Mes mouettes ont des couettes

À Paris, les mouettes nous réveillent tôt le matin, spécialement le dimanche. Elles rentrent dans mon nid et me secouent les puces. Elles disent : « sors de ta couette ou alors fais-nous des couettes ? »

Ces mouettes viennent de Papeete (vol régulier 24h) avec un message de la petite crevette mi-tahitienne mi-bretonne. Dans sa lettre, elle écrit « devenez frères, devenez vous-mêmes, devenez … ».

Désormais les mouettes veulent rester dans mon nid et me caresser de leurs plumes la nuit et j’avoue que ces mouettes sont devenues chouettes. Elles partagent mes repas, elles mangent des clémentines et elles adorent le orange. Elles ont deux cœurs en bandoulière, le leur et le mien. 

Pour occuper nos soirées je leur fais des couettes et elles me racontent leurs voyages, leurs séjours et leurs vols dans le ciel. Souvent elles font des loopings sous la couette et nous rigolons à tue tête. 

Elles ont rencontré mes amis : retors, medor pas, octopus, My Captain Emily et la fée crabossée.

Mes mouettes sont si chouettes que mes chouettes veulent devenir mouettes et que je me suis fait des couettes. Nous sommes tous des animaux plumitifs non ?

Une besace et une chouette 

Ouvre ton sac Anti-Antigone, contrôle des pirates de la Vigie ! Rien de spécial, la routine. Outre le fait que je ne vous dois pas que la lumière, chers Mesdames et Messieurs, de la police ou de l’Armée, vous trouverez dans ma besace des objets « éclectiques » peut-être radioactifs, autour, voire au-dedans. 

Une carte navigo pour voyager dans le métro. Ne prononcez pas ligne 13, ca porte malheur, j’en connais qui se sont transformés en crapaud. Un carnet pour écrire des mots et évacuer le trop plein de rien. Une carte d’identité pour circuler plus loin que dans la Capitale et la banlieue. Et pour le ciel, y a pas de permis ? Hormis celui d’avoir existé ? Des cartes de fidélité et d’infidélité et une CB avec une puce dans le dos qui gratte mon banquier virtuel. Une nonochette pour la fée qui cloche, et un livre barré (orfeo de Richard Powers, un roman US génial, au carrefour d’une thèse sur la musique contemporaine et l’incompréhension qu’elle suscite et la recherche en biologie cellulaire au pays de la psychose d’une possible guerre bactériologique).

Après le sac, je fouille dans ma tête et la surprise est de taille, une chouette sort de mes pensées floues. Elle hulule et me demande de me laver les dents avant de rejoindre le nid. J’ai des plumes sur les lèvres et je perds mes dents. Elle m’a endormie par son regard hypnotique. Je me vois en train de rêver avant de m’envoler sur le toit avec la chouette qui sourit et qui exhibe mes dents dans son bec. Mais que font les pirates de l’air ? Ils trient la purée de pois et avec les particules fines, ils jouent aux billes dans le ciel…