De la nostalgie du gris

Assez de l’être vertical ou de la marche, je m’assois dans le présent, totalement là, dans l’instant, et me raccorde à mon noyau décentré, cet électron libre et par trop agité. Que la météo soit apaisée ou en état de tempête, je diverge naturellement du sol et gamberge en direction du ciel. Ainsi va Antigonegone.

Retour sur mon siège, des veloutes de nostalgie me dévoilent à moi-même et m’ennuagent. Le gris va chercher ses racines dans le fond du fond de mon plafond, à l’épicentre où se collent les papillons noirs, les jours où il fait nuit et les nuits où le jour ne veut pas fuir. Je ne sais ce qui m’anime, je bouge au-dedans. Je ne me la raconte pas, des histoires bousculent mes parois de protection. L’air que je respire est vrai, tellement concentré en vérité que je ne peux pas dire si je saurai en sortir vivante. C’est une épreuve, que cette spirale, la vague me rapproche des rares vivants qui me semblent l’être à part entière. On se tient étales, allongés comme un trait d’union, près des uns des autres, aimantés, aimants, amoureux de la vie, prêts à se remettre en situation verticale et, à devenir ce que nous sommes et serons toujours.

Un rayon de soleil me sort de mon papillonnage, à quoi bon être ou faire semblant, autant faire des vraies choses ! Tiens, j’irais bien construire des châteaux de Sablé en Sarthe, juste comme ça, pour changer de costume, un petit tour et hop, le temps d’oublier mes affaires, des fariboles métaphysiques qui n’en sont pas !

Mais, l’essentiel n’est pas forcément sis, ailleurs, il peut aussi s’éveiller, ici et maintenant. C’est ainsi que le voit Antigonegone, définitivement gone et on ! Rideau sur l’ombre grise  de la nostalgie et place à la lumière jusqu’à la prochaine visite des papillons !

En Villetrunois, rencontre avec une geisha

Un été, une geisha a choisi de s’aventurer en Villetrunois. Elle arriva à bon port malgré une trumpisation de son service de géo localisation qui aurait cherché à la dérouter.

Pendant plusieurs jours, rien ne s’est passé d’important, en apparence, jusqu’au moment où, elle a disparu, nue. Elle laissa son kimono sur les têtes de blé, et ses getas sur mon lit. Ensuite, elle s’est évaporée en un battement de nageoir, telle une sirène de la mer du Japon, en mal de son milieu aquatique.

Je n’ai rien compris, sur le moment, car j’ai dû boire un Nikka from the barrel frelaté voire tout le barrel….à moins que cette geisha existe. D’ailleurs, mon esprit et mon corps sont à ses côtés, sur les quais, en attendant le shinkansen, direction Chichibu, tout près d’Hanyu. Je l’ai reconnue c’est une geisha de la route des whiskies japonais, elle était venue en Beauce pour goûter notre orge mais la Golden Promise ne fut pas à son goût…elle avait confondu l’orge avec le blé, j’en connais d’autres !

Une rose en novembre

A Villetrun les bains, station balnéaire de l’ère quaternaire, une rose a décidé de pousser sur un rosier en hibernation.

En novembre : arrose (ton gosier d’un Pic St Loup, c’est autorisé), ose (sortir en T-shirt) et offre une rose à ceux que tu aimes.

Antigone n’est pas de sortie (68)

Ce soir je me pose…j’en vois qui sourient, moi aussi !

 

Ce soir je me pose, et me dépose, bercée par l’air du temps qui s’est infiltré par le toit. J’écoute, je regarde, je sens que le nid se remplit d’un vide qui ne l’est pas, je mesure le côté plein du « gone » d’Antigone. Ce n’est pas un polygone, mais la politesse d’une forme imaginaire. Je la mesure à l’aune d’un instrument absent des comptoirs ou de la géométrie. Elle n’est pas très lisible, elle se laisse entrevoir, son dessin n’est pas très net net net. Pour la saisir sur les bords, je lui parle dans un langage qui flirte avec le vertige. Et progressivement, Antigone s’éveille, se déplie, déroule ses bigoudis, et aère ses yeux tout remplis d’embruns. Petit monstre marin parisien, elle enlève sa carapace, d’un coup de zip, puis se plonge sur son tapis de plage, presque nue. Ce qui la protège ce sont ses grains de beauté sur sa peau car ils poussent pour mieux repousser la nuit et le jour. Ses grains communiquent entre eux et lui murmurent des histoires, des idées bizarres. Et quand la connexion est à son zénith, une muse vient lui titiller le museau, et sa souris s’amuse de son jus de cerveau. Avant que la fatigue ne prenne le dessus et que sa tête ne s’embrume, elle prend son manteau, et met son côté « gone »en avant comme une lampe de poche. Un tour de clé, elle part goûter le sirop de la rue, et croise ceux qui sourient, et elle se dit, moi aussi !

PS : ce soir c’est un peu spécial…c’est mon 68ème article, des milliers de visites de France, du UK, de Thaïlande (merci Charles :-))) s’y sont retrouvés. Ce blog, je l’ai créé le 28 août 2016, le jour où nous sommes allés à Rock en Seine avec Ph. Notre pH n’est pas resté neutre cette nuit-là…car il a fallu se désaltérer tellement il faisait lourd, même après minuit. Nous avons retrouvé nos yeux d’enfants, et notre sourire « banane », en écoutant et en regardant Sigur Ros, un groupe islandais qui vous laisse sur place en vous imprimant l’ineffable sur votre mémoire avant qu’elle ne s’efface (cf. mon article sur le sujet).

« La photo en une » de ce 68ème article, qui démultiplie par l’effet de la boîte de Kusama le reflet des diodes et de mon oeil qui frise, c’est un autre fragment de ma mémoire, un détour du côté de la Lorraine avant le 15 août du côté de chez Catherine et qui a donné lieu à plusieurs articles.

A bientôt, pour des nouvelles or et ange, du jus de bitume, des histoires qui tombent du nid et qui se plaisent à zigzaguer entre le ciel et des bouts de l’ailleurs. Soyons fous, laissons passer la lumière, posons-nous, déposons notre carapace.

Spéciale dédicace à Mon Captain qui répond à ma prose par des poèmes en rimes, sans frime, juste en étant lui-même car c’est la meilleure façon d’être…. Vive la Bretagne !

Sleep tight, don’t let the beds bugs bite, je vous embrasse.

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