopings qui ne servent à rien…

Envies sculpturales : souvenirs de Rome

Spéciale dédicace à T&P (avec l’accord de T) ! St Pierre domine la place de la Basilique, il tient la clé, mais n’aime pas être pris pour un pigeon… Dans les jardins, entre la Villa Médicis et la Villa Borghese, la Grèce Antique n’est jamais loin. Dans la Villa Borghese, Le Bernin rend les corps…

Un drôle de cycliste

Le tour de force de ce cycliste, pas comme les autres, c’est de cloper tranquillement, en mode arrêt, à contre-sens, rue de Turenne, à l’entrée de la place des Vosges, un dimanche après-midi. Il se laisse regarder, photographier, il sait ce qu’il fait. Même sans toucher à son gouvernail, il tient son cap, et rit…

Le Pari(s) du Japon

A quoi sert de courir après le temps ? Telle Alice, je vis ici et ailleurs, et le temps n’a pas d’importance, il est comme suspendu, hors champ. Sans montre ni démonstration, je cristallise une forme et un fond de vie à Paris tout en visualisant une autre vie au Japon. Le point de départ…

A hue et a dia, à dada sur mon âne, je pars de l’Olympe

Soleil et bleu du ciel, y a pas à tortiller, l’air de la rue m’appelle. Changement de temps, ou de paysage, en fonction de ce qui me passe par la tête, je ne tourne pas longtemps en rond. Tout de suite, maintenant, je commence par photographier la vue de mon nid, puis, j’ôte mes ailes,…

De la légèreté de l’oeuvre sculptée

Parfois, on veut du lourd, du consistant, du roboratif, et puis, à d’autres moments, on sent l’envie du léger nous gagner, celui du vide qui remplit, de l’éphémère qui s’insinue sans peser. En avançant la tête, je scrute, et je déroule les fils de mon cerveau. Je tisse un projet sans dé ni hasard, une histoire…

Je suis devenue fleur à Giverny

ça s’est passé, aujourd’hui, samedi 27 mai 2017, nous nous étions donné rendez-vous avec Anne, en ce joli mois de mai, mues par l’envie de pousser la porte du paradis fleuri de Giverny. Je l’ai donc retrouvée, tout près de la gare d’Enghien-les-Bains, il faisait déjà très chaud à près de 11h du matin. Et hop, en route, Anne…

Coco bel oeil n’en croit pas ses oreilles…

Ce soir, les yeux dans les yeux, j’avoue souffrir d’un épanchement narcissique de l’oeil. Pour être claire, j’en ai un qui regarde, pendant que l’autre aime à être regardé. Certes, c’est plus que permanent depuis un quinquennat, sauf que depuis quelques heures, je ne vois plus, je les ai invités à se faire discrets, à aller…

De la nostalgie du gris

Assez de l’être vertical ou de la marche, je m’assois dans le présent, totalement là, dans l’instant, et me raccorde à mon noyau décentré, cet électron libre et par trop agité. Que la météo soit apaisée ou en état de tempête, je diverge naturellement du sol et gamberge en direction du ciel. Ainsi va Antigonegone….

Donne-moi du blé et j’enlève le haut !

Dans un champ, une parcelle de blés, en Villetrunois, je nage, vêtue d’un bermuda orange, le nez au vent, la tête en bas. Vers l’ouest, ma brasse me conduit, sans palme, ni tuba. J’ai enlevé le haut, pour sentir la caresse des épis d’âge tendre, épouser ma peau. À cette saison, l’air frais agite les…

À la recherche d’un brin d’oxygène, d’un plus grand souffle

Dans le métro, ce matin, la chaleur suffocante fait ressortir un brin d’humanité à ses passagers. Certains parlent tous seuls sans qu’aucun son ne sorte de leur bouche. Une autre se coiffe les cheveux. Et puis il y a ceux qui pianotent sur leur smartphone ou qui écoutent de la musique avec un casque. La…

Carnet de bord romain

Pour sortir du cadre qui définit et fige le temps, j’écris sur un carnet de bord, sans bord, afin de parler librement. Il s’agit d’une petite histoire, inventée, qui prend naissance et se termine, ce mercredi, en fin de journée, au moment de survoler la mer, au large de Rome. A bord d’un A320, l’avion…

Cyprès si loin 

Si le rhum était distillé à Rome, alors je deviendrais ouistiti en Italie. De toi en toit, l’histoire me traverse, un tourbillon d’images me fait trébucher, le nez planté dans un parterre de fleurs. Des impatiences ornent les terrasses et colorent les pergola. Je bois le jus des orangers et des citronniers et je me…

Incognito hi hi ou oh oh

Parce que la nuit tous les chats sont gris, je deviens souris, et je miaule, en silence, en remuant mes moustaches. Croisant le regard d’une inconnue en kimono, je lisse mes poils, et les enroule autour de ses bigoudis, avant de fermer les yeux, les joues fardées par l’agitation de mon sang vendômois. Je l’entends fouler…

Antigonegone aux pieds plats…pas raplapla

Sur un chemin vicinal de la capitale, en ce 1er mai 2017, une semaine avant l’échéance clé du 2ème tour de la présidentielle, j’avance au coeur de l’indéfinissable, un territoire en re-conquête, un pays du doute, en pleine mutation, que d’aucuns, dont je fais partie, appellent la République Française, et sont fiers de son Histoire, et…