Je suis devenue fleur à Giverny

ça s’est passé, aujourd’hui, samedi 27 mai 2017, nous nous étions donné rendez-vous avec Anne, en ce joli mois de mai, mues par l’envie de pousser la porte du paradis fleuri de Giverny. Je l’ai donc retrouvée, tout près de la gare d’Enghien-les-Bains, il faisait déjà très chaud à près de 11h du matin. Et hop, en route, Anne lance le pilotage automatique de sa Toyota hybride, et nous décollons à bord de son véhicule au doux ronronnement japonais. Arrivée sur le territoire indiqué par le GPS, vers midi, les parkings de 500 places débordaient de voitures et de cars, nous n’étions pas les seules à avoir eu l’idée…Après s’être garée avec difficultés, nous avons patienté un bon quart d’heure à l’extérieur du domaine, car nous avions omis d’acheter un billet coupe file mais grâce à la sollicitude d’une femme, gardienne de musée, nous avons pu contourner la foule, en ayant recours à un autre accès, qui se dérobait à la vue du touriste moutonnier. Nous crevions de chaud et nous voilà comme par magie, barbatruc barbapapa, dans le jardin, en position de touche touche avec nos voisins bipèdes. Certains avançaient avec un déambulateur, d’autres avec un berceau, c’était comme si le monde s’était dit « allons emmerder les 2 Anne dans leurs pérégrinations naturistes  » ! C’était réussi ! Nous étions au royaume du ciel et la grâce nous avait donné des ailes, la légèreté nous soulevait les oreilles, nous nous moquions des réflexions à la noix et du resserrement des rangs confinant à une promiscuité des plus chaleureuses… Nous ressemblions à deux hobbits, la tête enfarinée, heureuses comme des jardiniers incapables de travailler la terre et de donner les noms des plantes ou des fleurs. Ah si Cécile avait été là ! Avec mon Captain, nous aurions parlé aux plantes sans connaître leur patronyme ! Autrement dit, nous arpentions, Anne et moi, le terrain, le jardin, telles des urbaines avec un appétit d’ogresse gourmet, amoureuses de la beauté, de la nature et de la vie.

Pour visiter l’intérieur de la maison de Monet, son atelier salon, couvert de tableaux, des reproductions de ses oeuvres ou de ses contemporains, les deux chambres, la salle de bain et la cuisine, nous avons patienté plus de 3/4 heures au milieu des fleurs, circulant à hue et à dia dans les allées ouvertes à nos pas et à nos regards émerveillés. D’autres chemins fleuris n’étaient pas à notre portée, car en phase de repousse, nous ne pouvions que les apercevoir. L’herbe, les plantes, les fleurs semblaient plantées au hasard du vent ou de la brise. C’est un jardin à l’Anglaise, faussement désordonné, comme nous ! Quant à sa demeure, je n’avais pas un souvenir aussi net de son goût pour les auteurs d’estampes japonais, Hiroshige, principalement, Utamaro aussi et quelques Hokusai. Une merveille que sa maison, son jardin, la bambouseraie jouxtant le plan d’eau, les nénuphars et ses petits ponts.

Ici à Giverny, les nénuphars semblent sortis d’une pluie d’encre, les pivoines de la tête d’un poète fou, et les coquelicots aux alentours du musée des impressionnistes, au coeur du village, sont cultivés dans un magasin à ciel ouvert, et s’offrent aux passants, telle une provision printanière. Mes 5 sens étaient aux aguets, ils flirtaient avec la liberté, celle qui ne s’est jamais tarie, celle de l’enfance pas si enfouie que cela. J’avais envie de me rouler dans ce champ protégé, tout était là. Je n’ai pas su contenir mon oeil, mon appareil photo s’est faufilé entre les tiges, les corolles, les pistils, les pétales, et je suis devenue fleur à mon tour.

De l’abstraction à la figuration, la palette de la nature a sorti ses plus belles cartes. Nous avons assisté à une forme de tintamarre sans bruit, et ressenti un temps, la trêve des illusions, car Monet était là, vivant, et son jardin prolongeait son Art.

 

 

 

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Gelot cecile dit :

    Belle balade. Tu connais le nénuphar et le coquelicot c’est un debut

    J'aime

    1. Tu es gentille Cécile, tu nous donneras les noms si tu veux bien car nous sommes restées quelque peu sur notre faim !

      J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s