Une soupe et un dessin avant d’aller dormir

Pas tout à fait par hasard, j’ai retrouvé le restaurant que j’avais découvert dimanche midi sur Yunnan Road. J’avoue que la soupe d’herbe qui ressemble d’assez près à de la coriandre, mais pas seulement, est à tomber. Le patron fait peur, à chaque fois que j’y vais, j’ai le sentiment qu’il me gueule dessus. Il…

Courir sous la pluie à Shanghai

Dans le plus grand port du monde, quand il pleut, ça défrise sec ! Je me suis dit, tiens, sillonnons la ville sous terre, prenons le métro. La carte est bien plus simple que celle de Tokyo, chaque ligne porte un numéro et s’étire entre deux directions comme en France. A l’intérieur des wagons, l’espace…

Nanshi : récit d’une fleur de Shanghai en voie de disparition

Hier soir, nous avons échangé, dans la joie et la bonne humeur, avec les room mates de mon dortoir. Toutes chinoises soit en attente de trouver un appart soit en voyage pour la plus âgée, retraitée, soit de passage pour des soins dentaires. Elles sont drôles et nous avons parlé du célibat. Ici, aussi, se…

Le re-Bund

Première journée, suivez Abe (une blague pour les adeptes de jeux vidéos des années 2000), ou plutôt Antigone, des images et des odeurs plein la tête et des kilomètres dans les pattes. Ce matin, vers 8h30, au commencement de la journée, l’air de cette immense ville portuaire m’a paru frais et agréable, pas si pollué…

Shanghai : place du peuple

10.000 km à 10.000 mètres d’altitude à 1.000 kilomètres par heure se traduit par un vol Paris Shanghai en 10h30, décollage et atterrissage compris. Voyager avec China Eastern sur un 777 fut un long instant tranquille, peu de turbulences. J’ai eu le sentiment de flotter avec nounours, celui de Pimprenelle et Nicolas, sur un nuage….

L’efficacité naît du désordre de l’instant

Au pays de Confucius, je choisis Shanghai, l’Italie de l’Europe quand le Japon se rapprocherait de l’Allemagne. Pékin méprise Shanghai qui n’est pas la Chine car ici la créativité existe, c’est comme si leur mémoire avait oublié les piliers de la l’enseignement de Confucius : la répétition et le respect du maître. Il faut des…

L’image riz : un drôle de monde imaginaire

En route vers l’Asie, majeure plus que mineure, je monte sur un dromadaire aux yeux rieurs qui crache comme un lama. La caravane se forme, les bédouins sont concentrés, le nez en pointe droite, la tête en avant, en direction de l’horizon, à l’Est toute ! L’idée de ce voyage est simple, faire un petit…

Un théâtre enchanteur : le Loir-et-Cher !

Un loir du Loir-et-Cher se ronge les sangs, s’ennuyant « ferme » dans une étable…Il veut se mettre à table et jouir de la vie, et pourquoi pas croquer une toile de Jouy. Parce qu’il n’a rien d’autre à se mettre sous la dent, il grignote une scène champêtre tendue sur un paravent et se dit sous…

J’ai pris un bain de forêt avec le noyer de notre maison

Dans le jardin villetrunois de mes parents, un noyer s’est posé et s’impose, avec majesté, depuis 1910. Il se tient sur ses racines invisibles et profondes, et son tronc le conduit haut dans le ciel, tiré par sept branches. Papa l’a équipé de deux protections de couleur verte là où deux branches ont cédé. Grâce…

Bureau de tabac en Zurichois

Fernando Pessoa aurait aimé s’égarer dans le vieux Zurich, passer un pont de la Limmat et ôter son chapeau avant d’entrer dans ce bureau de tabac. Fumer le cigare ou la pipe au Tabak – Lädeli pourrait s’apparenter à une vertu médicinale. La brosse à dents remplie de cigares voilà qui garantit une belle coloration…

Une tête sans chapeau et un chapeau sans tête

Le modeste modiste est un art de vivre doublé d’un métier en voie de disparition…Le chapeau se fabrique majoritairement depuis une bonne cinquante d’années grâce à des machines et des procédés industriels, et n’est quasiment plus l’apanage d’artisans aux doigts ailés, capables de lui donner sa forme sans intervention de l’intelligence artificielle. Un joli tissu,…

Jour de grève : endiamo, la bouche en coeur et la tête en fleur…

Aujourd’hui, trois avril 2018, jour de grève perlée, il est peu probable que vous croisiez un congénère la tête en fleur et la bouche en coeur, les joues gonflées de bonheur ! Il suffit de fermer les yeux dans le métro et de s’imaginer que c’est possible. J’avoue que c’est bancal, un peu fou. Pourquoi…

De la pâte dans tous ses états

A la Fondation de l’Hermitage, à Lausanne, se tient actuellement une exposition sur les Pastels : de la Renaissance Italienne (Jacopo Bassano…) à aujourd’hui (Nicolas Party). La découverte du lieu et des œuvres furent un moment délicieux. Un des films projetés montrait comment la maison Roché, qui existe depuis plus de trois siècles, historiquement située…

Cendrillon dans le Valais

La Suisse comprend 22 cantons, et se compose de plus de 8 millions d’habitants et de milliards de richesses, au-delà de celles dont nous avons coutume de parler… Avec B., nous avons atterri à Zurich, samedi, sous le ciel bleu, dans la plus grosse ville du pays, soit un peu plus de 400 mille habitants….

Devenir ce que l’on est

Parce ce qu’il n’y a pas de soi sans le monde et qu’un monde sans le soi est possible, je me sens devenir ce que je suis dans le monde qui est. Il pleut, il fait gris et je rayonne au dedans. Parfois, c’est le contraire. Naturellement, je pratique l’intelligence inversée, je regarde et me…

Schtroumpfette à la houpette en goguette

Partout où il fait jour, la nuit s’ennuie, et entre les deux, je suis étendue sur mon lit. Blottie au milieu, je ne lis pas, j’écris, je récidive. Mon côté mousse en mouvement se met en suspens et à penser à ce que je ferais si j’étais une schtroumpfette à la houpette en goguette, naviguant…

Brantes, au pied du Mont Ventoux

Si demain, je renais, ce sera là-bas, à Brantes, au pied du Mont Ventoux. A 500 m d’altitude ce village a illuminé notre we. Dans ses ruelles, des maisons perchées et fermées, et au-dessus un ciel immense, avec au bout des yeux le dôme crémeux du mont Ventoux enneigé, impraticable avant fin avril. A l’entrée…

Il pleut et mes dessins ne manquent pas d’air

Inlassablement, la pluie prend ses quartiers en cette fin d’hiver qui s’éternise, et tire ses rideaux, des cordes d’eau franchissables entre le ciel et la terre, mais à travers lesquels la vue se brouille, sans étincelles. Pour dégager les nuages de la drache, je prends mes pinceaux, et j’écarte le gris, tout en en gardant…

Rêve riz du jour dans la baie de Sendai

Repérage, caméra dans l’œil, le film sera de format court, une sorte de poème visuel construit sur dix sept syllabes, un haïku illustré. L’histoire ? Une aventure centrée sur une rencontre imaginaire, une traversée des siècles et des cultures, la possibilité d’une rêverie au pays du monde flottant et du riz. Un aller sur les…

Fleur solaire

Changement d’air, je décolle de terre, une fleur enroulée sur l’oreille. Je sifflote comme un matelot, ma soucoupe volante commençait à rouiller dans le salon. Après l’avoir faite réviser, et opéré quelques modifications, je repars du côté de notre système solaire. J’ai tellement envie de voir ma fleur irradier sous l’effet de l’astre d’or.

Jour de pluie, une baleine succombe à un parapluie

Dans un film coréen « seule sur la plage la nuit », un metteur en scène lit un roman et dit à son actrice ex compagne que l’amour doit être élevé à un niveau supérieur au-delà des questions de bonheur et de malheur, et des différents sentiments humains. Ma baleine, tapie sous la table du salon s’est…

Des fleurs poilues ou plutôt au poil

L’esthétique de mon existence passe par des moments de marche ou d’arrêt, l’oeil aux aguets, le nez en bandoulière, sans autre idée que de laisser les pensées me porter ou m’oublier. Le samedi c’est ré-création ou plutôt tentative de création, en partant de ma vie, avec un choix pas du tout cornélien d’en faire un…

Temps polaire, la couette est salutaire !

Le froid polaire devrait être le prétexte à une hibernation sous couette sauf que la couette ne fait pas bon ménage avec le boulot. J’imagine la cohabitation, le matin, dans la ligne 13, chacun emmitouflé dans ses plumes et sa housse, l’oreiller scotché sous sa nuque, revêtu de son pyjama. Nous pourrions dormir debout, et…

Le petit oiseau dépose ses plumes dans le nid

Est venu le moment du retour, partir pour mieux revenir, plus légère, reposée, différente, à moitié azimutée. Dans le bus Air France, je ne sais pas où j’habite, je me rends d’un point à un autre. Le soleil me réchauffe les oreilles. Avec mon chapeau orange, je sens mes joues roses se gonfler. Pas de…

Ô mon beau miroir, mon ventre gargouille !

Avec mon Captain, moins Cécile, nous jouons de la tuyauterie au niveau intestinal. Je crois que nos seiches de mercredi soir n’étaient pas fraîches ou plutôt pas sèches de la veille… Le Tage doit glousser à tous les étages en regardant l’estomac fragile des petits français ! Le pompon revient à Felipe qui collectionne les…

Chapi chapeau à Lisboa

Modeste, je ne le suis point mais modiste encore moins, même et surtout à Lisboa où les chapeliers résistent à la mondialisation et l’uniformisation de la Mode et des modes ! Ici, le chapeau est roi, il revêt les plus beaux crânes, ceux des poètes, dont l’illustre Fernando Pessoa mais aussi ceux de mes fameux…

Chez Benard’ 104 rua Garrett : fraîcheur garantie, au pays des fleurs

Hasard du chemin ou digestion diagonale de la veille pesant sur mon estomac bancal, je m’éloigne du Couvent des Carmes, un site en ruines qui laisse pantois dans le quartier du Chiado et suis les pavés cabossés. Pas de plage sous mes pieds mais au bout de mon nez, la devanture de « Benard’ » m’invite à…

Voyante en voyage à Lisboa

Mon appareil photo garde pour lui l’instantané de ma mémoire dans sa chambre noire. Le soleil me prend en otage, je me surprends à sécher sur place telle une bacalhau. Puis, à la tombée du jour, quand l’air devient frais, le Tage me ramène à l’océan. Je suis une voyante en voyage dans la ville…

En tête à tête avec une bête à Bon Dieu

Ce matin, dimanche, une bête à Bon Dieu a eu l’audace de venir se dorer la pillule pendant la messe sur le rebord de la fenêtre de ma chambre. Elle avait déserté l’office. Les écritures de la Sainte Bible parlaient à son âme pendant que Yoyoi Kusama et son obsession des points parlaient à sa…

Le orange me mange

J’aime le orange, la couleur orange, qui symbolise et concentre la vie sous ma peau, pleine de jus et de pulpe, de bosses et de creux. Sans se presser, le orange assure la transition entre mes jours et mes nuits. Il pousse la nuit ailleurs, éveille ma rétine, cuit ma peau, et titille mon coeur…

La curiosité du cabinet

Le dimanche c’est LE jour de déconnexion du corps, le temps idéal pour le gommage, en attendant de se faire dégommer ou de dégommer l’autre car la réplique est vite venue. La joute verbale mérite toujours de s’entretenir la peau. Il est déconseillé d’en venir aux mains car ça laisse des traces sur l’épiderme. C’est…

Je ramène ma fraise parce que…

La semaine j’utilise surtout mon cerveau gauche et le week-end, principalement le droit, quant à la nuit je m’envoie en l’air, en cerf-volant, en virevoltant à droite et à gauche en même temps ! Je crois qu’il va falloir que je fasse réviser ma centrifugeuse car elle tourne un peu en rond ou pas rond…

Matin d’un samedi bleu

Sur du papier japonais oranger, je pose mes doigts avec cette impression d’être observée par des yeux perçants et accusateurs d’un douanier aux allures de robot sans sourire, un matin d’un samedi bleu, dans un aéroport américain de la côte ouest. Depuis ma voute plantaire jusqu’à l’extrêmité sud de mes cheveux je me sens oppressée,…

De l’amour des intervalles

Au collège, pendant les cours de mathématiques, nous apprenons les intervalles. Ce matin, grâce à l’heureuse initiative de la RATP, je vais le mettre en pratique. Depuis qu’il neige, c’est encore plus compliqué de voyager sereinement sur la ligne 13 en direction de St Denis. Le nombre de conducteurs de train venus travailler est d’1…

Conseils zavisés des zamis

Tout petit, le bipède, à peine né, s’invente des zamis; son ours en peluche, le lapin, le poisson rouge et ses jouets tiennent cette place dans son coeur… Puis, le bipède grandit, il ira à la rencontre des filles et des garçons dans la cours et sur le banc de l’école, des filles et des…

Galipettes lisboètes

Si tu vas à Lisboa, sois en forme, car la ville tire sur les gambettes. Descendre, monter, dévaler les rues pentues, peut se faire à pied, en trottinette, en tramway, à dos d’anette mais surtout ce qui est moins commun, en galipettes. La galipette lisboète n’est jamais citée dans les guides touristiques classiques, pourtant j’ai…

Ecolo aux idées fleurs

Tôt ou tard, l’écolo urbain, palot, pas très logique avec lui-même, sature de gris. Il finit par devenir ombrageux voire désespéré devant la menace qui pèse sur la planète. Pour se ménager, en plein hiver, il déménage et passe au vert, le vrai, celui qui dépasse le monde des idées et qui tente de résister,…

L’air à la fois fou et sage

Dans le métro, là maintenant, je me questionne, parce que c’est comme ça. Et je me dis, la sagesse c’est une forme de folie douce. Posée sur un strapontin, je ne me résigne pas, je me pose entre deux mouvements. Comment vivre sans gommage, non pas du visage comme sur ma photo, mais de certains…

Aïe, c’est l’heure, l’heure de l’ailleurs…

A près de minuit, je me prépare à partir vers l’ailleurs, tout en restant là. Je me dis c’est l’heure, l’heure d’éteindre, de laisser place au sommeil, de me déposer, en entier, pour mieux voyager sans GPS, car la destination n’est pas le but. Le voyage, accompagné de mon sac à dos, c’est aussi le…

Antigone gone tranquille

Ce matin, j’ai sauté dans mon slip, la tête dans le cul, c’était joli, loin de là performance du contorsioniste. Un brin d’eau sur ma peau, un soutif pour les pommes de mon jardin et le mouvement de ma brosse japonaise en bois de rose sur mes petits cheveux raides. Toute ensommeillée, j’abordais mon dimanche…

Ma chouette a craqué, elle avait les crocs

Pourtant, je me suis levée tôt pour un samedi. Serait-ce l’effet conjugué d’un sommeil réparateur et de la Brooklyn lager de la veille ? Ma chouette, attentive aux vibrations de mon réveil, a choisi de se planquer et de se grimer d’une forme de transparence car elle n’était pas fière, m’a-t-elle précisé plus tard. Elle…

Là où y a de la gène, y a pas forcément de l’ADN… 

Être gauche et voter à droite. Être adroit et voter à gauche. Être heureux sans le savoir. Savoir qu’on n’est pas heureux. Là où y a de la gène, y a pas forcément de l’ADN. Là où y a de l’ADN, y a pas forcément de la gène. Être sens dessus dessous Être avec ses…

Tortueuse, la tortue nage entre les nuages

Bipède du 21ème siècle, de sexe féminin, quasi quinqua, urbaine et barde de si de la, révoltée du dedans, j’écoute et perçois le ronronnement du monde, son cri permanent et sourd, qu’il fasse nuit, qu’il fasse jour. Pour m’aider à respirer, j’ôte mon tuba, j’avance en me rapprochant toujours plus près, de ceux que j’aime…

Embrasse la vie à pleine bouche ! 

Aujourd’hui, samedi de janvier, les jours s’étirent, les muscles se détendent et le cœur se régénère en attendant le printemps. À peine éveillée, je me mouche, puis dans l’escalier, qui me rapproche de la terre ferme, je fais mouche, les deux pieds joints, je passe la première et sur la piste de décollage de mon…

Poésie hivernale

Je suis un buvard Qui boit, Jusqu’à l’ivresse, Sans être avare. Je te bois, Le teint rosé, Collée à un miroir, Ton baiser s’est éteint, déposé. Sans ailes, nue, le cœur à l’envers, Antigonegone n’a pas peur de l’hiver, Elle s’envole et défie les frimas Intérieurs, la frime sous le bras.      

« Après le pâté, c’est bien bon le thé » …

Ce soir, j’avais envie de dessiner, partir d’une « feuille » blanche, laisser mes doigts me guider. Carmen s’est calmée, pas de tempête sous mon crâne, seulement un écran, des couleurs et l’imaginaire pour commencer ma cure de détox. Je sens le « flow » me gagner, la vague du « je ne sais pas où et qui je suis »…

Le petit poucet sème des cailloux pour retrouver son chemin…

Réincarnée en carpe, je suis devenue muette et manchot, incapable d’écrire un mot. Des nageoires ont poussé sur mon dos, et mes mains se font fait la belle. Je cherche mon p’tit lapin et sa jolie frimousse, qui s’agite lorsqu’il est inquiet ou content. Nous aimons nous taquiner, manier l’équilibre des mots et des cailloux….

First train to Paris 

Condensé temporel, une semaine après mon cours de dessin pour lequel je me suis préparée en 7 minutes grâce à une panne de réveil, l’événement s’est reproduit ce matin. Heureusement, papa m’a réveillé à 6h25 et, dix minutes plus tard nous étions en voiture, direction la gare TGV puis Paris. Peut-être avais-je abusé de la…

Angel point, mon combat avec l’Ange

Pour avancer, physiquement ou intellectuellement, et vivre en harmonie au plus près de mes congénères, il m’importe de voir, écouter, lire, et de ressentir à fond les ballons le mystère de l’inconnu de l’existence en espérant rencontrer l’amour sur mon chemin. La question qui me porte chaque nano seconde, c’est « pourquoi », autrement dit être en…

Nue dans la neige 

Ce que l’enfance m’a donné, c’est l’amour, la poésie, et l’amour de la poésie. Depuis, je creuse dans la neige, sous le sable ou le bitume, et parfois j’aperçois des morceaux d’amour, des bribes de poésie et je sens mes ailes d’enfant repousser le réel et franchir les barrières du ciel. D’un coup d’aile, je…

Le bal s’invite le 31

Ce soir, je vais danser, et je m’y prépare depuis que j’ai répondu « oui » à l’invitation mystérieuse d’un(e) auteur inconnu(e), amateur de bal dans la capitale. Cette lettre me précisait que chacune, chacun, devait avoir l’amabilité de se mettre sur son 31, voilà qui tombe bien puisque le jour de la rencontre se tenait le…

Oser le rose

J’aime les roses, mais pas la couleur rose sauf sur les joues, les fesses ou les genoux. Et les romans à l’eau de rose à petite dose.  Je fredonne la chanson Rose de Zazie et de Dominique Dalcan, bande originale d’un merveilleux film, un conte vrai et contemporain sur la difficulté de porter l’étoile rose,…

7 minutes chrono 

Stage de dessin en perspective, j’avais mis mon réveil au cas où, sauf que je me suis trompée d’une heure, favorisant inconsciemment (ou plutot volontairement) mon temps de sommeil et de récupération.  Lorsque le réveil a sonné et que j’ai vu l’heure, j’ai compris de suite mon erreur. J’ai filé comme une fusée. Vidage de…

Asie mutée, je ris au-dedans

« Asie, Asie, Asie, vieux pays merveilleux des contes de nourrice…  » ainsi commence le poème de Tristan Klingsor qui a été écrit en 1903 et mis en musique par Ravel, ouvrant sa trilogie Shéhérazade. Souvent, je fredonne cette mélodie française, et j’entends alors une autre voix que la mienne, celle de Régine Crespin sous la…

« Oh boy » !

Ce soir, je me sens oiseau, le bec long je plane, mes plumes ont déserté l’oreiller. Je m’imagine que c’est déjà le printemps, le moment d’aérer mes envies, d’aller loin, tout là-haut, d’esquisser des loopings pour prendre de la vitesse, et crier « oh boy », entre les vagues ondulations des nuages. Je vole, je vibre dans…

Peu de vélo à Londres : pourquoi ? 

Londres a déployé son velib et dessiné des pistes cyclables y compris sur ses quais mais le vélo reste rare. Certains Anglais y sont hostiles, et n’y vont pas par quatre chemins. Pour leur faire la guerre, next time, je viendrai en vélo, même pas peur !  C’est vrai qu’il y a peu de pistes…

Un poppy dans une chambre jaune 

Gaston Leroux n’est pas loin, je vis dans une chambre jaune et il fait nuit, j’écoute une mazurka (opus 17 numéro 4 en la mineur) de Chopin suivie d’un mouvement du sextuor à cordes de Dvorak. L’heure n’est pas à la fantaisie, ni au meurtre enfin j’en ai l’intime conviction !  Et pourtant, tout est…

À Londres j’écoute Radio… 

À Londres, j’écoute ni Radio Londres ni Radiohead mais Radio Classique. Un jour, j’irai écouter le LSO au Barbican Center ou de la musique baroque à St Martin-in the-Fields ou encore un opéra au Royal Opera House ou peut-être de la musique de chambre à la salle Wigmore.  En fin d’après-midi, je me suis promenée…

Are you fucking kidding ? 

C’est l’heure du pub, le tea time est derrière nous. Enfin, si un Anglais m’entendait il me répondrait « are you fucking kidding ! » Donc, je bois une Pale Ale, une Crate, en pinte et je suis dehors regardant le canal et les péniches au repos. Des troupeaux d’Anglais ingurgitent des litres de bières en rigolant…

Le RA des villes

Au Royal Academy of Arts (RA) tout semble fait pour les émotions et l’intellect sans oublier les aménités réservées au corps.  Commençons par les besoins primaires, les toilettes hébergées dans une cave voûtée,  enroulée de pierres apparentes, est une splendeur. Chacun dispose de son cabinet privatif, en structure aluminium, s’arrêtant à mi-chemin sur la hauteur….

Drowning by numbers 

Depuis ce matin, j’arpente les galeries de la Royal Academy of Arts sur Piccadilly Street. Au cours de l’exposition « Matisse et son studio », j’ai saisi l’importance de l’objet, non pour son utilité mais pour son esthétique, de ce qu’il représente comme partie essentielle, préfigurant un tout, plus grand, plus englobant. L’objet en tant que détail…

Wake up in London

Ma nuit dernière fut bercée par les vibrations du « tube » londonien. J’habite en sous-sol d’un hôtel, duquel j’aperçois la rue, par un soupirail. C’est un petit peu bruyant, pas très chauffé mais bien situé, tout près de King’s Cross et de St Pancras. À Londres, depuis 24h, il fait beau, légèrement froid et le soleil…

A fleur de peau : je mets le turbot (dans l’assiette)

Le nuage s’est drapé d’une étoffe bleue soleil, la musique du ciel entonne une samba de Carlos Jobim, je reconnais les notes de Desafinado puis de Samba de uma nota sô. L’astre blond me secoue la frimousse, je me sens fripouille. Avec mon pull orange, à l’aise dans mon corps, je me balance, Ella Fitzgerald…

Pourquoi la vie est-elle mortelle ?

L’ombre de la nuit me questionne, l’essentiel ne s’écrit pas, ne se raconte pas, ne se dit pas et pourtant c’est stimulant que d’essayer de le regarder en face, ce bout de ciel, rempli d’essence, de carburant, d’en faire un compagnon de route, du doute, et sous son couvert, de s’essayer à la dialectique. A…

Mutation, ion ion, même pas peur !

L’homme mute, par Toutatis, chaque nano seconde, il se distingue de ce qu’il était dans l’instant d’avant et il ne sera pas davantage lui-même dans celui qui va suivre. A regarder de plus près, en approchant l’œil de la lentille d’un microscope, quand certaines de ses cellules se font la malle, d’autres se sont multipliées,…

Nuit m’aide in Japan

Qu’est-ce qui m’a séduit au Japon, je ne le sais pas totalement et ce n’est pas le motif de ma quête terrestre; savoir, oui, mais savoir pourquoi non ! Savoir tout court…sans en chercher la signification, parce que, …et c’est déjà pas mal. Savoir intrinsèquement et ne pas aller plus loin, trimballer ce savoir de…

Joker écoute

Il est plus de minuit et le Joker se raconte des jokes, des plaisanteries pour occuper les heures et se remplir les poches d’histoires à coucher ailleurs. Au détour d’une image sonore, il capte un mouvement du concerto en sol de Ravel et il est saisi par la profondeur de cette musique qui n’a pas…

Étrange maquillage

Parce qu’il pleut, le clown se maquille, pour mieux convier le soleil. Désarmé de son parapluie, il danse et il chante, et se prend les pieds dans le bitume. Ravi, il glisse et tombe, humant la réglisse sur le trottoir. Drôle de clown, sa jolie bouille lui donne un air tendre et inquiet. Métaphysique du…

Clownerie hors de sa boîte

Avertissement, avant usage, clownerie sort peu de sa boîte, hormis pour faire le pitre. Il n’a pas d’heures, il n’a pas d’âge, il se dit libre de ses faits et gestes, et du reste. Ce matin, il s’étire comme un chat, les poils rebelles sous les aisselles. C’est l’automne, le froid titille le bout de…

Feu follette en goguette

Ola, moshimoshi, je bois du petit lait, c’est l’heure du madison à la boîte à frissons. Je pratique la danse en solitaire calée sur les pas de mes comparses, animée par la mélodie et le texte génial de « ma rencontre » de Bertrand Burgalat qui, dès les premières notes part sur un rythme endiablé. J’ai chaud,…

Clown à la fraise

Un petit clown, sur le fil, en haut d’une falaise, se dit, fort aise, waouh, j’irai bien boire un diabolo à la fraise. Il vole, il plane, il virevolte et tombe dans les bras d’une Charlotte à la vanille. Il la regarde avec ses yeux de merlan frit et se prend les pieds dans le…

Avec mes oreilles, je change de regard

Tel le mannequin dans la pénombre, ou ces chats en papier, le museau collé à la vitrine, et mes complices sur cette photo, je regarde avec les oreilles, en tirant les plis entre mes yeux. Parce que c’est amusant, je me glisse, sous l’enveloppe froissée des choses et des êtres ou dans l’espace qui les…

Dans un atelier, tout près du ciel 

Les yeux de face et de côté, happé par la lumière zénithale, mon regard pénètre dans l’atelier de Brancusi, reconstitué à proximité du Centre Pompidou.  Que dire des œuvres d’art présentées dans l’écrin de leur créateur ? Le célèbre baiser, la muse et d’autres sculptures s’animent et me racontent des histoires. Je pars dans l’univers…

Pour une fois, je ne raconterai pas…vidéos amateur

J’ai capturé ces différents moments à une fête annuelle d’Osaka. C’était juste une très belle soirée, in situ, avec des Japonais. C’était un peu dingue pour un gaijin et même pour les Japonais…Un truc suranné, qui lorgnait du côté des chants et des danses traditionnels, ce dont le pays se défait, un peu, beaucoup, mais…

D’Edo au dodo

Ça allait bien, le jet lag, le corps, la tête et le reste. Et badaboum, mon corps s’est mis à avoir froid et le sommeil m’a assommée. J’avais le sentiment de naviguer en territoire ouaté. Pour conjurer cet espace temps hallucinogène, j’ai retrouvé mon matelas plusieurs fois au cours de cette journée et hop, depuis,…

Sourire bleu du pays du soleil levant 

Il pleut, c’est la nuit, un changement de saison se prépare et je me souviens. Je me souviens d’un sourire de femme, c’est l’heure bleue et le pays du soleil levant alourdit mes pas pour mieux alléger mon regard. L’image est surexposée, les parfums, boisé, celui de l’érable japonais, et herbacé, des lotus en fleur,…

Danse les pieds dans l’eau

Le mousse ne s’émousse pas, il est punk et sa pulpe remue les océans. Le capitaine regarde, et veille. Il connaît la vague et la lune qui divague. En bonne compagnie, le mousse et le capitaine dansent avec des bigoudens, les pieds dans l’eau, et sous le soleil, la faune et la flore caressent leurs…

Sur un nuage flottant : retour du Japon 

Sur un nuage flottant, je sens le vent gonfler mon enveloppe. Je plane en position assise, telle Bouddha. Eole déroule les pliures de mon origami corporelle qui a vu ses bouts d’aile s’allonger et se remplumer depuis trois semaines. Aussi, les angles de ma vision se sont arrondis, grâce à un régime alimentaire très oriental….

ABM : à propos du voyage au long cours 

Un voyage au long cours, je sais un peu ce que c’est, car mon existence sur la terre ronde est déjà bien entamée. Toutefois, partir seule, dans un pays de culture et de langue quasi inconnues, et par conséquent, choisir de s’extraire de son environnement proche et confortable, c’est autre chose, même avec les moyens…

Lundi, jour de pluie sur Tokyo : je choisis le chemin de Yanaka 

La Bretagne est venue se rappeler à mon bon souvenir, il a plu à Tokyo ce matin. Encore un coup du Captain ! La température est descendue de 10 degrés, ça fait du bien et les gouttes n’étaient pas minces, c’était de la drache, de la vraie ! Les Tokyoites s’arment de parapluies blancs, noirs…

Fin de semaine, à Tokyo : métro, dodo… 

Depuis quelques heures, j’apprends à vivre au rythme de Tokyo. Là, où je réside, dans une sorte de pension de famille, près du métro Kasuga, sur la Mita Line bleue, à l’ouest de Ueno, tout est calme et vieux. J’aime mon nid et vivre sur des tatamis. J’écris par terre, je dors par terre, c’est…

Poésie : un haïku des saisons 

En automne, je pose L’étai du futur, une digue Pour ohanami. PS : ohanami c’est le printemps, le temps des cerisiers en fleurs, que l’on fête ici en pique-niquant en famille ou avec les amis. 

Pluie dans le train vers Tokyo 

Il pleut dans le train en direction de Tokyo. La souris verte sent les larmes monter et se faire la malle vers le canal et la kawa. Elle est ravie, elle voyagera plus légère à Tokyo… 

Souris solaire, je souris avec mes molaires 

Souris verte, colorée par la photosynthèse, j’ai grandi dans les rizières. Ma petite queue en l’air, je pars tôt le matin, et progresse avec le cadran solaire. Sur Seto, j’aime à traîner mes guêtres, à humer l’humidité des forêts et à danser sur son pont. Parfois, je souris toute seule et j’invoque mes êtres chers…

Dans la rizière, over the window

Derrière la fenêtre, je regarde les ponts, les étendues vertes des rizières (dans lesquelles ma souris gambade avec frénésie et rit aussi) et la mer bleue de Seto (que je n’ai pas effleurée du bout des doigts de pied, seulement du coin des yeux) s’éloigner.  Je sens la nostalgie me gagner, la fin du séjour…