Vaison un jour V. toujours, allons-y (re)faire un tour

A Vaison, j’y fais des tours, des détours et des retours, des circonvolutions, par les siècles, et les prétextes. Toujours là, ici présente, en congés, ou plus exactement en vacances de la vie trépidante de la machine sociale qui me structure et me nourrit de haut en bas, en liberté d’agir ou pas, de lire et de regarder de près ou de loin, en prenant le temps, l’œil nu, corrigé d’un verre de lunettes ou caché derrière la focale, je suis ici, goûtant et faisant loisir de peu de choses, et me susurre, en me frayant un chemin qu’est-ce que ça fait du bien !

L’ombre, la Sorgue et moi

Avec moins de tifs, telle Venus débarrassée de sa fourrure, je suis descendue de l’Olympe, légère, quasi nue, pour me frotter à la canicule. Tout en marchant le long de la Sorgue, mes pensées flottaient, regroupées, semblant rejoindre des bancs de petits poissons puis se sont arrêtées net sur un ombre propulsé par l’onde. Étonné par mon rougeoiement dû à un excès d’UV il m’a pris par la nageoire et plouf, le plongeon fut fatal. Je lui ai donné un de mes tifs, il ne semblait pas craintif ni rétif, ainsi notre destin fut scellé à compter de ce jour, à l’Isle-sur-la Sorgue entre mon ombre et moi. Si je n’étais pas passée chez le coiffeur, mes mots intérieurs seraient restés enfermés dans mon cuir chevelu, confinés au pays de la kératine et n’auraient pas rencontré cet ombre sympaquatique !

Nyons en trompe l’oeil

Nyons vaut le coup d’œil. Il suffit d’enjamber l’Eygues et un pont roman et non romain, à une vingtaine de kilomètres de la maison, pour le découvrir. En dehors de ses olives qui ont forgé sa renommée, la ville regorge de petits chemins le long de la rivière et de ruelles qui vous conduisent dans ses hauteurs jusqu’à une tour datant du 13ème siècle et un sanctuaire. La tour nommée Randonne a été édifiée par Madame de Montauban pour protéger la baronnie contre les assaillants puis au 19ème siècle elle a été convertie en chapelle, la chapelle de Bon Secours. En principe, elle ne se visite pas sauf une fois par semaine, en sollicitant un guide, en format groupe. Coup de peau, nous sommes arrivées à ce moment-là et c’était merveilleux de pouvoir découvrir la vierge, les fresques, en fin d’après-midi.

Campari c’est pas fini

A Arles, le théâtre antique et les thermes de Constantin saisissent le regard. Habituellement à cette saison s’y déroulent non pas des combats de légionnaires mais de nombreuses expositions photographiques. Difficile de ne pas succomber à cette ville circulaire, d’autant qu’elle héberge le siège d’Actes Sud et en son sein une librairie de folie…

De-ci de-là sur les pas de Jaccottet

Nyons, tout près, compte plus d’oliviers et de fruits noirs à noyaux que d’habitants. Sur les marchés, de-ci de-là, comment ne pas être tenté par la générosité de la terre qui produit des légumes et des fruits à foison tant des pêches que des tomates hors gabarit et pleines de jus et de saveurs ? Les figuiers commencent à sentir bon aussi et les lauriers rose leur tiennent conversation ! D’un chemin à l’autre, la poésie me conduit sur les pas des poètes et en particulier de Jaccottet qui, du côté de Grignan, a choisi d’écrire et de traduire, loin du bruit et de la fureur, tout à côté du château de la comtesse de Sévigné… (la fille de la marquise) et non pas de Ségur !

Les dentelles de Montmirail

A la différence de nombre de mes congénères je n’éprouve pas un goût immodéré pour la dentelle, même si celle de Calais appelle doigté et savoir-faire et convoque le respect dévolu à cet artisanat de précision et du temps long. De par son aspect rigide et séculaire à mes yeux de papillon de passage sur terre, l’espace d’un souffle et d’un battement d’ailes, et qui ne tisse pas grand chose, cette activité artistique me semble trop luxueuse pour le monde frénétique d’aujourd’hui. Le raffinement de l’ouvrage appelle une forme de sagesse que nos ancêtres habitant des campagnes pauvres et indigentes possédaient. Le son des horloges et de leur carillon s’accordait au cliquetis des longues aiguilles qui dansaient la godille avec les doigts des femmes d’alors. La monotonie suivait la ligne des napperons et le vertige se perdait dans les pupilles de ces paysannes résistantes et artistes sans le savoir. Au 21eme siècle, descendante d’une tradition qui se perd, j’ai honoré un rendez-vous avec les dentelles de Montmirail. Jour et nuit depuis des millénaires, la roche calcaire sort ses dents, pas des jolies petites canines, mais des incisives de mammouth à l’accroche vertigineuse plus remuante que le toboggan de mon imaginaire céleste. Sur ce mont admirable à moins de 1 000 mètres d’altitude, mes muscles plats s’emploient à une escalade virtuelle. Je sors ma corde, mon harnais, mon piolet, et mon sac à dos dans lequel j’ai placé délicatement des fraises de Villetrun au cas où je serais saisie par une fringale. En épousant la roche, en m’allongeant sur ses failles, je me mets à penser aux marques de soutien-gorges, à leurs vues imprenables qui pourraient innover et proposer une collection « Montmirail », de quoi inviter leurs locataires à découvrir d’autres dentelles, d’autres dimensions plus rupestres et abracadabrantesques…

Drôles de fraises (ville)trunoises

A Villetrun, les fraises défrisent, rien à voir avec la gariguette, la mara des bois ou la tagada ! Entre les haricots et les herbes aromatiques, elles sortent leur jolie frimousse, l’été, à l’arrière des champs de blé sous l’effet conjugué des rayons du soleil et du passage de la pluie ou de l’arrosage de papa leur jardinier. Parfois, elles parlent et lui disent « ne ramène pas ta fraise Gérard sinon, je vais t’envoyer chez le dentiste qui te montrera ses fraises métalliques ! » Et, là, sans surprise, maman les cueille, et les entend se marrer une première fois avant de continuer à nous raconter des drôles d’histoires sous forme de confiture ou de sorbet. Impossible de résister à ces petits bouts de fruits intrépides, habillés d’un petit col vert .

Le luxe de la vie ordinaire

Au luxe je choisis la vie ordinaire

Au savon LVMH la savonnette de la supérette

A l’intensité la sérénité

Aux histoires d’un soir la rencontre d’une fin d’après-midi

A la richesse du tout celle du rien du tout

A l’amour éphémère l’amitié d’une fée et le regard tendre d’une mère

A l’amer musical le silence de la mer

A l’envie d’ailleurs la vie d’ici

A l’espoir l’espérance

A moi le nous

Aux bigoudis les rouflaquettes

A demain le bel aujourd’hui

Voir clair malgré les masques

Voyageuse masquée, regard perdu, presque léger, en quête d’océan et de vagues, je surfe entre les gouttes du C-19.

C’est l’heure du train, loin du train train, les gens sont tendus, silencieux. Faut dire que nous sommes samedi et qu’il est tôt ! Les départs en vacances remplissent les quais et les wagons.

Seule certitude sur le monde d’après, si nous voulons arriver à bon port, c’est celui du masque obligatoire qui compte, question de civisme et de survie. Quant aux impacts sur l’entreprise, j’ai le sentiment que notre direction freine, sur tout, qu’elle nous gouverne par la peur, nous voilà revenus au monde d’avant avant, en pire. La confiance n’est plus feinte, elle n’existe pas, c’est visible, les caisses se vident, les projets vont dans le mur, nous avec et les injustices se creusent. Et le pompon, malgré le port obligatoire des masques en salle de réunion et dans les espaces communs, jamais j’en avais vus autant tomber au top floor de la boîte et ce n’est pas joli joli…ni fini fini.

Là, maintenant, dans le monde d’ici, n’est-ce pas le moment d’éplucher des oignons et de lâcher sa bonne énergie, libéré de tout masque, loin des larmes des crocodiles qui ne nous font pas pleurer et encore moins rêver !

Un homme en alpha à la recherche de son oméga

L’alpha rouge à l’arrêt avait perdu son Roméo. Le rayonnement de la pleine lune, dit-on, avait égaré sa brune. Il errait à la recherche de celle qu’il appelait par le dernière lettre de son alphabet intime, Oméga. Elle était sa fin, il en était au début, il ne savait pas quand tout avait commencé mais il se sentait exister à travers elle.

Un monde démontable

Et si le monde s’apparentait à un gros ensemble en kit, constitué d’éléments imbriqués mais démontables, nous pourrions séparer chaque forme du tout, mettre de l’espace entre elles, leur unité deviendrait élémentaire, et ne se perdrait plus dans une sphère globale. Les experts diraient que ce qui fait la force du tout, c’est le particulier, sa structure locale, son génome, sa fragilité intrinsèque, sa consistance différenciante. Chaque bout de terre ou bras de mer serait respecté, car regardé comme nécessaire, vital, essentiel, et serait la démonstration que la vie est toujours là, toujours plus forte et résistante, même attaquée de toute part par les virus, les guerres, ou les traumatismes climatiques. Et, là maintenant, aujourd’hui, au milieu du printemps, le monde, notre monde n’est pas en pièces, il pousse droit ou de travers, un peu plus bringuebalant qu’hier, constitué de particules élémentaires, d’atomes et de petits d’homme, dont le coeur bat et respire encore. Bientôt, les cinémas rouvriront leurs portes, et notre imagination découvrira de nouveaux mondes.

La voie du milieu

« Le courage est le juste milieu entre la peur et l’audace. » Aristote

Je me sens appartenir au monde d’aujourd’hui et on ne peut plus alignée avec les philosophes grecs du Veme siècle avant JC. Quant à celui de demain, il est déjà là, entre nos mains. Pas de grands changements en perspective d’après ma vue basse sauf si nous le voulons vraiment.

Oiseau zélé hors du nid

En descendant du nid, le jour de l’Ascension, j’ai écouté mes muscles mous sortir de leur silence et me murmurer qu’ils avaient besoin de travailler. Je leur ai dit « d’accord mais c’est un jour férié » ! « Balivernes », m’ont-ils répliqué, travailler un day off, c’est nécessaire voire impérieux, si ça fait du bien au corps, même sans beurre dans les épinards. Me voilà déambulant sur le bitume, la tête en pétard, l’air détendu, loin de mes pénates, à l’heure où il ne se passe rien dans les rues. Je croise quelques voitures pas vraiment neutres en CO² loin de l’énergie verte promise, des travailleurs musculaires et des commerçants qui s’affairent. Je dors en marchant, j’écoute les oiseaux et leurs compagnes qui sans zèle font des loopings au-dessus de leur nid gris. Le spectacle m’émerveille, ça caquète à tue-tête, leur chant m’enchante. Drôle de jour de fête, où je relâche tout, hormis mes muscles mous. Un jour sans faire marcher la tête… quoique je découvre un « nouveau » monde qui marche encore un peu plus sur la tête que le monde de l’avant confinement. Peu importe si on nous ment ou on nous spolie comme nous le répétait inlassablement Arlette, je dévisse de mon propos initial, aujourd’hui, jeudi, jour de fête religieuse où Jésus est monté dans l’ailleurs, tel un pantin germanopratin je pars dans mes pensées et déroule mes pas sans autre but que de marcher et de me faire marcher, les pieds tournés vers le ciel, et reliés à ma caboche. Et comme a écrit Chamfort dans ses pensées, au 18ème siècle, « il vaut mieux être moins et être ce que l’on est » et c’est toujours vrai au 21ème en période de déconfinement…

Être deux même seul(e)

Si la parenthèse appelle un (e) alors pourquoi pas deux. M’aime qui me suis, même seul(e) peut devenir pluriel. Un(e) + un(e) …la vie du compte à rebours enfle le jour, sans bruit, et la nuit, elle se dégonfle en faisant Zzzzz ou pschitt. Ainsi le temps s’enfuit, hagard, sur la pointe des pieds. Parfois, il s’arrête net lorsque souffle la trompette d’un autre cœur. Chaussée de docks et de ma coquetterie orange, j’ouvre la porte, espérant qu’un(e) invité(e) sonne, mais non, je n’ai croisé que ma personne au bout de mon nez. Il suffit d’un zeste, pour que le marchand de sable me sorte du nid et que flottent mes rêves…vers un autre aujourd’hui.

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Sur les chemins de traverse poussent des fleurs

Les trains restent à quai, l’Antigonegone que je suis, aussi, confinée dans mon nid. J’écoute l’émission de France Musique, qui compare différentes versions d’une même œuvre et aujourd’hui cette tribune met à l’honneur Ernest Chausson, « le poème de l’amour et de la mer », un poème symphonique magnifique sur un texte de Maurice Bouchor.

« Le temps des lilas et le temps des roses
Ne reviendra plus à ce printemps-ci ;
Le temps des lilas et le temps des roses
Est passé, le temps des œillets aussi.

Le vent a changé, les cieux sont moroses,
Et nous n’irons plus courir, et  cueillir
Les lilas en fleur et les belles roses ;
Le printemps est triste et ne peut fleurir… »

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Je me souviens…the eel (Ozu)

Je me souviens d’aujourd’hui, de l’heure qui passe et de chaque seconde que je retiens. En plein vol, je plane car rien ne dure puisque tout s’en va vers le rien. Je marche immobile sur mon canapé, transportée par les images d’Ozu dans « le Crépuscule de Tokyo » en 1957. Je franchis le seuil d’un bar à anguille, m’agite et suis les personnages qui boivent du saké chaud, dégustent des mets simples (huître au vinaigre, concombre salé…) et parlent avec nostalgie de leurs bouts de vie, parsemée de points communs. Ce voyage à travers le temps et l’espace me rappelle que l’instant présent file (trop vite), renforcé par les plans du cinéaste qui filme à hauteur de visages, ses acteurs, tout en retenue, aux frontières du dit et du non-dit, en proie à l’ivresse au milieu des vapeurs d’alcool. Et, alors que mon regard se perd derrière la fenêtre, côté cour, je vois le ciel, voûte de l’éternité du monde, absolument présent, protagoniste d’une pièce de théâtre plus grande encore qui m’échappe et me fascine.

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« pense à tes oreilles comme à tes yeux » Keith Jarrett

J’écoute Keith Jarrett sur France Musique qui diffuse le jour de ses 75 ans l’intégralité de ses « Sun Bears » concerts donnés au Japon en novembre 1976 à Kyoto, Osaka, Nagoya, Sapporo et Tokyo. C’est merveilleux comme le livre de Malcolm Lowry que je bois des yeux…J’écoute le live comme s’il était là dans la pièce et je lis « au-dessous du volcan » comme si j’étais dans une taverne mexicaine à boire du mezcal les yeux perdus dans le soleil.

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Si la vie était réelle ça se saurait

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La vie trop proche du terrestre me rase les poils. Et lorsqu’elle flirte avec la SF elle me laisse froide.  Heureusement, l’Homme a toujours su et sait encore s’inventer d’autres formes de réalité plus « vraies », éternelles, et universelles, je pense aux contes, à la poésie et aux histoires silencieuses et musicales.

« Corona Extra » le vaccin de Professeur Aneth

Maintenant que les masques vont être distribués dans les Grandes Surfaces, je propose à tous les Français, forcément plus intelligents que les électeurs de Trump, d’ingurgiter les yeux fermés, le vaccin de Professeur Aneth, à savoir la Corona Extra ! C’est de la bière format pisse d’Anne, sans jeu de mot…et surtout, cette substance sucrée et jaunâtre qui ne ressemble pas du tout à de la bière est en vente libre dans toutes les Grandes Surfaces…L’avenir c’est maintenant, ainsi en descendant les escaliers de mon immeuble j’ai trouvé ce cadavre exquis de bouteille et je me suis dit, eurêka, le Français boit de la Corona, ainsi se sent-il immunisé, il a tout compris ! Rien de mieux que de combattre le mal par le mal ! Prochaine étape, le 11 mai, nous irons tester nos anticorps, tous dehors mais sans corps à corps !!! Quelle vie de dingue ! D’ici là, santé  à tous, amis lecteurs, et buvez avec la modération de la passion car sans passion pas de raison d’être !

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Le muguet de Villetrun

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Ce muguet est arrivé cette semaine, par la poste, depuis Villetrun, le jardin et la maison de mes parents. Je le regarde sur la cheminée et je pense à eux et à ceux que j’aime. En un clin d’œil et avec mes doigts, je leur transmets des sons de clochettes, colore leur nez de l’arôme léger de ce joli muguet fané et leur dessine des baisers aériens, flottants, impermanents mais joyeux. Je vous aime, il pleut et la vie n’est plus la même. Tout est à réinventer. Seule certitude, aimer rend vivant, et être vivant c’est aimer.

Pépites à déguster sur le site de trois couleurs.fr : cette semaine Pickpocket de Bresson, Flip la grenouille…

EF40ED3C-46F0-4CFB-926D-806FC94B123FMk2, pendant cette période de confinement, propose sur son site http://www.troiscouleurs.fr, chaque semaine, des films, des documentaires et des dessins animés. Cette semaine « picpocket » de Robert Bresson dont j’ai extrait quelques plans ci-dessous un film que je croyais austère et en fait, pas du tout et puis « le héros » marche dans Paris s’arrête dans les troquets et prend le métro alors ça permet de voyager dans l’espace et le temps et pour sourire voire rire, regardez « flip la grenouille » de Ub Iwerks un cartoon des 30s vraiment extraordinaire.

 

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Libre + air(e) = libraire

Cette photo est extraite du film « ma nuit chez Maud » d’Eric Rohmer actuellement disponible en replay sur le site d’Arte. C’est un grand grand film. La dialectique tourne autour du pari de Blaise Pascal, une histoire (encore) d’espérance et de destin structuré par des choix qui, suivant les personnalités, peuvent être déterminés par des croyances rigides ou bousculés par les mains du « divin » hasard…La question de la liberté et de l’audace de ne pas avoir peur de perdre se pose ou plus positivement celle d’avoir tout à gagner, même si la probabilité est faible. La réponse quelle qu’elle soit, sortir de ses croyances et de son déterminisme ou pas, n’aboutit pas au bonheur mais elle dessinera un autre contour du chemin de vie emprunté.

Cette photo me donne envie de retourner en librairie un lieu de 1ère nécessité à mes yeux.

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Joli mai me travaille !

A l’heure où la valeur travaille a pris du covid dans l’aile, je cueille du muguet virtuel mais iodé et argileux. Tel Achille, notre talon sera fragile lorsque nous sortirons nos pieds sur le bitume, et que nous entamerons la phase 2. J’humerai l’air, avec mon masque filtrant mais fleuri, je regarderai les papillons gris de Paris quand la pollution aura repris et je ferai battre mon cœur de bonheur d’être en vie et de pouvoir revoir mes amis et mes parents en chair et en os. L’évocation nourrit et ne me suffit pas. « La chair est triste hélas et j’ai lu tous les livres. » Je suis loin d’être Mallarmé et j’ai besoin d’aimer en toute ou relative liberté de faits et de gestes. Ainsi, va Antigonegone au plus près  d’une ère nouvelle, forcément plus ouverte et respirante que ces instants étranges d’enfermement consentis. L’obéissance oui mais avec l’espérance de gagner contre ce virus protéiforme. Tel un Jedi, nous lutterons et Yoda nous dira, avance masqué, mais à aimer les tiens, tu ré-apprendras !

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De la poussière à la lumière.

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Je préfère l’énergie humaine à l’énergie en compteur mais il faut savoir transformer le nécessaire en essentiel !

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Sans verdure point de nature ni de renaissance. Le printemps et le joli mai nous donnent à croire en l’espérance.

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Nous aurons besoin de légèreté et de vacances. A la plage ou en restant sage si le déconfinement reste territorial.

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Désormais petits et grands, nous avancerons masqués et vigilants. Une autre ère a commencé !

O joli mai, montre-moi tes jolies quenottes, tes clochettes de muguet, et la fée qui saura transformer ce mauvais rêve en une réalité vraie, d’un monde profondément plus humain (qui se décompose en du hue cocotte assurément et sans les mains au début) et sensible à son environnement.

Masquée grâce à ma 2ème maman

Ça y est les masques sont arrivés jusqu’au nid, après de longues pérégrinations depuis les marées salants, et désormais je suis parée ! Pas sûr que je fasse partie de la 1ère vague alors je me contenterai de celle d’Hokusai et de mes livres. L’ivresse est on ne plus intérieure…en ces heures de confinement.

Ma 2ème maman s’appelle Cécile, c’est aussi l’élue de mon Captain un électricien marin aux cheveux frisés et un postier apprenti un peu étourdi mais très gentil (je me moque). Cécile a choisi des tissus orange et rouge, avec un fond blanc, des imprimés raffinés, délicats et tout doux. La réalisation dépasse les normes iso, c’est énorme ! Je suis toute émue. Merci à vous 2.

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