Quand l’encre de seiche sèche, les pâtes n’épatent pas

Une vie sans ancrage, ni horizon, ne serait pas rythmée, c’est un peu comme la mer sans marée. La vie est aquatique ou elle n’est pas. Quand j’écris avec mes dix doigts un article, je me sens pousser des tentacules comme si j’étais un poulpe. J’évolue tel un invertébré, dans des eaux troubles et inattendues. Parfois, je pisse de l’encre et je n’ai pas le temps de respirer que ça gicle de partout, et à d’autres moments, c’est la panne sèche, mon cerveau se liophylise.

Ce soir, je me dis que l’archiduchesse n’a pas fait sécher ses chaussettes, et qu’écrire avec des pieds nus, c’est risqué, car c’est presque l’hiver.  Je me dis aussi que c’est l’heure de faire des châteaux de sable, et de rêver à une montagne de pâtes, à l’encre de seiche, et de sourire, en croquant la vie, les dents noircies, en nous rappelant que nous venons tous du poisson.